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À WIENER, LIBRAIRE - ÉDITEUR 1894
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JOURNAL
DE LA SOCIÉTÉ
D'ARCHÉOLOGIE LORRAINE
MUSÉE HISTORIQUE LORRAIN.
QUARANTE-TROISIÈME ANNÉE
1894
CE RENÉ WIENER, LIBRAIRE-ÉDITEUR
RUE DES DOMINICAINS, 93.
1894
Harvard College Library _ Bept 10, 1912 F. O. Loweli fund
JOURNAL
DE LA SOCIÉTÉ
D'ARCHÉOLOCIE LORRAINE
ET DU
MUSÉE HISTORIQUE LORRAIN.
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43° ANNÉE. — 1° NUMÉRO. — JANVIER 1894.
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Procès-verbal de la séance du 8 Décembre 1893. PRÉSIDENCE DE M. CH. GUYOT, PRÉSIDENT.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. Communications.
Le Président donne lecture des lettres de M. Léopold Delisle et de Mme Le Mercier de Morière accusant réception des exemplaires du dernier volume de Documents publié par la Société.
1
Admission et présentations.
Est admis comme membre titulaire : M. l'abbé Olivier, professeur au séminaire de Châtel.
Sont présentés comme membres titulaires : M. l'abbé Parisot, curé de dezainville, par MM. l’abbé Chatton, L. Germain et Ch. Guyot; M. l'abbé Emond, curé de Flin, par MM. H. Lefebvre, L. Germain et R. de Sou- hesmes. |
Ouvrages offerts à la Société.
Le Domaine de la Crayère, par Ch. Guyot ; Nancy, Berger-Levrault, 1898, in-8° de 18 p.
L'Hôpital de Mirecourt, par le même ; Nancy, Crépin- |
Leblond, 1893, in-8° de 180 p., pl.
Origine de Neufchâteau, par G. Save ; in-12° de 26 p. (Extrait de l Abeille des Vosges, 1893).
Les fayences de Gérardmer, par le même; Nancy, R. Wiener, 1893, in-3° de 8 p. |
Charles Claudot, par le même : Nancy, R. Wiener, 1888, in-8° de 25 p.
Augustin, miniaturiste de Lorraine, par le même; Nancy, R. Wiener, 1888, in-8° de 88 p.
Le costume rustique vosgien, par le même: Saint- Dié, Humbert, 1888, in-8° de 46 p.
Jehanne des Armoises, pucelle d'Orléans, par le même; Nancy, Crépin-Leblond, 1898, in- 8 de 80 p.
Trois élapes «e ia vie de Jeanne d'Arc, par A. Col- ‘hgnon; Nancy, Sidot, 1893, in-8° de 82 p., pl. de G. Save. |
Jean-Baptiste Collet, par l'abbé Eug. Mangenot Nancy, Vagner, 1898, in-12° de 40 p.
—
Mgr Jacquemin, évêque de Saint-Dié, par le même ; Nancy, Vagner, 1892, in-12° de 272 p., pl.
Archéologie et Nancy, sonnets par L. Laurens; Nancy, Vagner, 1898, in-8°.
Une oasis saharienne° en Espagne, par V. Rüiston; Paris, Chauserot et Renouard, 1893, in-8° de 23 p., pl.
Lexicon Græco-latinum ; Paris, 1552, in-fol., oflert par M. de Vaudrecourt.
Les périodiques des Sociétés avec lesquelles nous sommes en échange de publication.
Lectures.
M. Ch. Guyot donne lecture du travail de M. L Jouve intitulé: Portraits de Jean Roussat par Pierre Woeiriot et par Nicolas Briot, destiné au Journal.
M. H. Lefebvre commence la lecture de son travail Intitulé : Le Marquisat de Noviant-aux-Prés.
MÉMOIRES
À PROPOS D'UN SCEAU DU DUC SIMON II.
On lit dans l’histoire de Lorraine de Digot, 1. IE, p.8 de la {r° édition, les lignes suivantes : « Une circonstance qui porte à penser que Ferri de Bitche a occupé le trône de Lorraine pendant quelque temps, c'est que ses armoiries furent adoplées par nos ducs, qui jus- qu’alors n'avaient pas eu d'armoiries proprement dites ele... » Et plus loin, l’auteur parle d’un sceau de Ferri de Bitche appendu à un titre de 1196, provenant de l'abbaye de Stulzbronn, où l’on distinguait parfaitement
À —
les trois alérions en bande, tant sur l’écu que sur la banderole de la lance. Ce sceau, publié par D. Calmet, serait donc, jusqu'ici, le premier sceau connu présentant les armes de Lorraine.
M. Digot décrit à la même page l'écu de Simon Il, figuré sur un sceau de ce prince, également publié par D. Calmet et, sur le champ duquel on ne voit autre chose que trois rangées de gros clous à tête ronde, disposés en bandes. |
Il suit de là que ni l’abbé de Senones, ni M. Digot n'ont eu connaissance d’un autre sceau du même duc Simon, que le hasard fit tomber sous mes yeux, durant mes recherches aux archives de Meurthe-et-Moselle. En voici la description : Sceau rond de cire blanche, d'en- viron huit centimètres de diamètre ; il n’en reste que le tiers, et malheureusement trop usé pour pouvoir être utilement reproduit. De la légende on ne voit plus que :: S. Simo.. Le duc est représenté dans l'attitude du combat, sur un cheval lancé au galop, revêtu de la chemise de mailles ou plutôt du maillot complet, la tête couverte d’un heaume à calotte plate, mentonnière et nasal ; de la main droite, il tient son épée et, de la gauche, il se couvre de son écu enpointe, suspendu au col par une courroie. Cet écu est très nettement lra- versé d'une bande héraldique ; en y regardant de près et attentivement, on distingue sur cette bande deux sigaes, dans lesquels il est difficile de voir autre chose que deux alérions, le troisième devant se trouver sur la portion cachée du bouclier, dont on ne voit guère que moitié. On distingue, malgré l'usure, une partie cen- trale et deux parties latérales ou ailes dont les pointes sont dirigées en bas. Je crois donc voir, dans ces
sn
détails, la bande chargée des trois alérions de Lorraine. Le contre-sceau représente une sorte d'étoile à cinq pointes, cantonnée de cinq têtes de clous rondes, vis- à-vis les angles rentrants.
Ce sceau est appendu à un titre en latin sur parche- min, de très-petite dimension (lay. Mandres, n° 28), par lequel Simon, chevalier, duc de Lorraine et marchis, déclare que Baudoin de Mandres (Balduinus de Mandles) est devenu son homme-lige, à cause de sa maison de Mandres. :
Malheureusement, l'acte n’est pas daté, et au premier abord, on pouvait se demander s’il s'agissait de Simon [° (1115-1139) ou de Sinon IT, son petit-fils (1176-1205). Mais, ainsi que me l’a fait remarquer notre confrère M. Duvernoy, la lecture du document ne saurait laisser subsister de doutes sur l'identité du duc dont il émane. En effet, le duc déclare que les choses sont réglées de telle sorte, que s’il a poslérité de sa femme légitime, Baudoin et ses hoirs tiendront ladite maison de Mandres de ses hoirs à lui Simon, comme ledit Baudoin la tenait de lui et que, dans le cas contraire, Baudoin et ses hoirs seront dispensés de l’hommage et ladite mai- son redeviendra leur alleu. Simon n'avait donc alors pas d'enfants. Or, on sait que Simon II ne laissa pas de postérité et qu'après son abdication en 4205, la cou- ronne ducale passa probablement à son frère, Ferri de Bitche et, dans tous les cas, à la descendance de celui- ci, Simon [*, au contraire, laissa de nombreux enfants, dont l’aîné, Mathieu 1°", lui succéda.
En outre, parmi les témoins cités à la fin de cette pièce, figurent deux personnages qui, grâce à de sa- vants travaux, ne nous sont pas inconnus: Brunon de Rosières, ancêtre des Ligniville, et Gérard la Truie. Le
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premier vivait à la fin du xn° siècle et décéda avant le
43 juin 1196 (1) ; le second figurait à la bataille de Bou-
vines en 1214 (2). Tous deux étaient donc les contem- porains de Simon II.
Je n'ai pas la prétention, par la découverte du sceau ci-dessus décrit, d’avoir reculé la date de première apparition de nos armoiries nationales, mais on ne pourra plus dire, avec M. Digot, que les armoiries de Ferri de Bitche furent adoptées par nos ducs, qui jus-
que là n'auraient pas eu d'armes proprement dites. Bien plus, la présence simultanée des alérions sur l'écu des deux frères me parait une raison de penser
que ces signes héraldiques leur avaient été transmis
par leurs ascendants communs. H. LEFEBVRE.
L'ABBAYE DE MONTIERENDER ET LES PRINCES DE LA MAISON DE GUISE.
La riche abbaye de Montierender ou Monstier- en-Der (3), en Champagne, fondée au vu‘ siècle :par saint Berchaire, était de l’ordre de Saint-Benoît, et ne présente plus maintenant aux curieux que sa magni- fique église romane. Le monastère, qui datait du siècle dernier, a été démoli en 1862. Son opulence ne pouvait que tenter au seizième siècle la convoitise des princes
(1) Lemercier de Morière : Nouvelles données sur la mai- son de Ligniville (Journal de la Soc. d’Arch. lorraine, septemtre et octobre 1884).
(2) Comte de Pange : Le patriotisme français.
(3) Chef-lieu de canton, arrondissement de Vassy (Haute- Marne), jadis du diocèse de Châlons.
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lorraïins de la maison de Guise, dont la résidence était non loin de là, à doinville. Depuis longtemps ils con- voitaient ce riche béhéfice qu'ils voulaient intro- duire dans leur inaison el qui y resta effictivement plus d’un siècle (1). Ils purent eafin satisfaire leur désir par la résiliation en 1538 de l'abbé commendataire, François de Dinteville, évêque d'Auxerre, en faveur du jeune Charles de Lorraine-Guise (2), alors âgé de quatorze ans.
C’est le célèbre cardinal de Lorraine, archevêque de ‘Reims ; il se montra bon abbé. Il consacra la chapelle Sainte-Barbe à Rosières, et, pour gouverner l'abbaye ‘pendant ses nombreuses absences, il délégua Jérôme de Bourges et Philippe de Lenoncourt, évêques de Châlons, malgré que les moines, sous prétexte qu'ils ne relevaient que du pape, ne voulaient pas les reconnaître pour leur ordinaire. Charles, à la prière de sa pieuse mère, fit construire les belles stalles du chœur, démolies à la Révolution. Trois des confessionnaux, dans la nef, montrent encore le blason de Lorraine-(ruise artiste- ment sculpté sur un pannonceau. Le cardinal fit encore don de plusieurs ornements tissus d’or et d'argent (3).
(1). L’abbé R. A. BouILcevaux. Les Moines du Der avec pièces justificatives etc. Montier-en-Der, 1845, in-8°. 187 p., p. 240 pl.
(2) On lit dans le Cabinet historique, 1863; p. 202, l'extrait de baptême suivant dressé par un contemporain :
« Le vendredi xvu de febvrier mil cinq cens xx111 acconcha Madame de Guise en son château de Ioinville à 1x heures du matin d’un filz qui fut baptizé dix jours après et furent ses parrains Mons. de Brienne et l’évesque d’Aux (Dax) et ma- raine la contesse de Moureners (?) et eut nom Charles.
(8) L'abbé OpinorT, Eglise abbatiale de Montierender essai monographique, Langres, 1872, in-8°, 172 p., p. 94.
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En 1589, il affranchit les villages de Vaux, Rache- court et Doulevant-le-Petit ; le 17 juillet 1541, Ville-en- Blaizois, et en 1558, il promet fi de prince et parole de prélat de maintenir l’affranchissement des habitants et
manants de Gondrecourt; ceux-ci jurèrent d'accepter
la convention. LÉ
Le grand cardinal mourut en 1574 et son neveu Louis Ie", cardinal de Guise, archevêque de Reims, lui succéda. Il donna à ses moines le gagnage de Montrie, à condition que tous les ans il diraient la messe à la chapelle Saint-Berchaire, qu’il ävait fait réparer et à laquelle il avait pourvu largement.
A ce prélat, tué à Blois en 1588, succéda son neveu Louis II, cardinal-archevêque de Reims qui servit fidè- lement la France dans ses armées. L'abbaye lui doit le don d'excellentes vignes à Colombey.
. L’aventureux cardinal-archevêque de Reims, Henri IT, son neveu, lui succéda. Il fut le dernier duc de Guise de sa branche. Comme ses prédécesseurs, il avait délégué ses pouvoirs spirituels à l’évêque de Châlons, qui était alors Henri Clausse. En 1641, le cardinal de Richelieu le priva de ses bénéfices et trois abbés com- mendataires qui n'étaient pas de la Maison de Lorraine furent ses successeurs : Antoine de Guillen, François de Raucher et Armand de Troisville.
Le 25 février 1701, Armand de Lorraine-Harcourt- Armagnac, descendant de René fils de Claude, premier duc de Guise, prit possession de la commende de l’abbaye. Les moines n’assistèrent pas à sa prise de possession ; ils étaient fâchés contre lui parce qu’il avait obtenu un bref de la cour de Rome, l'autorisant de donner en commende tous les bénéfices du cou-
— 9 — vent. Mais le jeune prélat se remit bientôt avec eux en les soutenant dans leurs procès perpétuels contre l'évêque de Châlons. |
L'abbé d'Armagnac (c'était son titre) venait souvent à Montierender. On prétend qu'il manifesta un jour au prieur claustral le désir d’embrasser la règle bénédictine; mais il mourut le 18 octobre 1722 à Monaco avant de commencer un voyage en Italie. On avait de lui au mo- nastère un magnifique ostensoir en or. Ce fut le dernier prince lorrain qui occupa l’abbatiale. Le cardinal Otto- boni fut son successeur, puis en 1740 M. Claude-An- toine de Choiseul-Beaupré (1), et M. de Lastigue, puis l'archevêque de Paris de duigné et enfin le futur car- dinal-archevêque de Toulouse, A. J. de Clermont- Tonnerre, qui vit la fin du couvent en 1790.
A un kilomètre sud de Montierender se trouve le village de Ceffonds, d’où était Jacques d’Arc, le père de la pucelle d'Orléans. La belle église romane où il allait prier existe encore (2).
Le village appartenait aux moines et ses habitants luttèrent toujours contre eux. En 1789, Messire Anne- Gabriel Cachedenier de Vassimont, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, lieutenant-colonel commandant le bataillon de l'Ile de France, était seigneur de la cense de Chénois, dépendance du village. On voyait à Montierender, dans la chapelle de la Vierge, côté de l'Evangile, la pierre tombale d’un
(1) Son parent, le cardinal de Choiseul, archevêque de Besançon, grand aumônier du roi Stanislas, le 2 octobre 1762, fit don, au couvent, d'une chape blanche et violette brodée d'or sur damas (Opinor).
(2) L'abbé Bouillevaux l’a reproduite dans son ouvrage.
=. 40 = petit neveu de Jeanne d'Arc, Charles du Lys, écuyer, décédé en 1710.
L'abbaye qui, d’après les moines, rapportait plus de 125.000 livres, n'était portée sur l'A/manach royal que pour 25.000 de revenu pour l'abbé commendataire. Elle possédait des villages dans quatre diocèses : Châlons, Langres, Troyes et Toul. Elle avait le patronat, les dimes et la seigneurie dans ce dernier diocèse, dans les’ paroisses de Mertrupt (Doulevant), Dommartin-le-Franc, Ragecourt-sur-Blaise, Vaux-sur-Blaise et Ville-en-. Blaizois (Vassy) et le patronat de l’église seulement à Dommartin-le-Saini-Père (Doulevant), présidial de Chaumont, Champagne, parlement de Paris et archi- diaconé de Reynel, doyenné de la Rivière da Blaise, aujourd’hui du diocèse de Langres. :
Comme on vient de le voir, cinq princes lorrains de la maison de Guise avaient eu la commende de l'antique
abbaye de Montierender. A Benoir.
LE. COMTÉ DE CLERMONT-EN-BEAUVOISIS. DANS LA MAISON DE LORRAINE.
Au nombre des acquisitions faites par le duc Charles III, Dom Calmet cite « les Comtez de Clermont et de Bitche (1)»,sans donner d'indication sur la situation géographique de la première de ces localités et sur la date non plus que les circonstances de cette acquisi- tion (2). Il nous paraît donc utile d'emprunter à un tra-
(1) Hist. de Lorr., 1"* édit., t. Il, col. 1453. (2) Du moins n’en paraît-il rien dans les tables. Voir, à
11 —
vail récent les renseignements précis et curieux qu’on va lire. Comme on le verra, il s’agit du comté de Cler- mont-en-Beauvoisis,qui futengagé, en 1569, par le roi de France à Eric duc de Brunswick-Gôttingen, mari de Dorothée de Lorraine, sœur de Charles IIT ; l’engagère fut ensuite transmise à cette dernière (1575), puis à Charles lui-même, et enfin (1599) à son ‘troisième fils, François, comte de Vaudémont, le futur duc François IT, qui, en 1610, vendit ses droits à Henri II de Bourbon- Condé. C'est ainsi que cette branche de la maison de France, dont une princesse a rendu célèbre le nom de Clermont, entra en - possession de la terre en question.
Ces faits, avec d'intér essants détails, se trouvent dans l'extrait qui suit.
_« Le comté de Clermont fut engagé, le 13 août 1569, par Catherine de Médicis et Charles IX, au duc Eric De BruNswick-NaGniem (1)... Le 12 décembre 1575, Erich (2) de Brunswick transmettait à femme Dororée DE LORRAINE, SOn engagement du comté de Clermont et des dépendances, avec substitution de Charles de Lor- raine, après le décès de Dorothée (Reg. du Cons. d'Etat, 8 janv. 1753). Dorothée de Lorraine, fille posthume de François, duc de Lorraine et de Bar, petite-fille de
la fin, l'extrait de la Notice de la Lorraine. — Les tables de l'Hist. de Lorr. d'A. Digot n'indiquent rien qui se FAPROFEÉ au sujet.
(1) Ce dernier nom ne figure pas dans la généalogie dressée par Dom Calmet; Viton (de Saint-Allais) dit Brunswick-Got- tingen (Hist. généal. des maisons souveraines de l'Europe, t. IF, 2° partie, p. 138). Cf. Journal Soc. arch. lorr., 1889, p. 30.
(2) L'auteur écrit tantôt Eric, tantôt Erich ; nous respec- tons le texte. :
— 49 —
Renée de Bourbon, la sœur du connétable de Bourbon, rentrait, à titre d’engagiste, dans la jouissance d’une an- cienne seigneurie de sa famille. Elle était comtesse de Clermont et châtelaine de Milly. Son mari mourut en 1584.
» Henri IV, invoquant son droit royal contre l’acte du duc Erich, avait saisi le comté de Clermont et les revenus, au profit d'Alphonse Ornano, l’un de ses plus fidèles partisans. Mais le Roi fit un traité de paix, le 16 novembre 1594 (1), avec le duc de Lorraine. Il fut stipulé que la duchesse Dorothée rentrerait en la pos- session de ses fiefs et même des arrièrés, excepté des forteresses. Mais, en 1599 (2), la veuve d'Eric aban- donnait à son frère, le duc Charles, l’usufruit du comté de Clermont, moyennant une pension de 8.000 écus d’or au soleil. |
» Lorsque Cnanzes IT ou III DE LorRaiNE voulut prendre possession, l’évêque de Beauvais s’y opposa et saisit même le comté de Clermont, pour défaut de foi et hommage, que l’on devait au comté-pairie de Beau- vais, d'après les lettres patentes de saint Louis, lorsque le comté de Clermont sortait, par aliénation, de la maison de France.
(1) Cette date et la suivante (1599) ne cadrent pas avec les généalogies de Ja maison de Lorraine, qui font mourir Dorothée en 1587; mais ces généalogies sont dans l'erreur : Dorothée vivait encore en 1624 : v. E. Briard, Le poète Musio Manfredi et Dorothée de Lorraine duchesse de Brunswick, dans le Journal de la Soc. d'arch. lorr., 1889, p. 30-81.
(2) Cette date est-elle exacte ? Charles, aurait joui bien peu de temps du comté de Clermont puisque l’auteur ait, plus
loin, qu’il le céda à son fils François par acte du 9 no- vembre 1599.
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» L'évêque de Beauvais devait perdre son procès au Conseil du Roi, et Charles de Lorraine resta paisible possesseur du comté de Clermont et des châtellenies de Milly, Creil, etc.
» FRANÇOIS, COMTE DE VAUDÉMONT, troisième fils du duc Charles de Lorraine, avait pris possession du comté de Clermont, par donation de son père, le 9 novembre 1599.
» Une contestation s'était élevée entre. François de Milly, écuyer, seigneur de Monceaux, d’une part, et Mgr de Vaudémont et Mme la duchesse de Brunswick- Nagniem, comte et comtesse de Clermont, d'autre part, relativement aux droits que les suzerains, le comte et le châtelain, avaient en la terre de leur vassal. Une tran- saction eut lieu entre le seigneur de Monceaux et Pierre Raimbaut, agent du comté de Clermont, le 80 janvier - 1602 (Berzé, liasse 59).
» Le 26 août 1610, François, comte de Vaudémont, vendait à Henri II pe BourBoN-ConDé, ses droits d’en- gagiste sur le comté de Clermont. Le contrat fut con- firmé, le 18 février 1611, par lettres royales... (1) »
Dom Calmet a publié le traité de 1594, mais il a pensé que lesclauses auxquelles est fait allusion concernaient Clermont-en-Argonne. Dans la Notice de la Lorraine, à l’article de cette localité, il s'exprime en ces termes .
» Par le traité de Paix entre le Roi Henri IV et le Duc Charles IL, il paroit (2) que-le Comté de Clermont
(1) Abbé Renet, Milly, dans les Mémoires de la Société académique de l'Oise, t. XIV (1891), p. 644-645.
(2) Cette forme dubitative semble bien indiquer que Dom Calmet n'était pas certain de l'attribution proposée. .
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avoit été donné pendant la Guerre à la Duchesse de Brunsvich, puisque par les Articles XIV, XV et XVI du traité de St. Germain en Laye, de l'an 1594, il est expressément porté que ce Comté sera restitué à cette Princesse, avec les fruits qui lui sont redus (1). »
Je ne crois pas utile de transcrire ici le texte des trois articles visés plus haut : ils ne laissent pas de doute sur. la situation topographique de la terre dont il s’agit, car l’article XIV en rapproche immédiatement celle de Creil: « Madame la Duchesse de Brunsvig sera remise actuellement en la possession et jouissance du Comté de Clermont, Seigneurie de Creil, et de tout ce qui en dépend, excepté les forteresses (2) ».
- Dom Calmet s’est donc trompé en croyant qu’il s'agissait de Clermont-en-Argonne; cette - localité n'était alors, ce semble, qualifiée que de seigneurie, et non de comté : au dernier quart du xvi° siècle et pen- dant les premières années du xvu‘, la Maison de Lor- raine paraît avoir joui réellement du comté fe Clermont en Beauvoisis. Léon GERMAIN.
CHRONIQUE.
/: À PROPOS DE SIMON MOYCET.
| A la suite des articles de M. l’abbé Chatton et de M. L. Ger- bain sur Simon Moycet, nous avons reçu de notre confrère M. Labourasse les observations suivantes :
_ Aux confins de la Meuse et des Vosges, on appelle
. (1) Notice de la Lorraine, 1r édit. t. [., col. 239-240.
(2) Dom Calmet, Hist. de Lorr., 1r° édit., t. ILI, pr., col. ceccli.
1
moille (pron. moäille en une seule émission de voix), un tas, en forme de cône tronqué, de poignées (bou- chots) de chanvre femelle non battu et placé debout en attendant la maturation du grain, — et moûille les tas d'échalas placés de même dans les vignes à l'entrée de l'hiver pour que la pluie passe à travers sans trop les pourrir. Votre mot moïe — d'où moycetle, — terme agri- cole — de la même famille patoise que les précédents, doit se prononcer, à raison de son tréma : moille, comme Bazoilles. D'où il suit que si les armes de Simon Moycet étaient exactement parlantes, Moycet se pro- nonçait Moie-cet. C'est ainsi que dans le midi de la France le nom propre Peyré se prononce Peilré. Dans tous ces mots, les / se mouillent sans laisser trace de l'articulation. — Cela est d’ailleurs une simple hypo- thèse, les armes dites parlantes l’étant souvent par à peu près. |
Sur plusieurs points de la Meuse et sans doute ailleurs, le verbe chouer a une signification ordurière et n’a pu, à cause de cela, trouver place dans mon Glos- saire abrégé. Chouard ou Chouart en dérive naturelle- ment, comme vantard de vanter, braillard de brailler, etc. La Fontaine, qui emprunte volontiers à l’obscène Rabelais, a dit dans sa fable critique /e Guré et le Mort, sans y attacher, je crois, nulle idée de paillardise :
« Messire Jean Chouart couvoit des yeux son mort. »
Dans Pantagruel, livre IV, chap. 6, est cette phrase : « Deu, Colas m'’faillon, qu’il feroit bon porter bourse pleine auprès de vous! » Deu, dans notre patois meu- sien est quelquefois interjectif, ainsi que deu mä, qui remplacent mais, jeté en interjection au début d’une
— 1486 phrase comme ci-dessus. Deu ne me semble pas alors être une forme altérée du mot Dieu. Il n’en est pas de même dans l'expression patoise meun’deu oui, qui signifie certainement : mon Dieu, oui; oui, mon Dieu. Néanmoins, il ne serait pas impossible que, dans l’a- postrophe Deu m'faillon, Deu soit une altération du mot Dieu, employé abusivement.
Dans le patois de la Meuse, faillon, que j'ai écrit faion, signifie frère et par extension ami. Donc Deu, m'faillon, se traduit par mais, mon frère, mon ami, mon COmpa- gnon. Vous remarquerez l’élision de e dans me, usitée dans nos patois et qui ne se trouve nulle autre part dans l’ouvrage, ce qui démontre que c’était là, du temps
.de l’auteur, une phrase toute faite, une NS Le courante qu’il s'est appropriée.
Où le curé de Meudon a-t-il recueilli cette expres- sion ? En Lorraine ? Qui sait ? N'’a-t-il pas dit ailleurs, pour exprimer que tout: homme, même le plus sage, a sa petite araignée : Fou est près Tou, jeu de mots qui signifie : Foug est près Toul ? prononcé suivant la règle patoise. C’est là aussi un dicton populaire tout local, évidemment recueilli sur place.
Les villageois aiment assez les dictons rimés ou à peu près. « Alléluia, compère Colas, les choux sont bons quand ils sont gras », en est un exemple entre mille. — Je remplace grand-père par compère, qui est de tradition.
H. LABOURASSE.
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PIÈCES D'ARCHIVES DONNÉES PAR M. PETITMANGIN (1).
. M. Petitmangin a donné, pour la Bibliothèque de la Société, une trentaine de pièces d'archives, en parche- min, qui, à l'exception d’une, datée de 1678-79, appar- tiennent au xvin' siècle ; elles sont toutes lorraines etse répartissent entre les trois régimes principaux de cette période ; Léopold, Stanislas et Royaume de France. Ces pièces, que j'ai examinées sommairement, sont des arrêts de justices, des ventes et échanges, une bonne partie en faveur d’une famille Demontzey, de Raon; notons, de 1742, une constitution de rente pour les prieur et religieux de l’abbaye d’Etival. En général, l'objet Ge chacun de ces actes ne paraît pas d’un intérêt considérable ; mais, les plus anciens concernent quel- ques familles nobles, deux autres offrent des sceaux rares, et les derniers ne sont pas à dédaigner, vu les hauts dignitaires dont ils nous font connaître les noms et qualité ; en effet, on peut dire que, depuis les com- mencements du duché héréditaire jusqu’à la Révolution, la période de régime français qui a duré de 1767 à 1789 est peut-être l’une des moins connues de nos annales lorraines, parce que la plupart de nos historiens ont négligé de s’en occuper, la jugeant dénuée d'im- portance locale, comme postérieure à l’ère de nos sou- verains particuliers et de notre indépendance provin- ciale. Cette époque mériterait pourtant, à bien des points de vue, d’être étudiée (2); il serait notamment
(1) V. Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1892, p. 263. (2) A consulter notamment : Abbé D. Mathieu, L'an- cien régime dans la province de Lorraine et Barrois. 2
| ii très utile de posséder les listes des principaux fonction- naires et dignitaires qui ont, durant ce temps, dirigé les administrations et préparé lës deétinées de'notre patrie.
Eu égard aux considérations qui prééèdent, je consi: gnerai ici les nôtes spéciales que j'ai rélévéés eh pari courant rapidement les pièces eh question. Je les range, comme d'habitude, dans l’ordre clironologique.
1678. — Vente d'une maison à « Nancy neuve, Rüe de Greves (1), près des Pères Capucins (2) ». — Paï- devant le tabellion général de Lorraine, comparaît lé vendeur : € Haut et puissant seigneur meësiré Jeañ Jacques de Gournay, chevalier, seigneur'de Secour (3), bailly de l'évesché de Metz (4), ..., tarit comme nomitié par deffuncte haulte et puissante dame Ahne' de Nettan- cour (5), vivante veuve de feu hault et puissant scigneur messire Pierre de Gournay (6), sa bellé-mère, — par son testament passé. à Nancy, 22 novembre’ 1639... pour faire la fondation dela chappelle y énoncéé au' lieu dé Secour, — que comme acquéreur et cessionhait'é dé là maison de ladite feue dame...» La chapelle en‘quéstion,
(1) Aujourd'hui rue Charles III.
(2) Le couvent des Capucins était situé à peu près on face de l’église actuelle Saint-Nicolas.
(3) Il est qualifié plus loin : « seigrieur de Secour, ViMer et Courny ». : |
(&) V. Baron d'Hannoncelles, Metz ancien, II, p. 101.
(5) « Fille de Jean IV de Nettancourt, seigneur de Vaube- court, Passavant, etc.. et d’Ursule de Haussonville, et veuve (en premières noces) de Jacob de Haraucourt, seigneur de Bayon, grand-gruyer de Lorraine. » (1bidem.) |
.(6) « Pierre II de Gournay, seigneur de Secourt. etc., conseiller d'état de S. A. de Lorraine, gouverneur de Lixheim et bailli de l’évôché de Metz... ». (1bidem.)
419 —
au,.château , de Secourt (1), était sous l’invocation de saint Livier (2). Le.prix de vente s'élève à « quatre mil francs et six assiettes d'argent pesantes six marcs ». — L'acquéreur est le «,sieur Pierre de Rutant, conseiller au: bailliage :de Nancy (8) ,», qui, par acte acte du 5 octobre 1679, inscrit à la suite du précédent, déclare avoir agi pour le compte de « damoiselle Catherine Bichebois, dame de Viller (4) ».
4780 (7 septembre). — Vente d’une maison, également « scituée à: Nancy La Neuve, Rüe de Greves ». — Par: devant le tabellion général comparaît « Messire Amé de Gourcy (5); comte de. Charé (6), demeurant audit lieu, se. portant fort de dame Marie Jeanne de St Félix, son espouse (7) ». La maison leur appartenait « au moyen de l’abandonnement qui leur a esté fait par mes- sires Charles et Anthoine, comtes de St Félix,. sei- gneurs de Marimont et d’autres lieux (8), pour satisfaire au leg de la somme de dix mille livres qui a esté fait à
(1) Secourt, anc. canton de Verny (Moselle).
(2) La. famille de Gournay prétendait descendre de saint Livier.
(3) Sans doute Pierre III de Rutant : Dom Pelletier, p.726.
(4) Non citée à l’article Bichebois du Nobiliaire äe Dom Pelletier.
:(5) Famille ‘d’ancienne chevalerie, anc. Gorcy, dont il n'existe pas, que je sache, de généalogie complète; la branche de Charey est l’une des moins connues.
(68) Charey, canton de Thiaucourt.
(7) Fille de Jean-François de Saint-Félix et de Jeanne Xaubourel (Dom Pelletier annoté).
(8) Peut-être frères de Marie-Jeanne ; le Dom Pelletier annoté indique l'existence de ces deux frères et fait con- naître leur mariage, mais ne dit pas leurs prénoms.
_- 90 —
la dite dame par le testament de M" François comte de S‘ Félix son oncle (1) », en 1722. —- Le prix est de dix milles livres tournois, quatre cents livres pour les vins et deux cents pour la coiffe. — La vente est faite « au sieur Nicolas Jacquinot, controlleur en la gruerie de Nancy, et à damoiselle Reine Claire Marquet, son épouse ».
1750. — Pièce scellée par le greffier de « la justice de la Neufville les Raon >». Tout petit sceau plaqué sous papier ; de forme ronde, il offre uniquement une rose à double corolle de cinq pétales (2).
1754. — « Nous, Antoine Maurice, écuyer, avoué à la Cour, résident à Lunéville, juge garde des terres et seigneuries du ban de Crévic (3) … ».
1754. — Acte pardevant le bailliage de Lunéville. — «Maximilien François duc de Tennezin Ossolinsk y (4), prince du Saint Empire Romain, chevalier des ordres du Roy très chrétien et de l'aigle blanche (5), grand maitre et premier grand officier de la la maison du Roy de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, chef et prési- dent de son Conseil, chevalier d'honneur en la Cour
(1) Peut-être « François-Claude comte de Saint-Félix », mentionné dans l’Invent. somm. des Archives, B. 11.244.
(2) Sans doute d’après les armoiries de Raon-l'Etape : De gueules à la rose d'argent, boutonnée d’or (C. Lapaix, Armorial des villes de Lorraine). |
(3) Ce personnage n’est pas cité à l’article Maurice du No- biliaire.
(4) L'un des personnages les plur importants de la cour du roi Stanislas, ordinairement appelé le duc d’Ossolinsky ; enterré à Bon-Secours. Cf. la table de l’Invent. somm. des Archives départementales, ve Ossolinsky.
(5) Ordre polonais.
1 —
souveraine de Lorraine et Barrois, gouverneur des châ- teaux de Lunéville et d'Einville, capitaine cominandant général des chasses et plaisir, et grand bailly du bail- liage Royal de Lunéville... ». Il s’agit de la succession de Jean-Jacques Maillard, écuyer (1), demeurant à Lunéville. |
1757. — Vente, pardevant le tabellion des « terres et seigneurie d'Ogéviller ». Le sceau, rond, de couleur jaunâtre indécise, parait dater du xvi° siècle; il reste une petite partie, peu distincte, de la légende ; dans le champ, un écu assez large, à la bande, accostée de 9 ou 10 billettes (2).
1759 (27 mars). — Acte passé au bailliage de Nancy. — « André Hercule de Rosset, duc de Fleury, pair de France, marquis de Rocozel (?) et d'Auxy, baron du Plessis aux Tournelles, seigneur de la Vernede, de Florange, Lespignan, etc., premier gentilhomme de la Chambre du Roy, chevalier des ordres de Sa Majesté Très Chrétienne, lieutenant général de ses armées, gouverneur et lieutenant général des duchéz de Lorraine et de Bar, gouverneur particulier des ville et cita- delle de Nancy, grand bailly d'épée de la même ville, gouverneur et viguier des ville et viguerie Daygue- mortes (83), sénéchal de Carcassonne, Béziers et Limoux. capitaine du château de Giroussens (4)... »
(1) Non cité à l’article Maillard dans le Nobiliaire.
_(2) L’'Armorial gravé de Callot décrit ainsi les armoiries de la maison d'Ogéviller (art. Awgeviller), non données par J. Cayon : « D'Azur, à la Bande d'Argent, munie de trois Coguilles, de Gueulles, costoyées (sic) de neuf Billettes d'Or.» Cf. Perrin de Dommartin et le Dom Pelletier annoté.
(3) D’Aiguesmortes. (4) Cf. La Chesnay-des-Bois, art. Rosset.
—.29 —
:1774. — Bailkage de Rosières. — « Baltazard Ignace Ustado,; uarquis Damenzague, chevalier de l'ordre royal et mihtaire de saint Louis, brigadier des armées de -Sa Majesté très chrétienne, mestre de camp de -dragans, major du régiment de Caraman Dragons, et. bailly de Rozières (1)... » |
1781. — Bailliage de Lunéville. — « Charles Just de Beauvau (2), prince du Saint Empire, grand d'Espagne de la première elasse, chevalier des ordres du. Roy, lieutenant général de ses armées, capitaine des gardes du corps de sa Majesté, gouverneur des villes et chateaux de Lunéville et Bar le Duc, marquis de Craon .(3), baron d'Autray (4), Saint-George (5), Lorquin:(6),.Tur- questin (1), Harbouey (8) et Petitmont (9), seigneur de
(1) Dans lInventaire-semmaire des Archives,. d'après, un registre.de 1720 à 1723 (R. 11.003), H. Lepage, mentionne un dépombrement « de Bulthazard- Gustave FAMeNSES, pour Sandaucourt. »
«' M. Hennequin, comte de Curel, de Gelnoncourt, major dé-la gendarmerie de S. A. R. fut-tué en duel en 1736 par le marquis: d'Amenzaga. » Dom Pelletier annoté, art... Henne- quin.
(2) L’aiîne des nombreux enfants de Marc de Beauvau, prince de Craon, et de Marguerite de Ligniville.
(3) Nom donné à Haroué de 1768 jusqu'à la RÉTOHON
(4) Autrey-sur-Madon, canton de Vézelise.
(5) Saint-Georges, anc. canton de Réchicourt-le-Château.
(6) Anc. ch.-1l. de canton, arr. Sarrebourg.
(7) Turquestein, anc. canton de Lorquin.
(8) Harbouë, canton de Blâmont.
(9) « Petit-Mont, canton de Lorquin. »(Dict,.topogr.)
— 98 —
Xouaguésange (1), du ban Lemoine (2), Fleville (3) Buissoncourt (4) et Morlay (5), conseiller chevallier d'honnëtr en la Cour du Parlement à: Nancy: bailly d'épée des grands bailliages royaux de Lunévillèet Bar le Düc...x. L..G.
ET
BIBLIOGRAPHIE.
L'ANNUATRE" DE: LORRAINE; 1894:
Cet annuaire, que‘ publie pour la seconde fois la Maison Crépin-Leblond, est un volume gr. in-8° de plus de 1200 pages, qui contient. pour les trois dépar- temetits lorraidis, les renseignements les plus complets: et les mieux distribués. Sans entrer dans le détail de sa. composition, nous nous Hornerons à noter ici un impor- tant préambule de 85 pages qui se rapporte à l’his- toire de notré province: La Lorraïne gaulbise, par PF: Jacquot'; Les grandes industries lorraines (glaces-de Cirey, instruments de musique de Mirecourt), par E. Flavien ; enfin La restauration de la Croix de Bour- gogne, par N. Pierson. Il est à désirer que ces notices: soient coritinuées dans lés publications desamnées suis vantes ; elles donneront à l’œuvre entreprise par M. Crépin-Leblond, en outre de son utilité immédiate, une réelle valeur historique, grâce à! laquelle ces: gros volumes seront encere consultés, même après que. les annonces commerciales et les indications pratiques qu'ils contiennent auront perdu leur actualité.
(1) Xouaxange, anc. canton de Sarrebourg.
.(3) « Ran<e-Moine, seigneurie composée du hameau d'Allencombe: et des villages d’Angomont, Bréméail et Fen- neviller. » (Dict. topogr.) Canton de Baccarat.
(3) Fléville, canton de Saint-Nicolas. (4) Môme: cantori. | (57 Morléy, canton de Montiers-sur-Sauix (Meuse).
—_ X —
© DONS FAITS AU MUSÉE LORRAIN
. Par M. Finance : Taque de cheminée avec armes de la famille de Cléron d’'Haussonville.
— M. Emile Bapec : Trois carreaux de poëk (xvu° siècle) provenant d’une maison de Saint-Nicolas de Port.
— M. le D' Bonnesoy : La chasse au cerf, dessin à la plume signé Bonnejoy, 1812. | EE
DON A LA BIBLIOTHÈQUE
Par M. le commandant de la Giclais, chef d’escadrons . au 45° chasseurs à Sampigny : Une liasse de douze pièces en parchemin, relatant des contrats d'acquisition au profit de la Maison-Dieu de Toul. Plus une constitution de rente de 1631, au profit de la chapelle Saint-Nicolas érigée en l'église Saint-Evre de Nancy, et un Etat des recettes et dépenses de la Maison du Roy (de Pologne) de 1737 à 1760.
VERSEMENT DE MEMBRE PERPÉTUEL
A versé la somme de 200 fr. dans les conditions indiquées dans la délibération du 8 avril 1891, et est en conséquence devenu membre perpétuel de la Société d'Archéologie lorraine : |
M. Paul de Rozières, lieutenant au 2° cuirassiers, à Lunéville.
(Ce versement, effectué le 29 août 1898, n’a ras été inscrit, par omission, au n° de septembre-octobre, où l’on devrait trouver sa mention). |
Pour La commission de rédaction, le Président: CH. GUYOT.
NANCY.— IMPRIMERIE G. CRÉPIN=LEBLOND, PASSAGE DU CASINO.
JOURNAL
DE LA SOCIÉTÉ
D'ARCHÉOLOGIE LORRAINE
ET DU
MUSÉE HISTORIQUE LORRAIN.
——
43° ANNÉE. — 2% NUMÉRO. — FÉVRIER 1894.
Procès-verbal de la séance du 12 Janvier 1894. PRÉSIDENCE DE M. CH. GUYOT, PRÉSIDENT.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. | Communications.
Le Ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes informe la Société que le 32° Congrès des Sociétés savantes se tiendra, à la Sorbonne, le 27 mars prochain ; et que la 18° réunion annuelle des Sociétés des Beaux-Arts des départements aura lieu à la même
date. 8
— 26 —
M. Laurent, archiviste des Ardennes, demande l'échange des publications de la Société avec la Revue historique ardennaise. L’échange est voté.
Le président donne lecture de la Jettre de Mme Le Mercier de Morière remerciant la Société de l'envoi d’un exemplaire relié du dernier volume des Documents.
M. le docteur Wolfram, archiviste à Metz, envoie un extrait de la Revue Sybels Zeitschrift appréciant le volume des Documents, publié en 1891, Recueil d’in- ventaires des Ducs de Lorraine.
Le Président dépose sur le Bureau une demande de souscription au monument commémoratif à ériger, à Vézelise, à J.-B. Salle. |
Il est donné avis du décès üe M. Lamasse-Dessert, membre titulaire.
Admissions et présentations.
Sont admis comme membres titulaires : MM. l'abbé Parisot, curé de Jezainville, et l'abbé Emond, curé de Flin.
Est présenté comme membre titulaire : M. Eugène Bécourt, professeur agrégé d'histoire au Lycée de de Nancy, 99, rue eee par MM. Pfister, Duvernoy et Parisot.
Ouvrages offerts à la Société.
Baconviller, atelier monétaire des comtes et princes de Salm, par Jules Florange (Extrait du Pullelin de de Numismatique), in-8° de 15 p., pl.
Le Donon et ses vallées, par H. Ganier et J. Frœlich ; Nancy, Berger-Levrault, 1894, grand in-8° de 120 p., pl.
Etude sur François Chéron, par E. Mellier; Nancy, Crépin-Leblond, 1894, in-8° de 26 p.. pl.
Note sur Verdun, par Mile Buvignier-Clouet; Nancy, Crépin-Leblond, 1898, in-8° de 8 p.
Instructions de François III à M. de Montureux, par M. R. de Souhesmes; Nancy, Crépin-Leblond, 1894, in-8 de 19 p.
Cantale à S. S. Léon XIII, par MM. de Pominery et F. des Robert. |
Photographies de la table en mosaïque de bois offerte au Czar par la Lorraine, don de M. Gallé. | . Les périodiques des Sociétés avec lesquelles nous sommes en échange de publication.
Lectures.
M. H. Lefebvre continue la lecture de son travail intitulé : Le marquisat de Noviant et ses origines.
M. Ch. Guyot donne lecture du travail de M. P. Mari- chal, intitulé : Observations sur la famille de Chaste- noy. La Société vote l'impression de ce travail dans ses Mémoires et nomme pour former la commission de révision, MM. de Mont, Germain et de Souhesmes.
MÉMOIRES
EXCURSIONS ÉPIGRAPHIQUES. — L'ÉGLISE D'HAMMEVILLE.
Le petit village d'Hammeville (1), situé sur un pla- teau, à 3 kilomètres au N.-0. de Vézelise, faisait autrefois partie du comté de Vaudémont. Je trouve pour la première fois le nom d’Hamevilla en 1179 (2).
(1} Canton de Vézelise, Meurthe-et-Moselle. : (2) H. Lepage, Dictionnaire topographique.
08 —
On lit dans l'Etat du temporel des paroisses (1709) : « Il y a, à un demi-quart de lieue du village d'Hamme- ville, une église qui est la matrice, où il y avait un village appelé Hardeval, qui est entièrement ruiné; laquelle église a retenu le nom de Hardeval, où est aussi le cimetière de la paroisse, et où les habitants sont obligés d'aller à la messe cinq fois l’année; et néanmoins lesdits habitants ont une chapelle où l'on fait le service paroissial... (4). »
L'église actuelle d'Hammeville parait, en effet, dater des premières années du xvin* siècle ; elle est insigni- fiante comme presque toutes celles de cette époque ; le chœur est carré. Cette église a pour titulaire la Nati- vité de la Vierge (2) ; mais la patronne doit être la titu- laire de l’ancienne église matrice, sainte Libaire (3). C’est elle, sans doute, que représente le tableau du chœur : une sainte tenant la palme du martyre, et auprès de laquelle paissent des moutons. Deux bustes- reliquaires offrent les images d’une reine et de saint Nicolas, avec le baquet où sont les trois enfants. Les tableaux des deux petits autels représentent l'Imma- culée-Conception, d'après le tableau de Murillo, et la Sainte-Famille.
Dans les Communes de la Meurthe, il est dit: « En 1667, sur la demande des habitants d'Hammeville et de M. de Malvoisin, leur seigneur, le R. P. Raymond Breton, religieux du couvent des frères Prêcheurs de
(1) H. Lepage, Communes de la Meurthe. (2) H. Lepage, Statistique de la Meurthe.
(3) Benoît Picart, Pouillé du diocèse de Toul, 1711, t. I, p. 370.
00 =
Nancy, établit, dans l'église de ce village, une confré- rie du Rosaire, « dont le service se fera au grand autel, » lequel portera dorénavant le titre de Notre-Dame- » du-Saint-Rosaire.» Les habitants disënt, dans leur requête, qu'ils ont déjà déboursé beaucoup d'argent et fait faire un beau tableau pour cette confrérie. (Cure d'Hammeville.) (1) » |
Au milieu de la grande allée, devant le chœur, existe une pierre tombale, mesurant environ 2"75 de haut. Le sujet du centre est tout à fait effacé ou n’a jamais été gravé; on lit seulement au bas :
PRIEZ DIEU POUR SON AME
Sur les quatre bords, se trouve cette épitaphe, en caractères majuscules de la Renaissance :
CY GIST. HONNORABLE. |] FEME MARIE GRILLOT EN SON VIVANT ESPOVZE DE FEV HONNOBLE || HOE (2) IEAN GRAVEL QVAND [| IL
VIVOIT MAIRE DE VEZELISE. LAQVELLE DECEDA LE 14° DAOUST 1597 (main).
Plus bas, vers le milieu de la nef, une tombe, plus petite, affecte la forme d’une croix pleine, accostée de deux supports en S; au centre est une autre croix ornementée.
Dans le nur du bas-côté de l’épitre, on remarque, encastrée, une pierre en forme de rectangle oblong, avec un fronton arqué, retrait latéralement, et des
(1) H. Lepage, Communes de la Meurthe. . (2) Homme.
00 échancrures concaves aux angles inférieurs. On y lit (1) DOM |
CORAM IACET IOSEPH NATALIS EURIOT HUIUS PAROCHIÆ RECTOR DECANATUS SUI SCABINUS ET FRATRUM DELICIÆ INTER QUES (2) PASTOR ET PATER SEPELIRI (3) VOLUIL (4) ET QUESCERE OBIIT DIE FEBR. XXII ANNI MDCCLXX
ÆTATIS LXVIIL
Un peu plus bas, dans le milieu, est gravée l’image d’un calice surmonté d’une hostie, sur laquelle semble figurer le nom de Jésus en monogramme, IHS. Puis, au-dessous. on lit encore :
REQUESCAT (s/C) 1N PACE (5).
Notre confrère, M. le curé Gillant, que j'ai consulté sur le terme d’échevin, a eu l'obligeance de me répondre : « Parmi les dignitaires d’un décanat, on trauve souvent
(1) Notre obligeant confrère, M. L. Heitz a bien voulu vérifier et corriger la copie de cette inscription que j'avais «rise hâtivement. 7
(2) Quos.
(3) Pour l’L, le sculpteur avait d’abord fait un T; ila ensuite ajouté le plein horizontal inférieur.
(4) Voluit. |
(5) Traduction de l’épitaphe : « A Dieu, très bon, très grand. — Ci-devant git Joseph-Noël Euriot, curé de cette paroisse, échevin de son décanat et délices de ses frères, parmi lesquels, pasteur et père, il voulut être enseveli et reposer. Îl mourut le 22* jour de février de l’an 1770, dans la 68° annnée de son âge. Qu'il repose en paix.
_ 9 —
le doyen, le promoteur, l’official, le greffier de l’officia- lité. C’est la première fois que je vois mentionné le titre d'échevin, scabinus sui decanalüs. I] faut alors supposer que le doyen avait une espèce de conseil, et que l’un de ses conseillers était le scabinus. Dans le décanat dont il s’agit, le scabinus était peut-être celui que l’on appelait ailleurs promoteur ou bien greffier ; à ce sujet, il y aurait lieu d'examiner les statuts de l'époque sur les titulaires. »
Les deux noms de familles qu'offre la première épi- taphe se retrouvent dans le Nobiliaire de Dom Pelle- tier : celui de la défunte n'y figure qu'une fois : Marie, 5° enfant de Thirion Ginet, l’un des justiciers de la ville de Toul, et de sa seconde femme Madelaine Barat, qui vivaient dans le dernier quart du xvi* siècle, épousa Gérard Grillot (Dom Pelletier, art. Ginet, p. 306.)
Le nom de Gravel, mis parfois, surtout à propos des femmes, sous la forme de Gravelle, évoque plus de souvenirs.
Noble Jean de Saulcourt, apothicaire du duc de Lor- raine, seigneur de Saxon et de Housséville (1), vivant dans le premier quart du xvn siècle, épousa « Claude Gravelle, nourrice de la princesse Nicole de Lorraine. » Claude était compatriote du maire de Vézelise que rappelle notre tombe; car, le 15 février 1623, le duc de Lorraine confirma Jean de Saulcourt en la noblesse de ses ancêtres originaires de Saint-Dizier, « en considé-
(1) Cette qualification se trouve dans le document cité plus bas, n°6. |
— 99 —
ration de ce qu'il avait épousé une femme du comté de Vaudémont, issuë de noble famille, et nourrice de la princesse de Lorraine ». (Dom Pelletier, art. Saulcourt: p. 7135).
Le nom de cette dame figure dans différents actes qui m'ont été communiqués :
1. 1624, 12 juillet. Nancy. — « Nous Loys de Lor- raine, prince de Phaltzebourg, etc. (1) », donnons pou- voir « au sieur Jean de Saulcourt, demeurant en ce lieu (de Nancy) et à la damoiselle Claude Grauel, son epouse, » de traiter de la vente des « places d’entre les deux villes de Nancy que (sic) nous appartiennent » et en remettre le prix « à nostre très cher et bien aymé Claude Lambert, trésorier général de noz finances ».. — Signé Loys de Lorraine et Henriette de Lorraine (2). — Ga- chet ovale, aux armes de Lorraine plein, brisées d’un lambel et surmontées d'une couronne ducale ; ledit cachet plaqué sur un écheveau de soie rose-feu qui traverse le papier. (Orig., pap., 2 ff. in-fol., dont 1 1/4 écrits ; archives de M. du H.)
2. 1626, 26 novembre. — Copie d'obligation de 900 francs pour « Dam‘"* Claude (rrauelle, nourice et pre- mière femme de chambre à Madame, relicte de feu noble Jean Saucourt, contre noble Jean Choisy, jeune fils, aagé d'environ vingt deux ans (3). » (Pap., 2 ff. in-fol., mêmes archives.)
(1) Louis de Lorraine, bâtard de Guise, baron d’Ancerville, comte de Boulay, prince de Phalzbourg et de Lixheim.
(2) Femme du précédent ; fille du duc François II de Lor-, raine.
(3) Apparemment de la famille Hierosme ; v. Dom Pelle- tier à ce mot (p. 381), et au mot « Choisis ou Choisy », p. 125.
= 83 —
8. 1626, 8 décembre. — « Obligation de M. le Baron de Lenoncourt (1), de trois mil deux cens vingt francs barrois, pour Dam‘!!* Claude Gravelile, vefve du feu S"' Jean Saucourt ; la présente obligation cédée à... Jean Rousselot (joaillier à Nancy) (2). »
« Sçachent tous que hault et puissant seigneur mes- sire Charles de Lenoncourt, comte de Blainville (3), Baron souverain de Moumsoz (?) d'Oley (4), seigneur de Gondrecourt (5), Rithecourt (6), Gercourt (7), Con d’estat de S. A., Bailly de St-Mihiel, a déclaré (que), comme ci-devant feu haulte et puissante dame Madame Henriette de Joyeuse, son épouse (8), comtesse et dame desdits lieux, serait demeurée redevable envers dam°!! Claude Gravel, veufve du feu S° de Socourt, nourice et première femme de chambre à Madame... » etc. (Pap., 2 ff. in-fol. ; arch. de M. du H.)
4. 1628, 4 mai. — Partie pour Madame la nourice : 46 fr. 6 gros. Sébastien Gravelle et Jean Tardvenus (9)
(1) Charles de Lenoncourt, seigneur de Gondrecourt, mar- quis de Blainville, comte du Saint-Empire, époux de Henriette . de Joyeuse, fille dun comte de Grandpré. (La Chesnaye-des- Bois, art. Lenoncourt, br. des seig. de Gondrecourt, deg. x11.)
(2) Sur ce personnage, dont le fils fut anobli en 1662, v. Dom Pelletier, art. Rousselot (Charles), p. 714.
(3) Blainville-sur-l'Eau, canton de Bayon.
(4) Olley ? canton de Conflans, Meurthe-et-Moselle.
() Gondrecourt, canton de Conflans, Meurthe- et-Moseile.
(6) Canton de Saint-Mihiel, Meuse.
(T) Canton de Montfaucon, Meuse.
(8) « Fille aîné de Claude, comte de Grandpré, gouverneur de Mouzon et de Beaulieu-en-Argonne, et de Philiberte de Saulx - Torpes... » (La Chesnaye-des-Bois, loc. cit. ; Moréri, t. vi, p. 399 ; Husson-l’Escossois.)
(9) «Jean Bouvier, mayeur de Vézelise, fut annobli.. le
— 84 —
à Vézelise, tuteurs et curateurs de dame C/aude Gra- velle. Signé : Dominique Begien. (Mêmes archives).
5. Sans date. — Pièce de procédure de « Noble Charles Chuppin, peintre demeurant à Nancy (1), demandeur d’une part, contre honble Bastien Gravelle demeurant à Vézelise, et noble Jean Tarvenu (2), mayeur audit lieu, tuteur et curateur aux corps et biens de Dam!* Claude Gravelle, veuve du feu S° Saucourt, deffendeur.… ; remontre ledit Chuppin que noble Médart Chuppin et Laurence de Louppy (3),ses père et mère... » etc. (Document incomplet ; mêmes archives.)
6. Une ancienne généalogie de la famille de Burtel (4) mentionne que « Marie de Saulcourt, épouse de Claude Desruez (5) » était « fille de noble Jean de Saulcourt,
9 décembre 1627..., avec permission de porter le surnom de Tervenus... », comme « issu de l’ancienna famille de Fran- çois de Tervenus son bisaïel, annobli par le duc Antoine... » Son oncle, François Bouvier, avait déjà été anobli en 1564 Voir Dom Pelletier, p. 82 et 765-767. On trouve également les formes Tardvenu, Tardvenus et Tervenus.
(1) Fils de Médard Chuppin, anobli en 1587. Voyez Dom Pelletier (p. 130), qui, par erreur, répête cet anoblissement au mot Paintre, avec attribution des armoiries de la famille Paton. Voir Journal de la Soc. d'arch. lorr.. 1883, p. 94, et Complément au Nobiliaire, p. 247.
(2) V. la note du n° précédent.
(3) Cette alliance n’est pas indiquée par Dom Pelletier à l’art. CauppiN. Laurence devait descendre de Claude Jacquot dit de Louppy, anobli en 1537 (Dom Pelletier, p. 408.
(4) Appartenant également aux archives de M. du H, ; copie communiquée par M. A. de Pommery; je l’ai cité à plusieurs reprises dans mon étdue sur Pont-Saint- Vincent ; Nancy, 1388, p. 68 et suiv.…. :
(>) C’est le célèbre peintre Claude des Ruets, alias Deruet,
_— 85 — seigneur de Saxon (1) et de Housséville (2),.et de da- moiselle Claude Grauel >». |
7. D'après la généalogie citée dans l'alinéa précédent, Pierre Burtel, conseiller et grand juge de Sa Majesté Catholique en la cité impériale de Besançon, vivant au XVII° siècle, épousa, en premières noces, « Jacqueline Gravel, fille de M. Denis Gravel et de Marguerite Racle de Luxeuil et La Roche (3). »
8. La table de Dufourny mentionne « Jacques Gravel, notaire à Bar, en 1696, t. 2, p. 208. »
etc., déclaré noble en 162: et gentilhomme en 1682. Dom Pelletier (p 722) se trompe en nommant la mère de sa femme « Claude Remelle, nourrice de Madame la duchesse de Lorraine. »
(1) Saxon-Sion, canton de Vézelise.
‘(2) Canton d'Haroué.
(3) Je ne sais si, à la même famille, se rattacherait Robert de Gravelle cité dans la pièce suivante, également tirée des archives de M. du H. (je m'étais demandé s'il ne s'agissait pas d’ua membre de la famille Porrenot de Granvelle, mais Robert ne figure pas dans la généalogie du Dict. de la Ches- vaye-des-Bois):-
Copie, translatée du latin.en françois, du « décret de Cæsar par lequel l'ambassadeur françois plénipotentiaire est obligs _de quitter les Estats de l’Empire pour se retirer en France ».
Suit la copie du sauf-conduit :
_« Nous faisons savoir par ces présentes au seigneur Robert de Gravelle, présentement à Ratisbonne, embassadeur du très Chrestien et sénérissime Roy de France, vers nos Estats impériaux ce qui suit :
« Comme jÏla très auguste majesté de Cæsar a ci-devant observé que ledit seigneur Robert de Gravelle, tout le temps qu’il est demeuré à Ratisbonne, n’a tâché et n’a eu d’autre intention que d’arracher du chef de l'empire et de l’Estat les membres sacrés par frauduleuses suggestions... etc. »
Le sauf-conduit est daté : Vienne, 19 mars 1674.
— 36 —
9. Enfin, et cette mention nous ramène au pays, Dom Pelletier (p. 628), dit que Christophe-Louis Pernot, lieutenant général civil et criminel au bailliage du comté de Vaudémont, anobli en 1725, épousa, en premières noces, « N. Gravel, fille de Pierre Gravel, doyen des avocats du susdit bailliage de Vaudémont »
LÉON GERMAIN.
DEUX-LETTRES INÉDITES DU FRÈRE ESTIENNE JEAN BON D'HAZELOT, CONFESSEUR DE LA PRINCESSE MARGUERITE DE LORRAINE, FEMME DE GASTON D'ORLÉANS, A MONSIEUR DE PERPIGNAN, DOYEN DE ST-GENGOULT A TOUL.
Ayant eu récemment la bonne fortune de trouver uu frag- ment de lettre et une lettre entière relatant la maladie et la mort de la princesse Nicole, femme du duc Charles IV, je m'empresse de les publier.
Je commencerai par la copie du fragment qui est le pre- mier en date :
joe première feuille manque.) .. Ne savez-vous pas en quelle qualité Mad”* La
D inosese Salm a joui de la terre de Bayon et comment la obligé happrès à sortir.
Madame de Loraine est malade Elle a recu auiour- dhuy le St Sacrement de la recommande a vos prieres.
Vous avez a présent la copie de larret donné à Toul en faveur du testament de la femme de St Miel (1) quia desherité son fils hérétique (2).
(1) Saint-Mihiel. (2) Calviniste apparemment.
ne — Jay fait ma commission au R. Père Donat (1) sil retourne à Blois (2) il pensera et se souviendra de ce que je luy ai dit de vostre part, Je me recommande à vos saints sacrifices et suis en vérité | Mons. de Paris, au couvent Vostre très humble et qe ds en febvrier très affectionné serviteur F. ESTiENNE. »
La suscription au verso porte :
+ À Monsieur _ [Monsil ui de Perpignan (3) Doyen
de St Gengoult a Toul
La seconde lettre est beaucoup plus intéressante, d’abord parce qu’elle est complète, et ensuite parce qu’elle contient de nombreux renseignements sur la situation des princes de la maison de Lorraine à cette époque où ils étaient entière- ment à la merci du roi de Frauce.
. de la copie:
Pax esti + à Paris le 10 Mars 57 Mons. Pour repondre aux vostres du 25 du passé, ne veu
(1) Le père Donat, Tiercelin de Nancy, confesseur du duc Charles IV.
(2) Ville de Édiss du duc d'Orléans où il fit ordinai- rement sa résidence après la Fronde.
(3) M. de Perpignan (Didier), vicaire apostolique, chargé par le prince Théodore-Othon de l’administration de la princi- pauté de Salm, succéda en 1633 à son oncle maternel Nico- las Sellier dans ses fonctions de doyen de Saint-Gengoulit ; il les remplissait encore lorsqu'il mourut en 1685, âgé de plus de 80 ans. (Notice de M. l’abbé Bagard, curé de Saint- Gengoult (1859.)
MR laumonier de Mons. de St. Brieux qui vous salue et ma dit que la declaration du Roy est ès mains des commis- saires pour lexaminèr avant lenregister au Parlement de Paris et aussitost que cela sera fait il nous en fera avoir coppie J'y tiendray la main. |
Cette protestation ne me nuirait pas si elle estoit attestée . si cela se peut faire je vous auray un sur- crois dobligation.
Larest de Toul pour la confirmation du Lestament de la temme de St. Miel ne m'est pas encor nécessaire on vera a la suitte du temps si il pouroit servir. Je vous rend grace de vos offres, vostre affaire est asseurée si la declaration du Roy passe en Parlement comme on lespère pour moy jay encor besoin d'autre chose qu; est que lon suive les coutumes de nostre pays. Les occupations de Roüen nempècheront pas quand jy seray que je ne me donne lhonneur de vous mander le train de nostre afläire. |
Je recommande à vos prières Madame de Lorraine.
Monseigneur de Toul a dessein descrire dans levesché pour prier dieu pour le repos de son ame.
Elle est en depost à St. Paul, on a donné deux mille ‘escus pour habiller son monde et fournir aux frais de ses funerailles qui ont esté de 25 Pages avec chacun un flambeau o.: a peine fait de service a St. Paul il ny point daparence qu'on en du faire.
Monseigreur le duc francois (1) et Mons. Mangin (2)
(1) Le duc Nicolas-François, frère et beau-frère du duc Charles IV, commandant des troupes lorraines pendant la
captivité de Charles IV. (2) Le président Mengin, qui alla ea Espagne pour deman- der la liberté de Charles IV. .
— 59 —
sont executeurs de son testament mais largent pour lexecution est aux cofres du Roy, son testament porte le payement de ses debtes que l'on trouve se monter a 1 cent mille livres et au payement de ses officiers, et en quelques œuvres pieuses Hem quando Hac eram ! On attend le retour du courier despagne que lhotel de Loraine y a envoié pour avertir le prisonnier (1) de la mort de Madame (2), on dit que Mons. d'Orléans (3) y en a envoié un second. |
On est icy en peine a qui il donnera la regence (4) on parle de tant de facon que lon apprehende plustost du mal que l’on espere du bien.
Le Roy La Reine son Eminence (5) ont esté faire compliments a Mons. le duc sur la mort de Madame tousiours avec beaucoup de promesses.
La Reine a fait le mesme à la petite princesse (6) qui est tousiours à lhôtel de Lorraine, toute la bonne for-- tune quon fait a nos princes sont cinq cent pistoles par mois, on demande la neutralité de Remirimont (1) pour encore la petite princesse l’obtiendra ton.
(1) Le due Charles IV, prisonnier à: Tolède depuis le 26 février 1654.
(2) Sa femme, la princesse Nicole. |
(3) Gaston d'Orléans, beau-frère du duc Charles IV, ana épousé la princesse Marguerite.
(&) La duchesse Nicole avait de fait la régence, le due Nicolas François n’ayant que le titre de Lieutenant général.
(5) Louis XIV, Anne d'Autriche, Mazarin.
(6) La princesse Anne, qui épousa par la suite le prince de Lillebonne, née à Trèves le 23 août 1639. fille, du duc Charles iV et de Béatrice de Cusance, veuve du prince de Cantecroix.
(7) Cette neutralité avait déjà été Sbtsaue sur les instances de l’abbesse la princesse Catherine en 1638 et en 1639 (D. Calmet. T. IV. P. 238 et 266).
— 40 —
Le bruit court que Mons. le Comte dharcourt ira commander larmée d'Italie c’est pourquoy on lui a per- mis de retourner en cour, les autres disent qu’il ny veut point aller a cause quoy se veut joindre au duc de Modaine on ma dit auiourdhuy que l’on donne deux mil- lions aux Suedois. Mais ce qui est de très véritable est
que je seray loute ma vie. Mons. Madame (1) ma dit de vous
adresser mes lettres.
Vostre tres humble et affectionné serviteur, F. EsTIENNE (2).
Bien que cette lettre ne porte aucune suscription, il est évident qu’elle est adressée comme la première à M. de Per- pignan, puisqu'elle parle encore du testament de la femme de Saint-Mihiel auquel les deux correspondants paraissent attacher un grand intérêt.
L. HEITZ.
NOTICE SUR TIERCELET
Ce village appartint à la maison d’Autel jusqu’au xvin* siècle, puis au baron d’Eltz, seigneur d'Ottange, et aux comtes d'Hunolstein. |
En 1456, Isabelle d’Argiers, veuve de Jean d’Autel, déclare tenir « la forte maison et forteresse de Thiexe- leix (comparer au patois Thichelaye), les hommes,
(1) Madame la duchesse d'Orléans.
._ (2) Estienne Jean Bon d’Hazelot fut chanoine de la collé- giale de St-Georges à Nancy, puis prévôt de la dite collé- giale et prieur de Noeuviller le 2 novembre 1648 ; il mourut le 22 mars 1664. (Archives particulières de M. Heitz.) — (Décret du Duc Charles IV du 2 novembre 1648). :
= pt femmes, seigneurie, rentes et revenus d'icelle,.… [es- quels hommes et femmes elle tient de mormain de poursuite et de formariage. » (Coll. Lorr., n° 616, fol. 151.) Le droit de mormain ne figure plus dans les dénom- bremenis suivants, mais les autres se maintiennent jus- qu'au xvui* siècle. Par exemple, Samson d’Autel écrit en:14561 : « À moi compette et appartient le village dudit Tiercelet, tel qu'il se contient, avec le bois et le finage d’illecy, et dont je suis seul seigneur en toute justice haute moyenne et basse. Auquel finage j'ai un signe patibulaire dressé et érigé pour faire exécuter toutes fois que le cas le requiert. Item j'ai au finage dudit Tiercelet un gagnage enclavé en plusieurs lieux entre les héritages de mes sujets dudit Tiercelet, consistant en héritages à la quantité de 274 jours de terres arables qui sont.. ....., Item, tous sujets manants et habitants au village dudit Tiercelet sont à moi de formariage et ne leur est loisible eux marier hors de madite seigneurie ni semblablement prendre tonsure petit ni grand, sauf mon gré, congé et lhcence. » (C. L., n° 616, fol. 218.) Le château-fort couronnait la colline au-dessus de la fontaine actuelle de Tiercelet ; le gibet était dans l'angle des chemins de Fillière et de Longwy, du côté de la fontaine ; le village s’étendait le long de la route de Longwy sur l'emplacement du Bourenne actuel et descendait jusqu’à la fontaine ; une autre partie des- cendait vers la basse-cour du château, où est actuelle- ment le village de Tiercelet. L'église se trouyait à Bou- renne ;, une chapelle, surtout à l'usage du seigneur, qui était tenu d'en entretenir le chœur, existait dans leTiercelet actuel.
— 49 —
Le curé habitait près de la chapelle, et, pour n'avoir pas à monter la colline de Bourenne pour y baptiser les enfants, il avait fait porter l’eau baptismale dans la cha- pelle et ne baptisait plus que là. Il fut blâmé par les visiteurs de l'évêché de Trèves. (Heydinger. Trèves 1884.)
Tout le village, avec le château, l’église et la chapelle, fut détruit durant la guerre de Trente ans. De 86 chefs de famille, Tiercelet était tombé à 18. (C. L., n° 504.) Le quartier de Bourenne ne se releva pas de ses ruines. Un ermite s'y établit, et, au commencement du xix° siè- cle, Nicolas Chevalier acheta l'emplacement de l’église, la maison et le jardin de l’ermite ; son fils y fit construire la maison que possède actuellement M. Nau.
On bâtit à Tiercelet une nouvelle chapelle surun autre emplacement. Plus tard, on lui ajouta un clocher, assez solidement construit pour que M. l'abbé Carette püût le conserver comme une partie de la belle église gothique qu’il termine maintenant.
Le château ne fut pas reconstruit. Les habitants, qui étaient tenus d'y faire « guet et garde » en temps de guerre et de payer à son occasion cinq francs par an en temps de paix, s'exemptèrent de cette redevance, mais elle leur fut imposée de nouveau en 1771, par Philippe- Charles, comte d’Hunolstein.
Le four banal ne fut pas reconstruit après la guerre de Trente ans; pour s'assurer que cette banalité ne serait pas rétablie, les habitants s’engagèrent en 1717 « à payer aux domaines de madame la Comtesse (Char- lotte d’Autel), annuellement au jour et fête de St-Jean l’Evangéliste, trois sols neuf deniers, monnoie du pays, par chacun habitant ».
To
La banalité du moulin était aussi abolie de fait, mais les habitants négligèrent de la racheter. Elle leur fut donc imposée de nouveau par le baron d’Eltz, seigneur d’Ottange, héritier des comtes d’Autel à Tiercelet. « En 1724, le sieur baron d’Eltz entreprit de nouveau de s’assurer la banalité. Il était homme puissant et en cré- dit ; par ses violences, il se rendit redoutable aux habi- tants. Il employa la prison, les voies de fait et les menaces contre ceux qu'il trouvait contrevenir à ses volontés...'»
Ce moulin, bâti assez loin du village, aux sources de la Moulaine, y est encore tel qu'il fut reconstruit en 1724 par le baron d’Eltz, mais son étang est presque comblé.
L'année suivante (1725), le baron d’Eltz fit venir des arpenteurs et gens de justice d'Etain ; il commanda aux habitants de Tiercelet de présenter les titres qui leur restaient, et leur fit donner les terres correspon- dant à ces titres. Il se fit attribuer le reste, de sorte qu'après avoir accusé une possestion de 260 jours de terre en 1720 dans son dénombrement, il lui en fut attribué plus de onze cents jours en 1725. La pièce ori- ginale du partage, avec les signatures des intéressés, est aux archives de Tiercelet.
Les habitants ne cessèrent de protester contre quel- ques résultats particuliers de cet arpentage ; enfin, une loi de la Révolution leur permit de réclamer contre l’ensemble. La loi du 28 août 1792, art. 7, autorisait les communes à se faire attribuer les biens confisqués de- puis 1669 à titre de déshérence. Mais, Tiercelet fit trop tard sa réclamation. Le comte d'Hunolstein était émi- gré. Il fallut demander à l'administration supérieure du
De département de pouvoir « suivre contre le citoyen pro- cureur général l’action en réintégration » Le directoire reconnut bien fondée la demande des habitants, mais refusa de l'admettre parce qu'une nouvelle loi du 10 juin 1793. section 4, article 12, attribuait les biens des émi- grés à la nation, à l'exclusion des communes: L'affaire en resta là. Tous les biens furent rendus plus tard au comle d’Hunolstein, successeur du baron d’Eltz.
de laisse de côté les nombreux procès engagés au xvi* siècle entre le seigneur et les habitants, ei dont les pièces sont aux archives de Tiercelet:
de termine en donnant l’étymologie du nom bautre- besch, donné sur les cartes à un bois du comte d’'Hu- nolstein. Ce bois n’est appelé dans les plus anciennes pièces que le bois d'Audun, Dans l'acte d'arpentage dressé par ordre du baron d'Eltz (1726), j'ai trouvé pour la première fois le bois d’Audun ou bois de Lauter- buche. En se rappelant que Audun est Ofh pour les Allemands. et en écrivant l’Otherbusch, on aura aussitôt l'étymologie. Ne pourrait-on pas rendre à ce bois son: ancien nom français, au lieu de conserver sur les cartes et dans les actes officiels sa traduction en mauvais patois
allemand ? F. Nau.
CHRONIQUE.
A PROPOS DE LA BARONNIE DE CHATILLON
Dans le dernier ouvrage de MM. Ganier et Frælich:: Le Donon et ses vallées (Nancy, Berger-Levrault, 1894), se trouvent les passages suivants, au sujet de
= fe —
la- baronnie de Châtillon, près de Cirey-sur-Vezouze :
« Le château de Châtillon est un-ancien,fonds dépen- dant des. évêques de Metz. » (P. 106.) « Jusqu'en 1490, le château de Châtillon, par suite de ses reprises, demeura. dans le domaine des seigneurs de Blâämont ; ensuite il passa dans celui de. Salm, enfin dans celui des comtes de Linange. Geux-ci le cédèrent aux évêques de Metz, qui en conservèrent la propriété à partir de cette époque. » (P. 407.)
D'après ces. textps, on pourrait croire que Châtillon est resté, postérieurement au xv° siècle, dans le domaine immédiat des évêques de Metz : ce serait une erreur. Nous savons au contraire qu’au moins à partir de la moitié du xvi* siècle, l’évêque de. Metz, resté . suzerain:de la baronnie, n’y conserva plus de droits de propriété.
Voivi en effet la nomenclature des propriétaires de Châtillon depuis cette époque, telle qu'elle résulte d'actes authentiques-en notre possession.
18 octobre 1567. — Partage d'Afrioan d'Haussonville avec ses cohéritters, des seigneuries de Turquestein et Châtillon divisées en trois:lots : « L'aisné pour les héri- tiers de Balthazard d'Haussonville, une autre pour les sieur et dame dudit Châtillon, et l’autre pour le sieur baron d'Haussonville. ».
16 avril 1641. — Partage général de la terre et sei- gneurie de Châtillon en trois lots égaux. Le premier lot à René du Châtelet; le deuxième indivis entre Mgr François de Lorraine, comte de Vaudémont, et Jean-Philippe de Nettancourt; le troisième à Erard du Châtelet,
6 mai 1611. — Partage du second lot en deux par-
=.40 ties égales, entre le comte de Vaudémont et Jean-Philippe de Nettancourt: (C'est cette part de Nettancourt qui contient le château et forme doréna- vant la baronnie proprement dite.)
17 septembre 1669. - Vente sur saisie et adjudica- tién publique de la baronnie de Châtillon, sur Gabriel de Nettancourt, au profit de Jean Huin, pour la somme de 28,000 fr. barrois.
2 octobre 1669. -—- Vente par Jean Huin, écuyer, ci-devant lieutenant-général au bailliage et chancelier de s’évêché de Meiz, de la baronnie de Châtillon, moyennant 5,000 rixdalers, faisant 35,000 francs bar- rois, à Madame Agathe-Louise, comtesse de Linange et de Réchicourt. | |
7 septembre 1676. — Acquêt de la baronnie de Châ- tillon par noble Nicolas Regnault (1), receveur et gruyer du domaine de Rosières, et demoiselle Marie- Catherine Haxaire (2) son épouse, contre haute et puis- sante dame Agathe-Louise, comtesse de Linange.
Depuis cette époque, la baronnie de Châtillon est restée entre les mains de la famille Regnault. Le duc Léopold a reconnu les Regnault « barons de Châtil- lon. » La dernière descendante des Regnault, baronne de Châtillon, Joséphine-Gabrielle, épouse du baron Antoine-Louis-François de Klopstein, est morte à.
(1) Regaault : d'argent, au chevron d’azur, accompagné de 3 étoiles de gueules posées deux et une, au chef de, même, chargé d’un lion léopardé d’or. « Lettres de no- blesse », ou plutôt de reconnaissance ou ampliation, du 25 avri 1665.
(2) Les lettres de noblesse des Haxaire sont exposées dans les vitrines du Musée lorrain.
AT Châtillon en 1835, laissant la baronnie à ses six enfants, MM. Astolphe, Frédéric et Charles, barons de Klops- tein, Mme la baronne de Metz et Mme la baronne de Ravinel.
Enfin, en 1848, la baronnie fut partagée en trois lots qui appartiennent actuellement, savoir : le premier lot dit de Châtillon aux enfants du baron Louis de Klopstein ; le deuxième lot dit de Pot-de-Vin aux petits-enfants du baron Astolphe de Klopstein, et le troisième lot dit de la Basse-Léonard aux enfants et petits-enfants de la baronne de Metz.
À. »E ROZIÈRES.
FIBULES MÉROVINGIENNES TROUVÉES À BASLIEUX.
On litdans le Bulletin de la Société nationale des anti- quaires de France, séance du 10 février 1892 (p. 82) :
« M. Courajod.., au nom de M. Alex. Bertrand, pré- sente les fac-similés de deux fibules mérovingiennes en or, de très beau style, découvertes à Baslieux (Meurthe- et-Moselle), et acquises récemment par le Musée de Saint-Germain. |
«M. G. Bapst.…. fait remarquer que le décor de ces fibules prend son origine dans les dessins des objets les plus usuels, tels que ceux de la vannerie.
« M. le baron de Baye... remarque que les oiseaux représentés sur les objets mérovingiens paraissent imités de ceux qui décorent certains monuments décou- verts dans la Russie méridionale.
« M. Durrieu.…. ajoute que les manuscrits permettent de ramener ces objets exclusivement à la période méro-
vingienne. ».. Te,
ag —
DON AU MUSÉE LORRAIN
Par M. l'abbé DEMANGE, curé de Blénod: Une croix russe en métal, avec bélière, de 0 m. 085, trouvée dans une sépulture à Selaincourt.
DON A LA BIBLIOTHÈQUE
Par M. V. ne Courcez, membre perpétuel de la Société : Deux eaux-fortes de Rajon, représentant l’une Claude-François Chodron, président de la Chambre des notaires de Paris, né à Toul en 1758 (d'après un portrait peint par Steuben) ; l’autre Louis-dJules Chodron de Courcel, diplomate, mort en 1870, .qui fut secrétaire du prince de Talleyrand, puis secrétaire de légation à Bruxelles et à la Haye.
Errata du numéro de Janvier. — P. 287, ligne 16, au lieu de au sein de la vieillesse, lire : au seuil de la vieillesse. P. 283, ligne 19, au lieu de : doit, lire : dut.
DOCUMENTS SUR L'HISTOIRE DE LORRAINE
XVII VOLUME Catalogue des actes de Matkieu’{l, due de Lorraine
In -8° de 390 pages avecune planche — Chez M. R. Wiener, trésorier de la Société, 53, rue des Dominicains.
Prix : 7 fr. sur papier vergé et 5 fr. sur papier ordinaire. — Par la poste, le port en plus.
———_——— _
Four la commission ee rédaction, le Président : one GUYOT
= eue men en
NANCY. —— IMPRIMERIE G. CRÉPIN-LEBLOND, PASSAGE DU: CASINO.
JOURNAL DE LA SOCIÉTÉ
D'ARCHÉOLOGIE LORRAINE
ET DU
MUSÉE HISTORIQUE LORRAIN.
43: ANNÉE. — 3% NUMÉRO. — MARS 1894.
Procès-verbal de la séance du 9 Février 1894. PRÉSIDENCE DE M. CH. GUYOT, PRÉSIDENT.
Le procès- OP de la dernière séance est lu et adopté.
Communications.
Le président donne connaissance du programme du concours pour le prix Barotte ouvert par la Société historique et archéologique de Langres.
M. Pfister demande l'envoi des publications de la Société à la Bibliothèque de la Sorbonne. Cet envoi est voté.
Le président dépose sur le Bureau le volume des
Mémoires pour 1898. )
= bn
Admission et presentation.
Est admis comme membre titulaire M. Eugène Bécourt, professeur agrégé d'histoire au Lycée de Nancy, rue Stanislas, 39.
Est présenté comme membre titulaire M. l'abbé Ha- mant, professeur à l'Ecole Saint-Sigisbert, à Nancy, par MM. Parisot, l’abbé Jacques et l'abbé E. Martin.
M. l'abbé Olivier adresse ses remerciements à l’occa- sion de son admission en qualité de membre titulaire.
Ouvrages offerts à la Société.
Annuaire de Lorraine; Nancy, Crépin-Leblond, 1894, in-8& de 1240 p.
Un Janséniste à Saint-Mihiel, en 1650. — Le Cha- noine Dayon, de la Congrégation de Notre Sauveur, par M. Dannreuther (Extrait des Annales de l'Est), in-8° de 18 p.
__ Badonviller. — Alelier monétaire des comies el princes de Salm, par Jules Florange (Extrait du Bul- lelin de Numismatique), in-8& de 15 p., pl.
Boulay de la Meurthe, Paris, Ch. Lahure, 1868, in-8° de 394 p. (Don de M. de Courcel).
Boulay de ja Meurthe (Henry-Georges). Paris, Ch. Lahure, 1873, in-8° de 94 p. (Don du même).
Pièces d'archives relatives à l’époque révolutionnaire (Don de M. le Préfet, par l'intermédiaire de M. l’Archi- viste Duvernoy).
Phototypies de la fête du 22 mai 1898, à Saint-Nicolas de Port. (Don de M. Badel.)
Phototypie symbolique : Apothéose de la Religion catholique. (Don de M. de Pommery).
= bl.— Les périodiques des Sociétés avec lesquelles nous sommes en échange de publication.
Comptes du Trésorier.
M. le Trésorier donne lecture des comptes de la Société, pour l'exercice 1893. — Renvoyé à la Commis- sion des finances.
Lectures.
M. H. Lefebvre continue la lecture de son travail intitulé : Le Marquisat de Noviant et ses origines.
M. Ch. Guyot donne lecture du travail de M. Marchal intitulé : La dernière délibération ce la communauté de la Mothe. La Société vote l'impression de ce travail dans ses Mémoires et nomme pour former la Commis- sion de révision MM. L. Germain, de Landrian et de Mont.
RAPPORT SUR LES COMPTES DE L’EXERCICE 1893, PRÉSENTÉ PAR M. H. LEFEBVRE, AU NOM DE LA COMMISSION DES FINANCES.
MESSIEURS,
Dans la séance du 13 fevrier dernier, votre comrmis- sion des finances a procédé à l'examen des comptes de l'exercice écoulé. Je viens, en son nom, vous faire connaître les résultats de cette vérification.
Est-il besoin de vous redire que la façon claire et irréprochable dont la comptabilité est tenue par notre trésorier, rendait notre tâche bien facile ? aussi n’hési- terez-vous pas à vous associer à votre commission, pour témoigner par un vote de remerciements, notre juste reconnaissance à M. R. Wiener,
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Les recettes et dépenses de la Société d'archéologie et du Musée lorrain se soldent, au 23 février 1894, par un excédent de 6,728 fr. Nous ne sommes pas habitués, Messieurs, à d'aussi brillants résultats, ne nous réjouis- sons, toutefois, pas trop vite; notre situation est, en réalité, plus modeste que cela.
L'importance de ce boni est due à une somme de 5,000 fr. que la ville de Nancy nous a généreusement versée, pour contribuer à la restauration du bâtiment cédé par la division militaire. Si l’on fait abstraction de cette recette extraordinaire, le boni se réduit à 1728 fr. à quoi il convicnt cependant d'ajouter les 500 francs reçus de l'Etat en 1892, pour le volume des Documents qui n’a élé imprimé qu'en 1898.
L’excédent des recettes sur les dépenses de l’année est donc effectivement de 2,228 fr. Encore faut-il dire que dans ce chiffre, figurent : 1° une somme de 800 fr. reçue l'an dernier de l'administration des beaux-arts, pour l'aménagement de la nouvelle salle du Musée et, 2° une autre somme d’égale importance, provenant des versements de membres perpétuels. Cette dernière, vous le savez, devra, aux termes de notre réglement, être convertie en rente sur l'Etat.
L’'affectation spéciale de ces deux sommes réduit donc l'excédent disponible à 628 fr.
Les cotisations perçues, au 9 février, s’élevaient à 3,066 fr., au lieu de 8,554 fr., l’an dernier, à la même époque. Ces chiffres sont sensiblement les mêmes.
La comparaison entre les deux listes publiées dans les Mémoires, à un an d'intervalle, donne les résultats suivants, concernant le nombre des membres de la Société,
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En 1893, figuraient 11 membres perpétuels, dont 8 décédés, et 504 membres titulaires, dont 294 reçoi- vent le Journal. En 1894, figurent 15 membres perpé- tuels dont 5 décédés et 507 membres titulaires dont 284 reçoivent le Journal. Pour les 16 membres perpétuels, il aété versé 8,200 fr. qui, placés en rente 30/0, rappor- tent environ 100 fr. Les membres vivants, s'ils payaient la cotisation ordinaire, produiraient 99 fr. Le budget de laSoci été n’est donc pas actuellement en perte ; par suite de l'institution des membres perpétuels.
Vous le voyez d'ailleurs, Messieurs, nous n'arri- vons guère qu'à combler les vides que produisent, dans nos rangs, la mort et les démissions inévitables. C’est là, pour l'avenir de notre Société, une situation toujours précaire, qu'il importe de consolider et d’amé- liorer par nos efforts individuels. C'ést, j'ose le dire, pour tous les Lorrains qui ont le culte des souvenirs, un but éminemment patriotique à atteindre.
Les frais d'impression de vos Mémoires et du Jour- nal, 2,635 fr. 95 c., sont rentrés dans la moyenne nor- male, un peu dépassée l’an dernier. Par contre, la dépense des planches s'est élevée à 418 fr. au lieu de 300 fr., chiffre qu'il faudrait tâcher de ne pas excéder à l'avenir.
Le volume des Documents a coûté 1096 fr. 75 c., qui ont été en grande partie couverts par les 500 fr. de l'Etat, ajoutés aux 388 fr. provenant des souscriptions etventes de volumes. Il y a lieu d’ajouter qu’il reste encore un certain nombre de souscriptions à percevoir.
Une grande prudence nous était imposée à l'égard des acquisitions pour le Musée et la bibliothèque, par la nécessité de faire face aux dépenses, encore incon-
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nues, qui vont nous incomber dans la réfection du nouveau bâtiment ; sans compter les frais d’un nouveau catalogue du Musée, la dernière édition étant complète- ment épuisée. Aussi les acquisitions ne s’élèvent-elles qu’à 168 fr. 65, pour le Musée et à O0 fr. 0 c., pour la bibliothèque ; on ne pouvait être plus sage. Mais, d’un autre côté, la nécessité de loger le concierge en dehors du Palais ducal, pendant la durée des travaux, nous a occasionné une dépense supplémentaire de 240 fr., dépense qui, cela va sans dire, ne se renouvellera pas, le nouveau logement du concierge étant actuellement prêt à être occupé.
287 fr. 39 c. de reliures et 200 fr. pour les gages du commis de la bibliothèque, sont des dépenses néces- saires que nous retrouvons chaque année. Il en est de même des frais de recouvrements, d’assurances, de chauffage et d'éclairage qui ne varient guère. Ceux qui nous incombent dans l’entretien des bâtiments, ne sont élevés qu’au chiffre minime de 57 fr. 50 c.
Les travaux de restauration de la portion du Palais cédée par le génie 1nilitaire, sont aujourd'hui à peu près terminés. Avant peu sans doute, nous serons fixés sur le montant de la dépense totale. L'État et la ville de Nancy en ont, vous le savez, généreusement assumé la plus grosse part ; celle-ci nous est connue, elle s'élève au chiffre de 10,800 fr. se décomposant ainsi : 5,000 fr. versés par la ville, pareille somme promise par l'Etat, au jour du réglement des comptes de l'entrepreneur, et 800 fr. alloués par le ministre des Beaux-Arts ; cette dernière somme spécialement destinée à l'aménagement de la nouvelle salle du Musée.
Cet aperçu rapide suffira, je l'espère, Messieurs,
55 —
pour vous édifier sur votre situation financière et la gestion de vos intérêts, pendant le cours du dernier
exercice. H. LEFEBVRE.
ET
MÉMOIRES
JEAN VIRIOT, D'ÉPINAL, PROFESSEUR A MILAN. 1925 + 1596.
Depuis deux ou trois ans, divers opuscules publiés sur Pierre Woeiriot, graveur célèbre du xvi° siècle, et sur sa famille ont donné lieu à un mouvement de recherches, d'heureuses trouvailles et de brochures (1) qui ont enfin éclairé les points les plus obscurs de la vie d’un artiste dont on ne connaissait guère que les œuvres.
Avec Pierre Wé@iriot, sa famille est sortie en même temps des limbes qui la cachaient, et avec elle aussi j'ai mis en pleine lumière la famille des Briot qui a
(1) Celles qui portent mon nom n’ont été pour moi parti- culièrement que des études, des esquisses, des jalons pour assurer ma marche à travers les obscurités du sujet et celle des chercheurs sérieux que j'ai eu le bonheur de rencontrer sur mes pas. Et ici je ne saurais trop hautement exprimer ma reconnaissance à M. Marchal, de Bourmont, ancien magistrat, qui ma aidé à la reconstitution de l’histoire presque inconnue des Wiriot, des Briot et de leurs familles. Il m'a fourni un nombre considérable de petits faits, de dates, de notes. tirées par lui des archives de la sénéchaussée de Bourmont, si bien que parfois je ne suis que son metteur en œuvre. Je dois beaucoup aussi à M. Léon Germain.
- - 56 — donné des artistes d’une valeur incontestable. J'ai démontré par là que Damblain, village du Bassigny barrois, a produit, dans la seconde moitié du xvr siècle, une tribu d'artistes formés à l’école de Pierre Woeiriot. Ces faits tout nouveaux appartiennent dé- sormais à l’histoire de l’art.
Dans l'intervalle, sur de faux indices, on a voulu rattacher à la famille du graveur, dont le nom patro- nymique est Wiriot, un autre lorrain du même nom et du même siècle, Jean Viriot, d'Epinal. Dom Calmet est le seul écrivain qui, jusqu’à l'heure présente, nous ait fait connaître, mais très insuffisamment, ce personnage. Dans sa Bibliothèque lorraine, p. 1029, il dit simple- ment: « Jean Viriot, natif d'Epinal, professeur de rhétorique à Milan, a fait imprimer Dialoqus tripartilus de stylo seu de variis dicendi generibus (1), Mediolani, ini (sic), 1988, in-12. Nous ne savons qu’une seule particularité de sa vie, c’est qu'il fit par testament une fondation pour de pauvres écoliers de la ville d'Epinal ; mais On en a su si peu profiter, qu'on ignore aujourd’hui la nature et même le lieu de la fondation... Les quatre gouverneurs d'Epinal firent dresser aux dépens de la ville un monument à la mémoire de Jean Viriot dans la paroisse ».
La longue épitaphe de trente-six vers dont on l’a orné et que transcrit D. Calmet est un éloge qui n'est guère plus explicite. Après avoir acquis réputation, honneurs et fortune, il mourut à Milan en 1596, laissant, par legs testamentaire, une somme assez considérable,
(1) Ce titre a été fort dénaturé ; nous le rétablissons pour faire éviter de nouvelles fautes.
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vu l’époque, pour une fondation en faveur de pauvres écoliers de sa ville natale,
des veuves souffreteuses, Des jeunes orphelins et des vierges honteuses (pauvres).
Un extrait de son testament (Archives de la Meurthe, B. 5979) ajoute de plus amples renseignements sur ce legs, mais ne nous apprend rien sur le légataire (1). Il en sera parlé plus loin.
M. A. Jacquot, dansles « Wiriot-Woœæiriot », s’étayant de l’autorité d’un manuscrit auquel il a eu le tort d’ajou- ter foi, a voulu nous apprendre que Jean Viriot serait le frère d’un certain Charles-Joseph Viriot (1507 + 1589), et que celui-ci serait le père de François Il, demeurant à Neuchâteau, chevalier, seigneur de Bazoilles, tous deux ancêtres de l’auteur du manuscrit. On ne réfute pas de pareilles assertions par trop béné- voles, produit d'un rêve de vanité d’un Viriot du siècle dernier.
Ce n’est pas tout. A ces faibles notions, à ces asser- tions mensongères d’un généalogiste en peine de noblesse, aux difficultés jusqu'ici insurmontables du sujet, est venue se joindre une attrayante hypothèse, M. Léon Germain, dont le savoir s'attache à la vérité seule, publiait dans /a Lorraine Artiste (1892, p. 612- 614) un article curieux de M. de Raadt (Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, 1892, p. 218), et appelait l'attention sur une question posée par le savant belge. Devant le portrait d’un inconnu, qui se trouve au Musée royal de Bruxelles sous le numéro 518, M. de
(1) Je ne cite pas Chevrier, Durival et quelques modernes qui répêtent ou résument D. Calmet.
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Raadt se demande si ce ne serait pas le portrait de Jean Viriot, le professeur de Milan. Il y avait dans cette question de quoi émouvoir les Lotharingistes. Les recherches auxquelles je me suis d’abord livré m'ont démontré le zèle et le savoir de M. de Raadt, mais ne m'ont nullement convaincu qu'il était dans la bonne voie.
La notice du catalogue du Musée de Bruxelles, con- sacrée au portrait de l'inconnu, bien plus explicite que celle de M. de Raadt, me parut insuffisante pour juger de l’homme, car il n’y est parlé ni de la stature, ni de l'attitude, ni surtout de l’âge approximatif qu'on peut lui donner. Jde me suis donc fait envoyer de Bruxelles un croquis de cette peinture avec la réponse aux desi- derala que j'exprimais.
Le type de la figure n’a rien d'un Français. La tête forte, la face large et pleine, le cou assez court s'adaptent bien à la corpulence énorme de l'individu. On dirait un épais, un lourd théologien hollandais ou allemand, et la peinture est bien de l’école allemande ; sur le côté d’une pierre cubique qui lui sert de table, on lit CHRISTVS ; la main gauche, très mal faite, se tient à la hauteur de la poitrine et la paume en lair, comme si elle comptait ou pesait des arguments. Un papier, placé sur la table porte la date de 1557, avec deux vers latins dont le sens ne peut pas s’appliquer à un simple professeur de leltres humaines : « Contre les vents rapides et les flots impétueux, pour les adora- teurs du Christ, seul, le Christ est un roc infrangible ». Cela ne pouvait guère se dire que d’un théologien; or Jean Viriot n’a jamais été ainsi qualifié, si ce n’est par ignorance,
60.
Dans un coin du tableau est accroché, à une tenture du fond, un écusson de forme carrée qui est ainsi bla- sonné : d'azur à la fasce d'argent, accompagné de trois demi-bagues d'or, châlonnées d'un diamant, deux en chef, l'autre en pointe. Or, c’est ce blason qui a éveillé l'attention de M. de Raadt et appelle également la nôtre ; car c’est celui de Pierre Wiriot, l’orfèvre anobli, aïeul du célèbre graveur ; toutefois il y a une différence, mais importante, c’est que l’un a des demi-bagues (1) et l’autre des bagues entières, Il y a là certes de quoi ébranler le doute, s’il faut ne pas tenir compte de la différence signalée, car cette rencontre de deux blasons identiques est chose bien rare. C’est ailleurs qu'il faudra chercher (2).
Ma conviction que Jean Viriot n’est en aucune façon le parent de Pierre, le graveur, n’en fut que plus ferme après l'examen de la date 1557 qui dut être pour l'o- riginal du portrait l’époque de son apogée dans l’his- toire de sa vie.
Ce ne serait donc que trente et un ans plus tard que Jean Viriot aurait publié, en 1588, un livre qui devait être le fondement de sa réputation ! Il n’y a pas de vraisemblance.
(1) Il faut entendre que les bagues sont coupées à la partie inférieure, les deux d’en haut par la fasce et celle d'en bas par le bord de l’écusson.
(2) Dans les recherches que j'ai faites à l’occasion de ce portrait, j'ai cru un moment pouvoir y reconnaître un huma- niste des plus distingués de ce siècle, Jean Sturm, né dans le Grand-Duché du Bas-Rhin (1507-1589). Après avoir établi une imprimerie à Louvain et donné à Paris des leçons de littérature et de logique, il dut se retirer à Strasbourg à cause de son penchant pour la réformation et y fonda une Académie, mais Jean Sturm n’a pas de blason.
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Mais, parlons un peu de ce fameux Dialogus tripar- litus de stylo que personne n'a jamais vu et qu'on ne trouve nulle part. d’ai cru être plus heureux en m'adressant à Milan même, à ceux que le fait devait toucher le plus. Or voici la lettre que M. le Préfet de la Bibliothèque nationale de Brera m'a fait l'honneur de m'adresser en réponse aux questions qui m'intéressaient et qui devaient l’intéresser lui même. d'en donne la traduction de l'italien :
Milan, 21 octobre 1892.
Très cher Monsieur,
Le retard que j'ai mis à répondre à votre honorée lettre du 25 septembre a dépendu des recherches de tout genre que j'ai voulu faire pour essayer de vous fournir les notions que vous désiriez sur Jean Viriot. Malheureusement, malgré la diligence que j'y ai mise, elles sont restées infructueuses. Ni notre bibliothèque, ni l’autre bibliothèque de Milan, la célèbre ambroi- sienne, ne possèdent aucun ouvrage, ni manuscrit, ni imprimé de Viriot, pas plus que l’introuvable Dialogus triparlilus de stylo. Dans aucur des divers livres qui illustrent cette période et que j'ai consultés, je. n'ai trouvé de notice sur lui. De plus, aux Archives de Milan, les recherches faites sur mes instances par les employés n’ont donné aucun résultat. Si Viriot est mort à Milan, on pourrait trouver copie de son testament aux archives dites de Panigarola, et même j'y ai fait faire des recherches qui n'ont pu être poussées bien avant, parce que j'ignorais le nom du notaire qui rédigea le testament. Si vous aviez cette indication et si vous vouliez bien ne la faire connaître,
ET AE
= OL
je pourrais avoir l’espérance de réussir au moins en
Votre très dévoué,
Emizio MarTini, Prefetto della Braidense.
Un nouvel échange de lettres se fit entre nous ; il ne s'agissait plus de Viriot; mais du nom du notaire qui avait rédigé le testament, et il m'importait de le con- naître. Or le fragment du testament de J. Viriot parle bien de Julius Aubertin, sôn héritier, notaire public ; mais celui-ci ne pouvait comme héritier rédiger le testa- ment ; il avait un frère Jules-César, également nctaire. Etait-ce celui qui avait teuu la plume ? On n’a pas trouvé le testament dans ses cartons ; il était donc impossible de le déterrer dans les archives de Panigarola sans connaître le nom du notaire rédacteur. Les choses en restèrent là.
Tel était l’état de la question sur la personnalité de Jean Viriot, question très intéressante au fond et qui paraissait insoluble. Aujourd’hui tout va être changé et résolu. Toute obscurité se dissipe, tout cet échafaudage d'hypothèses plus ou moins brillantes, de mensonges intéressés s'écroule devant des documents authentiques, irréfutables que je viens seulement de trouver dans le tome cinquième de l’{nventaire historique des archives anciennes de la ville dE pinal, imprimé en 1890 (1).
(1) Voici pourquoi je l’ai connu si longtemps après sa pu- blication. Souscripteur de ce précieux Inventaire, rédigé par M. Charles Ferry, archiviste d’Epinal, j'avais, je l'avoue, par suite de circonstances particulières, oublié cette publi- cation, lorsqu'on me rappela avec raison à mon engagement
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Ils sont plus qu'abondants pour éclairer la question. Hs s'étendent particulièrement entre les pages 443 et 471 du tome V, et dans d'autres passages faciles à trouver à l’aide des tables des noms propres qui accom- pagnent chaque volume. Ils nous assurent que Jean Viriot n’a aucun rapport avec les Wiriot de Neufchä- teau.
Une des pièces les plus importantes est le testament de Jean dont une copie latine a été envoyée de Milan aux gouverneurs de la ville, qui l'ont fait traduire aussitôt pour en assurer l'exécution. Au bas du texte irançais qui nous sert ici, nous lisons : « Copie trans- latée de latin en français sur son original envoié de Milan aux gouverneurs de la ville d'Epinal, icelle colla- tionnée par les notaires et tabeilions publicques sous- crit et se concordant. » (suivent les signatures). e tes- tament est trop long pour être reproduit ici. Nous n’en extrairons que ce qui est nécessaire pour satisfaire notre curiosité historique.
« Au nom de notre Seigneur... je Jean Viriot d'Epinal, fils de Viriot Grandjean..…. habitant de plusieurs années à Milan et de présent à la porte Ticinienne (1), sain d’esprit et d'entendement... bien que débile de corps, ay déclaré faire ce mien présent testament...
et qu'on m’envoya vers le mois d'août dernier les volumes que je ne possédais pas. Composés chacuu de cinq cents pages et plus, ils ne sont pas de lecture courante, et j'en remis l’examen après les vacances. À mon retour, je me mis à les parcourir, pensant bien que, puisque Viriot était d'Epinal, j'y trouverais ses traces quelque part. J'ai été amplement récompensé.
(1) Ticivienne, duns le texte imprimé, est une faute ; il faut lire Ticinienne, nom de la porte qui conduit sur la route du Tessin (Ticino, en italien).
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« Je donne aux pauvres du lieu de Fontenay... (1) à per- pétuité ung chascun de mes bisns... à Fontenay et finage
d'icelui, l'administration desquels je veux qu'elle soit au maire.
Je lègue à JEANNON Viriot ma niepce, fille de feu ANTOINE, mon frère, telle part et portions qu’à moy testateur appar- tient, même comme héritier de feu CLAUDE mon frère, en la maison de feu mon père... encore toute la dette que j'ai contre Jean Borellier.… laquelle portion de maison et la dette elle pourra retenir pour soi ; je lui lègue aussy 500 fr. pour une fois seulement à payer... des rentes que j’ay sur Ja communauté de ladite ville (Epinal)... laquelle Jeannon je veux aussy être habillée de vestements lugubres de l’ar- gent provenant desdites rentes une fois seulement après mon décès.
Je lègue à MARGUERITE Viriot, pareillement ma niepce, fille de feu Jean Antoine, mon frère, cent francs à paier par iceulx gouverneurs ; item encore cent fr. à chascun des fils et fille de ladicte Marguerite.
Je lègue.. à Gorry Viriot, mon frère, les biens et héri- tages paternels à moy appartenans par tout le duché de Lorraine, excepté la part d'iceulx qui sont légués cy-dessus, auquel je lègue encore décharge de toutes les dettes que j'ay.. contre lui ».
Quant aux autres rentes et revenus de ce qu'on lui doit, il les laisse
« AUX gouverneurs et administrateurs dès maintenant et pour jamais employer par yceulx aux usages que s’ensuivent sçavoir : pour faire enseigner aux lettres des pauvres enffans de la dicte ville d’Espinal, marier pauvres filles et vestir les pauvres, choisissant... au préalable ceulx qui seroint pa- rents à moy, et là où il ne s’en trouveroit aucun d’iceulx
(1) Village à 13 kilomètres de Bruyères.
CO choisissant des fils et filles des plus pauvres de la dicte ville. | « Quant à tous mes autres biens meubles et immeubles, deniers, droicts, actions, debtes, qui seront par moy délaissés à l’heure de mon trespas, j’institue et nomme de ma propre bouche, pour mon héritier universel, mon très aymé et autrefois disciple, Julio Albertini, notaire public et advocat à Milan... auquel je donne charge de faire inhumer mon corps etc., et satisfaire aux légats (legs) par moy faicts cy devant... »
de n'ai pas à parler des legs nombreux faits à la famille Albertini, aux hôpitaux d'Epinal, ctc. Je ne recherche pour le moment que la famille. Pour en compléter le tableau, je transcrirai une lettre des trois Viriot cités plus haut à leur frère à Milan. Elle est trop curieuse, trop intéressante pour n’en donner que l’ana- lyse (p. 457, t. V) ; des documents de cette nature sont bien rares. .
« Nous avons receu vous lettre desquelle somme fort joiieux pour la bonne afectyon que vous avez enver nous et princi- pallement de ce que vous este en melieur sanstés que les aultre foy, la graice à Dieu, a quel nous prion qu'il lui plaice par sa graice de vous gairir bientout, afin de vous voire encor une foy, et pour ce que vous désirez de savoir noustre estait, c’est ausy noustre grand désir de le vous dire, car depuis voustre département d'avec nous, nous avons tous trois profité en bien, graice à Dieu, sy que nous espèrons que vous ceré bien contant de noustre condution.
La femme de noustre frère Anthoine se lasoit (laissa) morir en l’an 67, et il a reprin une jeune fille de la ville, laquelle ce porte for bien et ce faict bien recommander à voustre bonne graice, cy que nous estimon noustre frère Anthoine estre mieu logé (marié) que de premier ; il se tiont à la meson de noustre père et est sien du tout hormis
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voustre pert (part), et avec ce il a du bien pour son magni- ment qui va bien environ deux mil frans : il n’a que deux enfant, une fille de sa première femme, aigée d'environ dix an, et une de l’autre femme aigée environ ung an.
Noustre frère Goiry et sa première femme sont toujours demeuré en bonne santés et on gaigniez du bien, bien que il a trois enfants et toute trois filles, la première aigée de six an, l’autre de quatre an, et l’autre ung an ; il se tient à fabor (faubourg) qu’on dy à la porte de la Fontaine (porte St-Goëry) en une mason qu’il a achetez, et avec ce il a encor pour son magniment environ vingt cinq cens frans(2.500 fr.).
La femme de noustre frère Claudon ce lascit morir en l'an 04, et ledit Claudon voiant qu’il avait perdu son temps avec sa femme et que pour les grande fortune de maladie de sa dite femme avait dépendu (dépensé) la plupart de son bien, il se remesria par noustre consentement à une veuve qui aparavant estoit femme du fils Marise Bresson du Petit Ruameny, laquelle estoit bien estimée, elle avoit biauquo plu de bien que ledit noustre frère et n’avoit point d’enfans. Donc il fut par aous conciliés de ce faire, il se portent for bien et n’on point d’enfans, sinon ung orphelin qu’il nory, pour l’ongneur de Dieu. Il ont acheté une meson à dedsn de la ville qu'on dy à la Haulte Rue et a avec ce encor du bien qui va pour le moins deux mil frans.
Noustre sœur se lasoit morrir en l’an 68 et loisoit deux enfant à son mary, à savoir une fille et un fils aigés de six et de sept ans. Noustre biau frère et remarié à une jeune fille qui ce porte bien et qui tient les enfans de noustre seur bien onneste, à casse qu’il sont prouche voisin de noustre frère Claudon et y tient la main.
Quand à celui de Fonteneu (1) vouste grand mère et
(1) La phrase est un peu obscure. Voici comme je l’inter- prête : « Du côté de notre frère de Fontenay, nous vous dirons que etc. » Il faut lire sans doute noustre grand mère.
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mort et voustie tante Lorence est remarié à ung aultre vilage.
Nous avons demandé à M. le receveur le moien pour nous faire tenir voustre argent que vous avez en Romme, lequelle nous adit qu’il avoit deux cusin, en Romme et qu'il vous recriroit le moien comment vous lui feré recevoir vous rente et que sytout qu'il ara receu de vous et que nous en avons nouvelle, ausy nons fera il rescrire.
Quant à ce que vous dite d'’envoier encor de l'autre “rgent, regardé bien à qui vous le dunné pour nous le faire tenir, car c’est le prinsipale, mais après que nous l’aront receu il vous sera três bien rendu, qui sera la fin, priant Dieu qu’il vous doint l’acomplicement de tout vos bon désir.
Nous femme vous eusien envoier quelque chose, mais puisque vous este délibéré de retorné, nous attendon voustre venus.
Par nous Anthoine, Goury et Claudon Viriot, vous bon frère et amy, D'Espinal à Millan le 25 sept. 1570. »
Le père de tous ces Viriot s'appelle Jean. Or le nom de cette famille le plus anciennement cité dans l’/nven- Laire est précisément celui-là (1), en 1541. Ilne semble jas trop hypothétique de l’en dire le chef. Il ne serait donc pas d'Épinal, et il aurait épousé une femme de Fontenay, village, où se serait établi celui des frères Viriot qui n'est pas nommé et où serait morte leur grand mère. Comme Jean passe ce frère sous silence dans son testament, c’est que celui-ci ne vivait plus
(1) Payé à Jean Gryvel 3 g. pour une journée qu'il ait besongneraretoupper un pertuis auprès de la fontaine Wiriot Jehan de Charmes ad cause que ceulx de la porte de la Fontaine (St-Goëry) venoient en leur maison par derrière. (T. II, p. 269.)
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et ne laissait pas d'enfants ; on aurait en outre l’ex- plication de cette possession d'immeubles de Jean dans ce coin assez éloigné de son lieu d’origine.
La détermination de l’âge du testateur a besoin aussi d'être élucidé. Je ne sais plus quel écrivain a dit le premier « Jean Viriot, professeur à Milan en 1515 ». S'il l'était à cette époque, nous ne pouvons pas lui donner moins de vingt ans ; il serait donc né en 1495, et comme il est mort en 1596, il aurait eu cent un an à cette date. Etait-ce possible ? Jean Viriot ne savait pas lui-même son âge ;, mais il nous l'indique approxima- ivement.
Dans une lettre de lui datée de Milan le 41 mai 1591 (1), il dit à son ami François-Nicolas Hault, son chargé d’af- faires,qui fut aussi gouverneur d'Epinal : «... J'ay bonne volonté de retorner à païs, mais mes affaires et ma débilité m'empeschent ; je suis vieuls et fort débile, et pour ce vous me ferés choses agréable ce (si) vous me escrirés encor en quelle année je suis nés. Car en faisant testament icy on met l’an, mois et jour de la nativité du testateur et ce vous le pourés sçavoir de plusieurs gens d'Espinal ; je me recorde de la peste qui as eslé avant icel de Pan 41 à Espinal, et quand fut _ pendu Nicolas d’Arches et foité Michel Gemels. Vous pouré sçavoir encor quant mori ma mère et combien de temps je pouvoye avoir ». |
La peste qui a précédé celle de 1541 est de 1530, la plus terrible qui se soit jamais abatiu sur Epinal ; elle pouvait se graver en traits profonds dans l'esprit de très jeunes enfants. Depuis le commencement du siècle
(1) T. V, p. 463. Inventaire historique.
— 68 — elle décimait le pays. En 1530, à Epinal, pendant les cinq mois qu'elle a duré, les bourgeois ont abandonné la ville ou sont morts. Il n’y a plus de marché, ni de foire, Epinal n’est plus qu’un désert, un lieu où on n'entend que les plaintes et les gémissements des quelques habitants qui s’y trouvent abandonnés et sans espoir de secours, et qui meurent dans leurs logements ou tombent dans les rues (Tome III, p. 247). (A suivre.) Louis Jouve.
CHRONIQUE.
ALBUM DE DESSINS FAITS POUR LE PRINCE CAMILLE.
Le comte de Marsy nous communique l’article suivant, extrait du catalogue du libraire Mathias et Cie, au mois d'octobre dernier (1).
a Principe de dessin fait pour Monseigneur le prince de Camille, par son très obéissant et très respeclueux serviteur Dorly, son maître à dessiner, Nancy, 1750, in-fol., v., fil. tr. dor. (Aux armes.)
« Recueil de 48 dessins au crayon noir, études de la figure humaine, d'animaux, de paysages, bergères et types dans le goût de Watteau, etc. Ce recueil, ainsi que le titre calligraphié l'indique, a été fait pour le prince Camille de Lorraine ; la reliure porte ses armes sur les plats, avec la croix de Lorraine au dos. »
Le prince dont il s’agit, de la branche de Guise-Elbeuf, était le 3° fils de Charles-Louis I", comte de Marsan, sire de Pons, et d'Elisabeth de Roquelaure. Viton (de
(1) A Paris, 4 bis, rue de Châteaudun : Catal. n° 96, fin octobre 1893 ; n° 566. sous la rubrique « Nancy. (DorLy artiste de) » ; pr. 80 f. S
— 69 — Saint-Allais) le mentionneen cest ermes : Camille-Louis, né le 18 décembre 1725. Il fut appelé le prince Camille, et prenait les titres de prince de Marsan, marquis de Puyguilhe:n, sire de Pons et comte de Pontgibaud, Il fut lieutenant-général des armées du roi. Il ne s’est pas marié (1). »
Il mourut en son hôtel, rue de Varennes, à Paris, le 12 avril 1782. L'acte de son décès a été publié dans le Journal de la Société d'archéologie lorraine (1892, p. 274). L. G.
BIBLIOGRAPHIE
HISTOIRE D’UNE FAMILLE DE LA CHEVALERIE LORRAINE, PAR LE COMTE DE LUDRES (2). — Cette famille, dont M. le comte de Ludres raconte l’histoire, c'est la sienne pro- pre, depuis ses origines jusqu’après la Révolution ; mais l’objet principal de ses études concerne la période qui s'ouvre en 41282, avec l'installation du premier Ludres sur notre sol. Pour les siècles antérieurs, l’au- teur se borne à transcrire le mémoire de dom Remy ” Ceillier sur la branche aînée de la maison de Frolois.
Certes, rien n’est plus intéressant, pour un lecteur lorrain, que l’histoire particulière de ces membres de l'ancienne chevalerie, qui tiennent une si large place dans les annales de notre province : grâce à un con-
cours heureux de circonstances, les archives de Ludres se sont retrouvées intactes au sortir de la Révolution
(1) Hist. généal. des maisons souveraines de l’Europe, t. Il, 3° partie, p. 51.
(2) 2 vol. in-8 de 434-393 p. avec 5 phototypies. — Imp. Vagner, Nancy; Paris, Champion, 1893-94.
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française, de sorte qu'elles constituent une mine pré- cieuse de renseignements qu'il serait difficile de ren- contrer ailleurs. Il ne faudrait pas croire cependant que ces deux volumes contiennent seulement des docu- ments généalogiques : ce sont surtout les notes et un tableau final qui renferment la partie généalogique proprement dite. Mais dans cet ouvrage, il y a plus et mieux.
La vie de chacun des seigneurs de Ludres est reliée à l’histoire contemporaine du duché, dans la mesure nécessaire pour faire comprendre, même à un Français peu au courant de nos chroniques nationales, la suite des événements et leur portée. Sans doute cette manière d'envisager le sujet était assez périlleuse, et l’on pouvait craindre que l’auteur ne se laissât entraîner à une exposition trop complète des faits généraux ; mais la mesure a été bien gardée : c’est une histoire de Lor- raine qui nous est ainsi donnée, par le récit des faits auxquels les Ludres ont participé, de près ou de loin; c'est encore cependant et exclusivement l’histoire de cette maison.
Lorsque nous parlons ici d'histoire; elle n’est point restreinte aux faits de guerre, aux villes prises, aux batailles gagnées ou perdues : sans doute, les guerres ne sont pas oubliées, depuis celle que Ferri II de Ludres, dit le Grand, entreprit contre la cité de Metz, jusqu’à la campagne du duc Antoine contre les Rus- tauds, à laquelle Jean IT et Nicolas de Ludres prirent une part brillante, jusqu’à l'expédition de Corse contre Paoli, où le chevalier Louis-Francçois de Ludres eutun commandement, en 1768. Mais la grande histoire reste une suite d'épisodes, qui concourent seulement à nous
Eh De donner une idée générale de la situation, du genre de vie, des ressources, de l’état, intellectuel et moral, aussi bien que matériel, de la noblesse lorraine pen- dant ce long espace de plus de six cents ans.
Des contrats de mariage, des acquêts et des ventes, des inventaires, des testaments et des partages, M. le comte de Ludres sait extraire un grand nombre de documents précis, qui nous renseignent sur l’économie sociale des siècles écoulés, mieux que ne le feraient de Jongues dissertations ou des raisonnements sans base certaine. A ce point de vue surtout ces deux volumes seront consultés avec fruit, parce qu'ils répondent bien à une foule de questions que nous nous posons souvent et auxquelles la réponse est diflicile : relations des sei- gneurs avec leurs tenanciers, valeur des terres et des parts d’héritages, causes diverses de la transformation de la classe nobiliaire au xv° siècle, puis au xvur, et finalement effets de la Révolution française sur les émigrés de cette terrible période, — tout cela se trouve dans l’histoire de la famille de Ludres, qui pouvait à bon droit être choisie comme le prototype de l’an- cienne chevalerie lorraine.
Cet ouvrage sera aussi recherché par une autre caté- gorie de curieux qui n'ont avec les archéologues et les historiens qu'une relation assez éloignée : les ama- teurs d'inédit y chercheront les lettres de la Palatine à la Belle de Ludres, sauvées de la destruction par un hasard que nous raconte l’auteur. Si cette longue cor- respondance ne nous apprend rien de bien nouveau sur Elisabeth-Charlotte de Bavière, duchesse d'Orléans, en revanche, elle nous révèle sous un jour assez inattendu la chanoïinesse de Poussay : ce n’est plus la séduisante Ludre, trônant à la cour du Grand roi, et excitant le
0.
dépit de Mme de Sévigné üui ne veut de triomphe que pour sa fille ; Isabelle nous apparaît toute dévouée à sa famille, n'ayant d'autre souci que l’avenir de ses neveux et nièces, pour lesquels elle « s’ôte le pain de la bouche », pensant aux jours mauvais dont elle a souffert et qu'elle veut épargner aux siens, créant enfin ce marquisat de Bayon, qui deviendra plus tard marquisat de Frolois, et qui doit assurer « pour jamais » à l’aîné des Ludres une haute situation en Lorraine.
Mais nous en avons dit assez pour montrer combien celle histoire est neuve et quels multiples aperçus elle ouvre sur le passé de notre pays. Si nous ajoutons qu’on y trouve plusieurs planches, reproduisant (1) soit des gravures rares, soit des tableaux, tels qu'un Mignard et un Largillière, ce ne sera pas trop nous avancer de prédire que tout Lorrain, s’il ne peut ranger dans sa bibliothèque le beau travail de M. le comte de Ludres, voudra du moins le lire et saura l’apprécier à sa haute valeur,
(1) Ces phototypies sorteni de la maison Royer et Bergeret, a Nancy.
VERSEMENT DE MEMBRE PERPÉTUEL A versé la somme de 200 fr. dans les conditions indiquées dans la délibération du 8 avril 1891, et est en conséquence devenu membre perpétuel de la Société d'Archéologie lorraine: M. Sidot (Louis), libraire, 8, rue Raugraff, à Nancy.
Pour la commission ds rédaction, le Président: Cu. GUYOT
NANCY.— IMPRIMERIE G. CREÉPIN=LEBLOND, PASSAGE DU CASINO.
JOURNAL
DE LA SOCIÉTÉ
D'ARCHÉOLOGIE LORRAINE
ET DU
MUSÉE HISTORIQUE LORRAIN.
44° ANNÉE. — 4° NUMÉRO. — AVRIL 1894.
Procès-verbal de la séance du 9 Mars 1894. PRÉSIDENCE DE M. CH. GUYOT, PRÉSIDENT.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. | Admissions et présentations.
Est admis comme membre titulaire M. l’abbé Hamand, professeur à l'Ecole Saint-Sigisbert, à Nancy.
Est présenté en la même qualité M. A. Gasquet, rec- teur de l’Académie de Nancy, par MM. Mellier, Favier et Ch. Guyot.
M. E. Bécourt adresse ses remerciements à l’occasion de son admission en qualité de membre titulaire.
Ouvrages offerts à la Société.
François Rosselange, curé de Villers-les-Nancy, par 7
| dE l'abbé Eugène Mangenot ; Nancy, Vagner, 1894, in-8° de 34 p.
Monnaies, médailles et jetons lorrains provenant ce la collection de M. F. de S., par M. Florange ; Paris, 1894, in-8° de 112 p., pl.
Notice sur la vie et les travaux de M. Salmon, par M. Georges Picot ; Paris, Firmin-Didot, 1898, in-4° de 11 p. (Don de M. Salmon-Legagneur).
Les dessins de Jean-et de Joseph Richier de la col- lection Bonnaire, par Léon Germain ; Nancy, Vagner, 1893, in-8° de 16 p.
Note sur Simon Moycet, parl’abbé Chatton et Léon Germain; Nancy, Sidot, 1893, in-8° de 30 p.
Remiremont et le Saint-Mont ont-ils élé un sanc- tuaire consacré au Dieu-Soleil?, par le D' Fournier ; Saint-Dié, Humbert, 1894, in-8° de 49 p.
Pierre Gringoire, par Emile Badel;, Nancy, Voirin, 1892, in-16 de 158 p.
Le Bras d'Or de Saint-Nicolas, par ie même ; Nancy, Crépin-Leblond, 1894, in-8° de 60 p., pl.
Rapports de la Commission impériale archéologique de Saint-Pétersbourg (1882-1888).
Les périodiques des Sociétés avec lesquelles nous sommes en échange de publication.
Commission des Finances.
M. H. Lefebvre donne lecture du rapport présenté au nom de la commission des finances, sur les comptes de M. le Trésorier, pendant l'exercice 1893. — La Société, conformément à ses conclusions, approuve les comptes de l'exercice 1893, et remercie une fois de plus son président et son trésorier du dévouement qu'ils ne cessent d'apporter à la gestion de ses intérêts.
— 15 — Lectures.
M. H. Lefebvre termine la lecture de son travail inti- tulé : Le marquisat de Noviant et ses origines ; la So- ciété vote l'impression de ce travail dans ses Mémoires et nomme pour former la commission de révision MM. Léon Germain, F. des Robert et L. Lallement.
M. Ch. Guyot donne lecture du travail de M. l’abbé Chatton, intitulé : Règlement d'un maître d'Ecole au xvin siécle destiné au Journal. |
M. Ch. Guyot donne lecture du travail de M. L. Jouve intitulé : Jean Viriot, d'Epinal, professeur à Milan, destiné au Journal. |
M. de Souhesmes donne lecture de son travail inti- tulé : Les armes de Wande/aincourt, destiné au Journal.
MÉMOIRES JEAN VIRIOT, D'ÉPINAL, PROFESSEUR A MILAN. 1525, + 1596. (Suite et fin.)
C'est ce tableau épouvantable qu’eut sous les yeux, sans aucun doute, le jeune Viriot qui se rappelle ainsi sa plus lointaine enfance. Admettant, pour ne rien exagé- rer, qu'à l’époque inoubliable de la peste de 1530, il ait eu alors cinq ans, il serait né vers l’an 1525 et serait mort dans sa soixante-et-onzième année ; cela justifierait aisément la phrase « je suis vieuls et fort débile » de sa lettre écrite en 1591. Or en 1557, à la date du por- trait décrit plus haut, il aurait eu trente-deux ans, quand ce portrait indique un homme de quarante-cinq ans au moins. Et cette date présumée de sa naissance vers 1525 concorde fort bien avec celle de ses frères que l’on peut tirer de l’époque approximative de leurs mariages par la naissance de leurs enfants aînés.
— 76 —
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Inutile de pousser plus loin cette esquisse des mem- bres de la famille Viriot. Un simple tableau généalogique avec quelques notes suffira pour satisfaire la curiosité et montrer que cette branche des Viriot ne présente d'importance historique qu'à propos de ce professeur qui est resté presque inconnu durant cent-cinquante ans, depuis D. Calmet jusqu’à nos jours. Du reste elle n’a pas de durée. Jean ne fut pas marié ; Antoine et Goëry ne laissèrent que des filles ; Anne, leur sœur, se maria à un Fuselier; Claudon ne paraît pas avoir eu d'enfants. Ce n’est donc point par eux que le nom s’est perpétué. Les filles et les gendres de ces honorables bourgeois ne furent enrichis ni par l'héritage de leurs pères, ni par les legs de leur oncle Jean, qui connaissait la situa- tion pécuniaire de la famille, on a vu ce qu'ila fait pour elles. On les trouve pourtant unies à des familles assez honorables et relevées pour avoir fourni des gouverneurs, les Saulnier, les Fuzelier. Les legs de Jean les garantirent à peine contre la misère pour ainsi dire. La plus pauvre paraît avoir été Marguerite, fille d'Antoine, veuve à vingt-huit ans avec cinq enfants (1).
Il y a bien d’autres Viriot à Epinal, contemporains de ceux dont nous avons parlé. Ils pourraient former de nouvelles branches, mais rien r’indique leur parenté. Ce n’est pas parmi toute cette foule de Viriot du XVI: siècle, gens de tous métiers, de toutes fonctions, depuis le fossoyeur jusqu’au gouverneur de la ville, que nous trouverons des chevaliers, des seigneurs de Bazoilles, des parents des Viriot de Neufchâteau. Le Charles- Joseph Viriot qui, dans une généalogie de famille dite
(1) 1598. 100 fr. acquittés à Marguerite Viriot, nièce du testateur à cause de sa pauvreté (Inventaire, t. V, p. 472).
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manuscrit Chapelier, nous a fait ces contes à dormir debout, était de Dompaire, et son père et son aïeul étaient de Mazelay. Ce singulier généalogiste, impos- teur par orgueil et par ambition, ne paraît pas moins hardi dans la vie privée. On aura la preuve de sa moralité dans un fait que nous rejetons en note (14).
Si nous avons dégagé la personne de d. Viriot de l'obscurité qui entourait son nom et des fables dont on a été tenté de l’envelopper, il serait difficile d'aller au- delà. En dehors de la qualité de professeur de lettres qu’on lui donne, nous n'avons que bien peu de faits pour juger l’homme. L’/Znventaire seul nous renseigne sur l’état de sa fortune et sur l'emploi qu'il en fit. Il avait des fonds constitués en rentes, à Epinal, à Châtel, à Toul, à Lyon, à Rome, à Milan ; il prêtait aux membres de sa famille, à des amis, à des villes, des sommes plus ou moins fortes, en ayant soin avec raison de prendre des garanties. Il possédait aussi des immeubles, maisons ou terres, dont il tirait bon profit. Est-ce dans ses fonc- tions de professeur, est-ce dans des spéculations bien conduites qu’il acquit une fortune considérable pour le
_ (1) « Requete adressée à l’intendant par Charles-Joseph Viriot, capitaine de grenadiers, chevalier de Saint-Louis, et Jean-Baptiste Perrin, avocat au Parlement, par laquelle ils remontrent : qu’au moment où la disette des grains mena- çait la ville d’Epinal, ils furent priés par les officiers muni- cipaux de procurer 600 reseaux de blé sur les marchés. Ils les achetèrent et ramenèrent lJ’abondance dans la ville et firent baisser concidérablement le prix, et par là, ils subi- rent une grande perte. Le conseil, après de minutieuses recherches, reconnaît que les suppliants n’ont fourni que 300 reseaux après Ja diminution et perdent 3 liv. par resal. Une summe de 900 liv. leur est accordée ». 1785. Inventaire, t III, p. 1101. |
— 79 —
temps ? Nous ne pouvons le dire ; il semble très affairé des dettes qu’on a contractées en puisant dans sa bourse; on ne le voit pas agir en dur créancier, mais il est parfois inquiet.
Il était bon, généreux ; son testament, ses lettres le montrent aimant sa patrie et la famille milanaise des Albertini, dont un des membres fut institué par lui son héritier universel et exécuteur testamentaire. Comme ilne parle jamais de lui, nous pouvons le croire plein de modestie. |
Quelle situation avait-il dans le monde ? Faut-il prendre pour de l’histoire ou pour un éloge mortuaire exagéré par reconnaissance, ces quatre vers de son épitaphe ?
Pour son rare savoir, ses grâces, ses services, Il fut des grands seigneurs caressé, bien venu, En faveur de crédit hautement maintenu,
De richesses comblé, d'honneur, d'état, d'offices.
Son frère, Goëry Viriot, qui était pour la quatrième fois gouverneur d’Epinal en 1597, a pu donner à l’au- teur de l’épitaphe, l’année même où fut agitée l'affaire du testament, des renseignements utiles, ainsi que le marchand drapier François Hault, ami et correspondant de J. Viriot. Il n’est donc pas encore possible d'écrire une biographie satisfaisante de ce notable spinalien qui vécut et mourut à l'étranger sans oublier sa patrie d’o- rigine qu’il venait quelquefois revoir, et véritablement elle serait intéressante et curieuse, y compris l’étrange disparition du legs fait à des familles pauvres d’Epi- nal. Nous en dirons quelques mots et c’est par là que nous terminerons.
— 80 —
Le total de ce legs était de « 5200 écus pistolets, les- quels à.raison de 4 fr. 6 gros l’un, reviennent à la somme de 23,400 francs de capital, et de rente à raison de 7 pour cent par chacun an, à la somme de 1638 fr., letout en monnayes de nos pays ». (/nventaire, t. V, p. 4686.) Or les gouverneurs n’en reçurent jamais le capital, ils n’en touchèrent que les rentes. Voici com- ment:
Le besogneux Charles, duc de Lorraine, demanda aux gouverneurs que cette somme lui fût confiée, et le 21 février 1600 il leur envoya un mandement au sujet des donations de Viriot. Conformément à ce désir, les gouverneurs et les gens du conseil d’Epinal donnèrent, le 22 mai, une procuration aux chargés d’affaires du duc à Milan, pour toucher de Jules Albertini, avocat, héritier universel du testateur, la somme de 2,500 écus pistolets, et le 25 du même mois, Charles III, sans perdre de temps, envoie, contre la cession des deniers légués à la ville, une « assurance, hypothecque et obli- gation » reposant sur les droits du sceau, du poids, du sel et de la rivière de la Moselle (1), « laquelle rente de 1638 fr. dit-il, il sera loisible à nous et à nos succes- seurs et ayant cause... de la rachepter toute et quante fois que bon nous semblera, en rendant et restituant une seule fois ledict capital de 28,400 fr., nonobstant quelconque prescription que par laps de temps 30, 40 ou plus pourrait encourir et dont lesdicts gouverneurs donneront leurs lettres reversables.… »
(1) Inventaire, t. V., p. 466, et Archives de la Meurthe, B 5979. M. Jacquot (Les Wiriot- Wæiriot) a pris un fragment de cette assurance pour le testament même ; de plus, if l'a transcrit d'une façon très inexacte et incorrecte.
gi —
« Assurance, hypothccque et obligation», qu'est-ce que cela est devenu ? L’/nventaire est muet sur ce point. A partir de 1638 on n'y trouve plus les comptes des deniers des donations faites aux pauvres par J. Viriot. Ceux qui précèdent sont incomplets. Les fondations Hurault que j'ai signalées plus haut ont des comptes qui s'étendent jusqu’en 1785. Les ducs de Lorraine ont-ils toujours maintenu leur assurance ? Ont-ils remboursé le capital ? Et cette rente, a-t-elle toujours été employée suivant les intentions du dona- teur ? Ce sont questions auxquelles il nous est impos- sible de répondre en l'absence de tout titre. D'ailleurs nous n'avons pas à les traiter ici. Nous avons dit le plus important sur Jean Viriot, d’Epinal, et montré les sour- ces d'accès facile qui peuvent instruire sur les détails omis.
Pour terminer, disons que, il y a quelques années, la municipalité de la ville d’Epinal, vengeant l'oubli de l’histoire, a donné à une de ses rues la dénomination
de Jean Viriot. Louis Jouve.
RÉGLEMENT, FONCTIONS, CHARGES ET RÉTRIBUTIONS DU MAITRE D'ÉCOLE DE LÉNONCOURT AU XVIII° SIÈCLE.
Dans lequel règlement sont compris les devoirs auxquels leur état de maîtres d'école, de chantres, de sonneurs et sacristains les oblige naturellement et ordinairement soit par statut ou autrement (1).
(1) Nous reproduisons, avec ses incorrections, le texte original qui se trouve aux archives municipales de Lenon- court ; nous avons cru, pourtant, devoir épargner au lecteur les caprices de l’orthographe du scribe.
— 82 —
1° Sera obligé le maître d'école de faire toutes les fonc-
tions, non seulement de maître d'école, mais encore celles de chantre, sacristain et de sonneur. |
20 D’assister Monsieur le curé généralement dans toutes les fonctions pastorales, même de porter et reporter les ornements au synode où il se tiendra.
8 De se faire approuver du Seigneur Evêque sitôt qu'il sera engagé, et de produire la dite approbation à Monsieur le Curé.
4e De tenir l'école depuis la Toussaint jusqu'à la Saint- Georges, depuis les sept heures du matin jusqu’à cinq, à la réserve du jeudi soir, qui sera congé seulement lorsqu'il n°y aura pas de fête pendant la semaine, et de sonner avec une cloche l'avertissement pour entrer à l’école, faire le caté- chisme au second coup des Vépres tous les dimanches ; entendu que ce sera avec la grosse cloche, un trait en volée.
5 Tous les soirs il tiendra l’école pour enseigner l’ortho- graphe, l’arithmétique, et le plain-chant à ceux qui seront en état de recevoir ces sortes de lecons, sauf aux écoliers à fournir l’huile pour ces exercices.
6° De blanchir généralement et tenir toujours bien propres tous les linges de l'Eglise, même des autels collatéraux, de les recoudre, raccommoder, fournir les fils et cordons des surplis ; enfin de raccommoder tous les ornements à lacharge de 1x communauté, tels sont les ornements noirs, les chapes, tuniques, soutanes des enfants, etc., à la réserve seulement des quatre couleurs tant en solennels qu'en fériaux, qui sont à la charge de Madame la Secrête de Remiremont. Bien entendu que les fils, soie et pièces seront fournis par ledit maître d'école.
De préparer tous les jours ce qui est néces*aire pour le service divin, soit pour vivants, soit pour morts, etc., comme d’aller chercher et rapporter les luminaires, l’eau, le vin,etc., de fournir le sel pour l'eau bénite, et toutes les hosties grandes et petites nécessaires pour la paroisse, et d’ailleurs
— 83 —
d’aller chez Monsieur le Curé et prendre son heure pour la messe ès jours ouvriers.
8° De préparer toujours et tout ensemble les trois autels ès temps et fêtes solennelles, ensuite les remettre en ferie, tenant toujours les marchepieds bien propres et cirés, l’eglise balayée chaque samedi sous les bancs très-souvent, mais haut et bas avec les murs deux ou trois fois l’an ; les tabernacles, rétable, image, etc., bien époussetés avec un petit balai de joncs.
9e De tenir toujours propres et recurer souvent les plats- bassins, burettes, chandeliers, lampes, seaux ; et les vitres de l’église seront lavées une fois chaque année vers la Fête- Dieu, si la graisse ou poussière en 2 terni le verre.
10° Allumera et éteindra Îles cierges ès jours fériés et autres à l’absence du chatelain, préparera le feu de l’encen- soir, la bière pour les services, mais tous les jours il allu- mera la lampe au second coup de la messe, pour n’allumer les cierges qu'après le dernier. Les jours de fêtes et diman- ches la lampe s’allumera au 1° coup de la messe et vêpres. Pour ce quiest des jours solennels, la lampe sera allumée tout le jour : à Noël et à Pâques dès le soir; et pendant tout l’octave de la Fête-Dieu nuit et jour puisqu'il y a une fondation à ce sujet d’une pintc d'huile à toucher pour cet effet sur la ferme de ci-devant Mitte, ensuite Houard, et à présent les héritiers du sieur Miquelot.
11° Sonner tous les jours à la pointe du jour, à midi et à soleil couché, les angelus ; mais chantera tous les jours, le soir, les prières ordinaires des temps, avec les enfants au désir de la fondation des seigneurs, mais seul s’il ne s’en trouve pas.
12° La veille des jours solennels, carillonnera à midi et à soleil couché ; les jours solennels, aux angelus du matin, à midi et aux premiers coups des messes et des vêpres : sonnera aussi au printemps pour les gelées, le matin pen- dant le mois de maiet pendant tout l'été aux premières apparences de nuées, et sonner à toutes les processions.
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13° À la mort des adultes et plus avant, on sônnera en mort les coups d'anniversaire de la mort, mais seulement pour enterrements et services, pour le Dies iræœ ou Libera ; si On sonne à d’autres heures à la réquisition des parents des défunts, chaque sonnerie se payera à part, aussi bien que les changements d’autels en noir et les traits qu'on fera sonner soir et matin aux quarantats et anniversaires. Pour les enfants on sonnera une cloche à la mort et l'enterrement seulement : le surplus se paiera.
14° Ledit maître d'école sera obligé de remonter l'horloge exactement et la lenir toujours bien réglée et comme on lui mettra bien en état, il sera obligé à la rendre de même, chargé des entretiens, à l'exception des défauts de vétusté et accidents imprévus et non de sa faute.
15° Sera aussi obligé de tenir fermées les portes du
cimetière, d'empêcher les bêtes d'y paturer et d’y fréquenter, de le toujours tenir propre, sans pierres ou autres immon- dices, et à cet effet l’herbe lui appartiendra. 160 Il sera tenu et obligé d'entretenir la maison d'école de toutes les réparations locatives, les jardins et chene- vières toujours fermés, et les autres héritages, qui sont deux prés en bon état ; mais pendant tout le temps qu'on tiendra les écoles, personne n'y fréquentera, que les écoliers ; c'est pourquoi il fera son ménage dans la chambre sur la rue, pour que les écoliers ne soient pas distraits.
17 Sera aussi tenu dechanter etfaire gratistousles services que la communauté pourrait faire faire, y compris les processions et les trois messes des Rogations, et s’entre- tiendra de soutane et bonnet carré. |
18° Ledit maître d'école jouira de la maison d’école et des héritages en dépendants, qui sont un jardin derrière la maison — d’une chenevière contenant... — d’un pré à Bon- val contenant... — d’un autre pré au paquis contenant...
19 Jouira aussi des franchises de subvention, ponts et chaussées et autres impositions et corvées de communauté
— 85 — pourvu qu’il ne fasse aucun trafic ; excepté les rentes sei- gneuriales, qu’il payera.
20°.1l recevra en outre de la communauté, chacune année, 25 écus à 5 livres l’un, moitié à la St-Martin et l’autre à la St-Georges : de chaque laboureur, deux gerbes da blé ; des manœuvres mettant de petites fermes aux champs, une gerbe aussi de blé, ou d’autres grains où il n’en a pas, de l'espèce seulement qu'il aura semée : comme aussi des déforains laboureurs sur le ban, une gerbe de l’espèce qu'ils moissonneront, suivant l’usage et comme ïils prennent sur notre ban, sauf audit maitre d'école de se les faire donner.
21° Jouira en outre de la fondation faite par les seigneurs au sujet des 50 francs y portés avec ses charges et qui ne regarde pas la communauté pour les lui faire rentrer : les grâces cependant et les privilèges qui lui en résultent, la communauté les soutiendra. |
22° Les rétributions des maitres d'écoles et autres officiers y joints sont ainsi taxées à l'ancienneté. Les écrivains, qu’ils apprennent ou non l'orthographe (car il sera obligé d’en dicter tous les jours), donneront chacun depuis la Toussaint jusqu’à la Saint-Georges, payables moitié à Noël
et l’autre à la fin de l’écolage, 36 sols, ci. . . . 368. Ceux qui n'écriront pas, ès deux termes ci-dessus et chacun unelivre, ei . . . . . . . . . . 208.
Les écoliers du soir l'après souper, qui dureront au moins deux heures, bien ce n’est qu’un supplément et plus grande facilité à ceux du grand nombre d'écoliers qui fourniront la lumière ; pour la sonnerie de la mort, d’enterrement, de la messe, la prose, les obsèques, et préparatifs ordinaires GLS Ge SU DS A En et e 6 COÛ'E:
Pour un service à trois prêtres et sonnerie de la messe, prose, virgiles, obsèques, libera et préparatifs ordinaires, CR né LE er ee cé ct ur Ne 47 45 790 6
Pour un quarantat ou anniversaire d’une messe, prose, obsèques, dix-sept sols, ci. . . . . . . . 178.
— 86 — - Pour mettre le maître-autel en noir, six sols, ci . 64. Chaque trait de sonnerie extraordinaire comme à midi, le soir etle matin tant ès services qu’autres, quatre sols, ci. 48. Pour enterrement d’un enfant, avec les traits de sonnerie d'une cloche à mort et enterrement, avec les préparatifs des défunts, et convoi, sept sols, ci. , . . . "s. Chaque trait extraordinaire d’une cloche, deux sols, ci 2 s. Pour rétribution d'une messe haute commune, cinq sols,
CG + + . Re un 6 Sn Se St US CR Pour un mariage, le Late, 15 s.et la messe de lendemain, cinq sols, ci. . . NU OS He 5 OS:
Pour un baptême, outre les parrains et marraines, il a deux sols, de neufs sols que le père et la mère donneront
“sur la salière — et pour le relevage, un sol de trois.
Pour le service ordinaire des trépassés et bienfaiteurs de la paroisse, avec le trait en mort le soir et le matin, les vôêpres la veille, dix sols, ei . . . . . . . . 10s.
Pour l'extraordinaire, même service avec les virgiles, la fête, et sonnerie, € . . . . . . . . . . 1l5s.
23 Pour remédier à deux inconvénients également préju- diciables l’un au maître d'école, l'autre à la paroisse, il a été décidé : 1° pour ce qui regarde le maître d'école qu’il aura lui seul droit d'enseigner dans la paroisse suivant que les seigneurs Evôêques l’ont. voulu et qu'on sera obligé de lui envoyer les enfants, si ce n'est en cas extraordinaire et avec permission de M. le Curé, — 2° pour ce qui regarde la paroisse, il est très souvent arrivé que les maïtres d'école engagés ou continuant leur premier marché, se sont négligés sous prétexte d’être en bail qu’on ne pouvait casser. sans procès en dommages et intérêts : et.c'est pour obvenir à cet abus qu'il est arrêté et convenu pour tous les maîtres d'école, que s’ils se dérangent par la boisson ou autrement,. que s'ils négligent leurs devoirs après examen bien vérifié. d'inconduite ou de négligence, on pourra ou on sera en droit de les renvoyer, sans dommages aucuns ni intérêts,
LOT =
obligés de se contenter seulement et précisément du rata et proportionnellementaux 25 écus de gages suivant le temps de service qu’il aura ; et le surplus soit en foin, jardinage au autrement, tiendront lieu d'augmentation pour le nouvel entrant, on payant seulement ses cultures et frais desdits héritages, à la décision des maires et gens de justice dudit Lenoncourt.
24° Enfin il est entendu que si le maître d’école n’a pas soin de raccommoder tout ce qui est à ses charges, tant pour les linges qu’autrement, le maire est en vertu des présentes autorisé à les faire raccomoder au premier avis de Monsieur le curé, et ce, aux dépens du maître d'école qui sera obligé de tenir compte et rabattre sur ses gages le prix desdits raccommodages au linges et ornements.
25° Les 24 articles ci-dessus, contenant les devoirs, charges, obligations et rétributions des maîtres d'école de Lenoncourt ont été lus et agréés par la communauté assem- blée à ce sujet et acceptés par Jean Bangard, maître d'école actuel, — à charge qu’il s’oblige de sonner toutes les cloches pour tous les baptêmes pour le pauvre comme pour le riche, et de les sonner aussi toutes à la mort d’un chacun, — en outre sera obligé de mettre la bière avec les chandeliers dans l’endroit destiné, et sera en outre obligé de lever une copie ou expédition au greffe. Fait à Lenoncourt ce 3° de l'an 1771, et le tout avec l'agrément et participation de Monsieur le Curé.
Comme les maîtres d'école jouissaient autrefois d’un petit potager, situé près la maison de cure, il jouira d’un petit terrain, lieu ditau pont Lala, pour lui tenir lieu de potager, sans que la présente condition puisse préjudicier aux droits de la communauté sur ledit terrain placé près de la cure; et, à l'égard du sonnage, le maître d'école sera tenu de se conformer au règlement du diocèse.
(Signatures) Jean BANGARD ; — Jean-Claude HENRY, maire; — Henry Poirer, greffier; — Joseph Conte, sergent, — J. Maruieu; — Joseph Jos ; — Jean Husson.
— 88 — Fait et arrêté ce jourd’hui l4e de janvier 1771, présent le greffier soussigné, et le dit marché ne servira que pour un an seulement.
Henry Poire, Joseph Jos, greffier. syndic.
Dans son Introduction à la Gaule Romaine, M. Fustel de Coulanges écrivait qu’au premier regard jeté sur nos ancienues institutions, on était tenté de les trouver sin- gulières et de les regarder souvent comme le résultat de l’usurpation et de la violence; mais qu’en étudiant les documents de chaque époque, on était amené peu à peu à un autre sentiment, et qu'on était frappé de la manière naturelle suivant laquelle s'étaient formées régulièrement et graduellement ces anciennes institu- tions. En rappelant dans le détail la subordination du maître d'école vis-à-vis du curé avant la Révolution, le documert qu’on vient de lire pourrait suggérer une impression analogue, surtout s’il tombait sous les yeux de ceux qui, admirateurs passionnés de leur siècle, se font facilement les détracteurs de l’ancien régime. Qu'il me soit donc permis de rappeler un fait qui explique l'état de choses ancien, et qui montre qu'il y aurait ingratitude et injustice à ne voir dans la situation d'alors que le résultat d’une ingérence exorbitante du clergé en matière scolaire. Ce fait, qu’attestent d’im- nombrables documents, c'est que la plupart des écoles établies dans nos villes et nos campagnes ont dû leur existence à l'initiative, à la sollicitude et aux libéralités de l'Eglise. Après l’évangélisation du pays, il fut un temps assez long où les prêtres et les moines culti- vaient presque seuls les lettres et les sciences : ce furent
— 89 — eux qui les premiers entreprirent de tirer le peuple de . son ignorance profonde. Les évêques fondèrent près de leurs cathédrales des écoles, où l’on admettait non seu- lement les jeunes gens destinés au sacerdoce, inais encore tous ceux qui voulaient recevoir une éducation libérale (1) ; et les religieux élevèrent près de leurs couvents des établissements semblables d'instruction. On assure qu’au vrr° siècle les cités de Toul, Metz et Verdun possédaient déjà des écoles de ce genre. Peu à peu avec le temps ces pieuses institutions grandirent et se multiplièrent de plus en plus. Les évêques, les conciles firent des recommandations et des ordonnances à ce sujet. Les prêtres soucieux de faire pénétrer une foi éclairée dans l’âme de ceux qui leur étaient confiés, reconnurent donc la nécessité d'initier ces esprits incultes aux lettres et aux sciences humaines ; ils regar- dèrent comme une portion de leur tâche, de procurer à leur troupeau l'instruction au moins élémentaire qui était indispensable pour acquérir une connaissance suf- fisante de la Religion. Ils se dévouèrent, mais il arriva que leurs obligations complexes ne leur laissèrent pas assez de loisir pour remplir les fonctions d’éducateurs ou de maîtres d'école : ils s’en déchargèrent alors sur quelqu'un du peuple qu'ils croyaient capable de les sup- pléer. Ainsi, la raison d’être du maître d'école à l’ori- gine fut de seconder le curé, de lui servir d’adjoint pour ainsi dire, en instruisan: et en moralisant la jeunesse : et ces attributions lui furent conservées jusqu'à la Ré- volution: c'est pourquoi une des conditions de son
(1) Digot, Hist. d'Austrasie, 1, p. 209 ; IN, p. 147.
8
00 — admission dans une paroisse, c'était invariablement qu’il fût de bonnes mœurs et d’une doctrine orthodoxe.
Les évêques de Toul en particulier se montrèrent très zélés pour provoquer des créations d'écoles et pour presser les parents d’y envoyer leurs enfants. Déjà le concile de Savonnières (près de Toul), en 859, réclame la propagation de l'instruction du ‘peuple et parle en faveur de la littérature profane. On lit dans une ordon- nance de Mgr du Saussay, datée du 8 mai 1669: « En chaque paroisse il y aura un maître d'école pour chanter et servir à l'église avec le sieur curé, comme aussi pour enseigner les enfants (1). » Citons encore une ordon- nance de visites pastorales qui vient à la suite d’un mandement de 1695, sous l’épiscopat de Mgr Thiard de Bissy. Elle ést conçue en ces termes : « Ordonnons aux pères et mères, sous peine d’estre privés des sacremens, mesme au temps de Pâques, d'envoyer exactement léurs enfans, garçons ét filles à l’école, de la Toussaint à Pâques au moins, et pendant le reste de l’année le plus exactément possible : et afin qüe personne ne s'excu$e, nous voulons que les pauvres soient enseignés aux dépens de la fabrique, ou sur d’autres fonds s’il se peut, du gratis (2). » Je n’insisterai pas davantage sur les textes de ce genre, qui sont nombreux. D'ailleurs la portion de dîmes qui dans un grand nombre de villages lorrains était affectée à l’entretien des écoles encore à la fin du siècle dernier, rappelle assez leur origine ecclésiastique. J’ajouterai seulement cette conclusion.
Assürément l'Eglise qui fondait des écoles, qui pré-
(1) Cf. Pouillé scolaire de Toul, par M. Maggiclo. (2) Mëm. de l’Acad. de Stan., 1879, p. 239.
= 0Ù =
levait sur ses revenus de quoi les doter et les entre- tenir, qui sollicitait la charité des riches en leur faveur, et qui imposait aux parents, sous peine de refus des sacrements, l'obligation d'y envoyer leurs enfants : l'Eglise avait avant tout en vue le bienfait d'une édu- cation chrétienne pour les jeunes générations. Dès lors le maître d'école étant, de par le but de son institution, l'auxiliaire du curé, comme son suppléant ou son adjoint dans une partie de ses fonctions pastorales, il n'y avait ni empiètement, ni usurpation de la part du pouvoir ecclésiastique qui lui donnait des règlements, surveillait son enseignement, et l’employait hors de l'école d’une façon utile à toute la paroisse. Ses fonctions de sonneur, chantre et sacristain, étaient aussi justifiées que celles de greffier qu'il conserve encore aujourd’hui. D'autre part, les communautés jouissant à cette époque d'une plus grande. liberté, n'étaient gènées par aucune législation scolaire ; et comme elles contribuaient ordi- nairement à la rémunération des maîtres d'école, elles avaient le droit d'inscrire au cahier des charges les conditions qu'elles eniendaient imposer à celui qu’elles engageaient à leur service. La communauté de Lenon- court en traitant avec le sien en 1771, n’a fait qu'user de ce droit lorsqu' elle a rédigé le règlement qu'on a lu plus haut.
On a plaint ces anciens instituteurs, de leur asservis- sement. Nous ne prétendons pas qu'il ne se soit jamais glissé d'abus dans cet état de choses; mais, où est l’ins- titution humaine qui soit à l’abri de ces imperfections ? Leur subordination vis-à-vis du curé n'avait rien d’hu- miliant ni de servile. Ils devaient relever de quelque supérieur. Or quelle raison de croire que l'autorité qui
— 92 — revêtait un habit religieux, était plus tracassière et plus tyranniqueque celle qui se serait exercée avec un cos- tume civil? Au moyen-âge le sort de ceux qui étaient sous la dépendance des seigneurs ecclésiastiques n’était pas plus dur que le sort de ceux qui avaient des maîtres séculiers : le contraire même a été souvent constaté. Un écrivain moderne qui a beaucoup observé, Taine, a cru devoir écrire en particulier des curés de campagne : « Comment ceux-ci vivent-ils avec le paysan ? Un poirt est sûr, c’est que le plus souvent ils ne sont pour lui ni durs ni même indifférents. Séparés par le rang, ils ne le sont pas par la distance : or, le voisinage à lui seul est un lien entre les hommes. J’ai eu beau lire, je n’a point trouvé en eux les tyrans ruraux que dépeignent les déclamateurs de la Révolution » (Taine, Ancien
régime, p. 42). E. CHATTON.
Curé de Velaine sous-Amance. op mm Ÿ
CHRONIQUE.
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GAUCHON RICHERET, DOYEN D'HATTONCHATEL.
de crois avoir suffisamment établi, il y a quelques années (1), que le célèbre retable de l'église d'Hatton- châtel, attribué à l’école des Richier, a été donné par une seule personne : c’est l’ecclésiastique représenté _à genoux, accompagné d'un saint prélat qui lui sert de patron (2), dans le dernier compartiment de cette
(1) Le retable d'Hattonchôtel et Ligier Richier ; Nancy, 1986, in-&, 12 p.
(21 Je auis revenu à l'idée que ce prélat est saint Maur, “patron d'Hattonchâtel.
09e œuvre importante ; j'ai ajouté que l’écusson et les ini- tiales placés au milieu du soubassement du retable se rapportent certainement à ce donateur : la seconde de ces initiales était reconnue pour un R; la première passait pour être un C, mais un estampage plus récent a permis d'y voir incontestablement un G (1).
Dès lors, on fut amené à se ressouvenir du texte de Dumont, disant ceci de l'ecclésiastique agenouillé : «a On... voit aussi un prêtre assez semblable, pour Ia coiffure, au portrait de Wassebourg (2) dans son monu- ment de la Vierge de Verdun (3). C’est, croit-on, celui de Gauchon, alors doyen de Hattonchâtel, aux frais du- quel, d’après la. tradition, Richier aurait travaillé. Le nom de ce personnage sert à interpréter les lettres G. R. que l’on voit au bas du retable, avec le millésime 1523. On l'explique par les mots Gauchon, Richier (4). »
Il y a, dans ce texte, une lacune et une erreur. La lacune consiste dans le défaut d'indication des témoi- gnages sur lesquels on pouvait affirmer que le doyen du chapitre, vers 1523, se nommait Gauchon. L'erreur existe dans la croyance que les initiales pourraient
(1) Communication de M. L. Maxe-Werly, postérieure à 1886 ; cf. Mgr X. Barbier de Montault, Journal d’un voyage archéologique dans le diocèse de Verdun, dans le Journal de la Soc. d’Arch. lorr., 1889, p. 223. — Dauban avait vu juste. |
(2) Richard de Wassebourg, archidiacre de la Rivière, au- teur des Antiquitez : v. Dumont, Hist, de Saint-Mihiel, IV, 427, et Nobil, de Saint-Mihiel, II, 85.
(3) Ce monument, qui n’existe plus, est représenté sur la seconde gravure des Antiquitez.
(4) Dumont, Les ruines de la Meuse, t. I, Hattonchätel, etc., p. 121.
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s'appliquer à deux personnages différents, le donateur et le sculpteur. Ces initiales ne désignent que le nom de baptême et le nom de famille du donateur (1).
Ce personnage a été retrouvé par M. Maxe-Werly, qui m'a fait part de sa découverte (2), ainsi qu’à M. CI. Bonnabelle ; aussi, ce confrère a-t-il pu dire il y a six aus: « En 1530, Gaucher Richeret était doyen en l’église collégiale Saint-Maur d'Hattonchâtel (3). » De plus, M. Maxe-Werly m'a renvoyé aux Antiquitez de la Gaule belgicque de Wassebourg, publiées en 1549, où l’auteur mentionne « maistre Gauchon, doyen de Hattonchastel, homme de saincte vie, qui fut mon pre- cepteur. » (F. ve xxxix, v°.)
Il m'a paru opportun de consigner cette identification intéressante et de reproduire un texte qui confirme, en la développant, l'assertion de Dumont : le donateur du retable d'Hattonchâtel s ’appelait Gauchon ou Gaucher (4)
(1) Comme exemple d’écusson accosté des initiales du per. sonnage auquel il appartient, je citerai celui de « Nicolas Boucher, Docteur en Théologie » (le futur évêque de Verdun), gravé au bas du titre de La conionction des lettres et des armes. 1519. (J. Favier, Trésor du bibliophile lorrain, pl. 85).
(2) V. ce que j'ai dit du retable d’Hattonchâtel, à propos du livre de M. Marcel Lallemend, dans les Annales de l'Est, 1889, p 2717.
(3) Bonnaballe, Courte étude sur Hattonchätel ; Bar-le- Duc, 1887, p. 38 (extrait des Mém. de la Sac. des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc). M. Maxe-Werlvy ne se rap- pelle pas exactement l’origine de ce renseignement.
(4) Dumont pensait que Gauchon était le nom de famille (v. Hist. de Saint-Mihiel, IV, 428); mais, autrefois, le nom de baptême avait plus d'importance que le cognomen peu fixé qui devint plus tard le nom patronymique. Or, Gauchon peut
=: 0 =
Richeret (1). C’est un appoint nouveau à l'étude d’un monument qui, par l'importance du travail et la pré- cision de la date, tient une place considérable parmi les œuvres d'ar: de la Lorraine. Léon GERMAIN.
THÈSES DE DOCTORAT DE M. BEAUMONT.
Le 14 avril 1894, notre confrère M. Beaumont, prin- cipal du collège de Lunéville, a soutenu devant la faculté des lettres de Nancy ses thèses pour le doctorat. Les deux sujets sont intéressants pour l'histoire Îor- . raine : la thèse latine, sur l’abbaye de Luxeuil, bien que la célèbre abbaye fût située dans le comté de
fort bien être le diminutif d’un nom de baptême : « Gaucher est aussi un nom de saint limousin du xni° siècle, en Jatin Valtherus, dit le martyro'oge de Chastelain, ce qui ferait de Gaucher une forme de Gauthier, mais ce doit être un th imprimé pour un ch, et il faut, avec Fôrstemann, considérer Gaucher comme une forme du vieux nom germanique Wal- cher (Wal vaut Gau) qui signifie voyageur auguste. » (Loré- dan Larchey, Dict. des noms, p. 184-185.)
(1) « Michel Richeret, clerc-juré de la Chaulcée » (La Chaussée) est cité dans un acte du roi René en date du 30 avril 1464. relatif à la noblesse de Demenget Desponville. (Dom Pelletier, Nobiliaire, p. 192.)
Lionnois a reproduit l’épitaphe de Jean Richeret, abbé de Saint-Paul de Verdun, mort le 18 août 1471 (Recueil des sépultures anciennes et épitaphe de Saint Paul de Verdun, 17979 ; réimpr. par Cayon, Nancy, 1865, v. p. 4, n° 9) ; Dom Calmet et M. l'abbé N. Robinet (Pouillé de Verdun, |, 256) écrivent, non Richereï, mais Richelet : il ne serait pas impos- sible que ce fussent là deux variantes d’un même nom (dimi- nutifs de Richer), et que le doyen d'Hattonchâtel fût parent de l’abbé prémontré de Verdun : on se fixerait sur ce point si l’on pouvait confronter les armoiries des deux person- pages.
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Bourgogne ; — mais surtout la thèse française, sur le règne de Léopold. M. Beaumont a conquis son grade avec éloges, et le public pourra bientôt apprécier le mérite de ses études sur Léopold, fondées sur un grand nombre de documents inédits. Comme on l’a justement fait remarquer, à cette occasion, la création récente de la chaire d'Histoire de l'Est de la France à notre faculté commence à porter ses fruits, et toute une pleïade d’historiens s'apprêtent à renouveler la science des D. Calmet et des Digot.
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DONS A LA BIBLIOTHÈQUE
Par M. P. PxrRE : Phototypie d'une vue de Saint- Nicolas-de-Port, d'après une aquarelle ayant figuré au Livre d’or offert au Tsar par la Lorraine.
Par M. Lerixeranr, à Saint-Mihiel : Etat des villes et villages employés à l'entretien annuel des chaussées sur les grandes routes de Lorraine et Barrois, suivant les distributions faites en l’année 1754. Premier arrondis- sement de Nancy, sous le s' dJacquin, sous- ingénieur (Ms. in-8° carré, daté de 1755). |
Par M. L. RoëerT, à Pont-à-Mousson : Calque d'un dessin du siècle dernier représentant la fontaine de la grande place de Pont-a-Mousson ; — Photographie de la même fontaine (détruite en 1862).
Po
Erratum. — Dans le n° de janvier, page 15, ligne 7, au lieu de moycelte, lire ; moyette.
———
Pour la commission de rédaction, le Président: Cu. GUYOT
NANCY.— IMPRIMERIE G. CREPIN-LEBLOND, PASSAGE DU CA®INO.
JOURNAL
DE LA SOCIÉTÉ
D'ARCHÉOLOGIE LORRAINE
MUSÉE HISTORIQUE LORRAIN.
44° ANNÉE. — 5 NUMÉRO. — MAI 1894.
Procès-verbal de la séance du 43 Avril 1894. PRÉSIDENCE DE M. CH. GUYOT, PRÉSIDENT.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. | Communications.
Le président donne communication du programme du concours pour le prix Herpin, à décerner en 1896, par l’Académie de Stanislas, et du programme des concours ouverts par la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc.
Admissions et présentations.
Est admis comme membre titulaire M. A. Gasquet,
recteur de l’Académie de Nancy. 9
= O9 = Sont présentés comme membres titulaires M. D. Hun, rédacteur en chef du journal Le Vosgien, 15, rue de l'Hôtel-de-Ville, à Epinal, par MM. Quirtard, Germain et Ch. Guyot; et M. l'abbé Louis Jean, curé de Chäâ- teauvoué (Alsace-Lorraine), par MM. Germain, Guyot et de Souhesmes. M. l'abbé Hamant ce ses émertoments à l’oc- casion de son admission comme membre titulaire.
Nécrologie.
Le président donne avis du décès de M. F. Liénard, secrétaire perpétuel de la Société philomathique de Verdun, et de celui de M. Sérot-Almeras-Latour, con- seiller à la Cour de Nancy, membre titulaire.
Ouvrages offerts à la Société.
3° Calalogque de Monnaies, médail'es el jetons français, par M. J. Florange ; Paris, 1894, in-8° de 28 p.
Conte de Noël, par M. Labourasse ; Bar-le-Duc, _Contant-Laguerre, 1894, in-8° de 98 p. | . Addenda à Manonville el ses seigneurs, par M. H. Le- febvre; s. 1. n. d., in-8° de 6 p.
Généalogie ces Barrois-Manonville, par M. le B* d'Hamonwville ; s. 1. n. d., in-8° de 44 P.
Le mathématicien Albert Girard, par M. H. Dann- reuther ; Bar-le-Duc, Contant-Laguerre, 1894, in-8° de 6 p.
L'église d'Hammeville, par M. Léon Germain ; Nancy, Sidot, 1894, in-8° de 16 p.
Les cloches du collège Gilles-de- Trèves, à Bar-le- Duc, par ie même; Nancy, Sidot, 1894, in-8° de 85 p. ‘Les restes du Téméraire sont-ils à Bruges ou à
—,99 —
Nancy? par M. G. Save; Nancy, Voirin et Kreis, 1894, in-8° de 12 p.
Histoire d'une famille de la chevalerie lorraine, par M. le comte de Ludres; Paris, Champion, 1893-94, 2 vol. in-8° de VIII, XVIII, 334 et 8394 p., pl.
Les périodiques des Sociélés avec lesquelles nous sommes en échange de publication.
Publication d'un volume de Documents.
M. Duvernoy donne lecture, au nom de la commission de rédaction, du rapport concluant à la publication d’un nouveau volume consacré au travail de M. P. Marichal : Catalogue des volumes 1 à 725 de la collection de Lor- raine, conservée à la Bibliothèque nationale, à Paris. La Société charge son président d’en préparer la publi- cation. |
Echanges.
. Le Directeur du Giornale araldico demande l'échange de ses publications avec celles de la Société. Renvoyé au bureau. °
Lectures.
M. Ch. Guyot commence la lecture du travail de M. Watrinet intitulé: Notice sur Morhange.
Il donne lecture du travail de M. l'abbé Demange intitulé : Une curieuse slalue de sainte Anne, et du travail de M. Labourasse, Une ancienne : coutume, le Cogneu, tous deux destinés au Journal.
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MÉMOIRES
UNE CURIOSITÉ HÉRALDIQUE. — LES ARMES DES WANDÉLAINCOURT.
Il n’est pas rare de voir plusieurs familles porter les mêmes armoiries ; malgré les richesses du blason et les combinaisons multiples auxquelles il se prête, les héral-
distes se sont répétés, quelquefois avec intention, sou-
vent par mégarde. Mais trouver, dans la même région, vingt-cinq familles de noms différents portant les mêmes armes, le fait m'a paru digne d’être signalé.
Ces armes si répandues sont très héraldiques et très arlistement composées ; malgré quelques variantes, on peut les blasonner ainsi, d’après Didier Richier: D'azur à la bande componée d'or et de queules de six pièces, à l'aigle au vol abaïissé d'argent brochant sur le tout. Plusieurs armoriaux reproduisent ces armes, avec des modifications plus ou moins importantes : la bande est componée tantôt de cinq pièces (1), tantôt de quatre seulement (2), ailleurs cette bande se transforme en pal (8), et souvent l’aigle est au vol éployé.
J'ai dit dans un RReeCeR travail (4) que ces armoiries
(1) Callot, Le Hérault d'Armes, f> 443 ve; Dom Pelletier, Nobiliaire de Lorraine, p.p. 115, 178, 278, 304, 324, 816 ; Nobiliaire annoté, II, fo 153.
(2) Callot, L. c., fos &49 ro et vo; Nobiliaire annoté, II, fr 114; Lionnois, Principes du Blason, p. 36.
(3) L’Armorisme (Austrasie, année 1858, p. 558).
(&) Notice sur Souhesmes (Mém. de la Soc. d'Arch. lorr., année 188", p. 76).
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avaient appartenu à seize familles différentes ; depuis lors, j'en ai découvert neuf autres qui les ont également portées. Ces vingt-cinq ‘amilles paraissent toutes tenir leurs armes des Wandelaincourt, ancienne maison du Barrois qui a dû s’éteindre vers le milieu du xvit siècle et qui tirait son nom d'un petit fief (1) situé près de Souhesmes. Il m’a semblé intéressant de rechercher comment avait pu s'effectuer cette transmission.
On sait que les articles LXXI de la Coutume de Bar et II de la Coutume de Saint-Mihiel favorisaient les re- prises de noblesse utérine, en permettant à l'enfant, né du mariage d’un père roturier et d’une mère noble, de suivre l’état de sa mère, à condition de renoncer au profit du duc à la totalité des biens de la succession paternelle, à Saint-Mihiel, ou au tiers seulement, à Bar. Dans ce cas, l'enfant prenait le nom, les armes et le degré de noblesse de la mère (2). En fait, cependant, les reprises de nom étaient exceptionnelles.
La Recherche de Didier Richier donne de nombreux exemples de ces reprises. Voici celles qui concernent la maison de Wandelaincourt.
JL. — 1° Ricmer, 2 ToussAIiNT.
1° Bailliage de Saint-Mihiel, fe 65. — Pacquette, fille de Richier de Fromeréville, « sorty et issu de la maison de Vandelaincourt ». |
Bail. de Clermont, f” 22 et 44 ve. — Perette Ri- chier, Didier Richier, Jean et Albin Richier, ces der- niers petits-fils d’un « appelé Richier » réputé .gentil-
(1) Aujourd'hui Vadelaincourt, canton de Souilly (Meuse).
(2) Cf. Ordonnance du 25 mai 1707 et J. Le Paige, Nou- veau commentaire sur la Coutume de Bar :1711), p. 125.
— 102 — homme étant « venuz et extraictz de ..……. l'ancienne maison de Wandelaincourt ». L'Armorisme (1) fait mention de Jean Richier en tranéformant en pal la bande de ses armes, mais Callot n’a pas commis cette erreur (2).
Les Richier ont anobli les Toussaint.
% Bail. de Bar, n° 61 (8). — Jean Toussaint dit Ri- chier, fils d’un roturier et de Collette Richier, dont il porte les armes.
II. — Cuarré.
Bail. de Clermont, fe 6. — Bastien Chappé porte également les armes de Wandelaincourt « sans touteffois « ne mavoir peu donner aultre raison de par qui, ne « don elles leur viennent ».
_1b. f° 48. — Laurent Chappet produit les mêmes armoiries « sans me donner, dit le poursuivant d'armes, « d’où ne par qui il les porte ».
Bail. de Bar, N° 19. — Christophe Chappé figure encore avec les mêmes armes.
Enfin Dom Pelletier (4) dit que Villernet (probable- ment Villemet) Chappé fut anobli le 9 février 1528.
LIL. — 4° LAMBINET, 2 Joacuin, 8 SAILLET, 4° CoURTÔIS, 5 VERRY DE LA PLUME, 6° ESTIENNE DIT DE SAINT-ESTIENNE, 7° Penir-Couin, 8 WAULTRIN, 9 GRANDPIERRE.
4°, 2, 8, Bail. de Clermont, f° 24, — Humbert
(1) Austrasie, année 1858, p. 558.
(2) Hérault d'Armes, f° kk9 vo.
(3) Nous ne connaissons qu'une copie inexacte et sans authenticité de la Recherche de Didier Richier dans le Bail- liags de Bar. À défaut d'une pagination certaine, j'ai préféré renvoyé au numéro d'ordre.
(4) Nobil. de Lorraine, p. 115.
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Saillet descend très indirectement de la maison de Wandelaincourt. Il était fils de Didier Saillet qui avait: suivi la noblesse de sa mère, Didette Joachin, laquelle avait elle-même repris la noblesse de sa mère, Pac- quette Lambinet, fille de Didier Lambinet, « venu de la maison de Wandelaincourt ». Il y a donc ici une triple reprise. Humbert Saillet figure dans l’Armorisme (1) et dans le Hérault d'armes (2).
_ Une autre branche de la famille Saillet avait relevé les armes des Gabbez qui portaient eux-mêmes celles des Simonet comme nous le verrons plus loin. Enfin Dom Pelletier (3) signale l’anoblissement, en 1591, d'une autre famille ou d'une troisième branche de la famille Saillet, qui reçut d’autres armoiries.
* &°, 5°, 6°. — Les Saillet à leur tour firent anoblir les Courtois et les Verry et ils transmirent leurs armes aux Saint-Estienne. Le 26 juin 1651, dean Courtois, fils d’un roturier et de Nicole Saillet, fut autorisé à suivre la noblesse de sa mère et à prendre ses armes (4). Le 2 septembre 1670, Jean le Prieur, Ecuyer, Sieur de Rocquemont, épousa Marie Anne de Saint-Estienne, fille de N. et de Catherine Saillet, dont elle portait les armes (5). Le 21 mars 1731, Antoine et Gérard Verry
_(1) Austrasie, année 1858, p. 535.
(2) Fo 449 vo. |
(3) L. c., p. 728, et E. Michel, Biographie du Parlement de Metz, p. 479.
(&) Tb., p. 178.
(5) Nobil. annoté, III, f° 69 vo. — Le véritable nom de la famille de Saint-Estienne était Estienne (V. Etat civil de Souhesmes, baptômes de 1678, 1679, 1683, 1685, 1687, 1688, 1691, 1692).
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de la Plume obtinrent permission de relever la noblesse, le nom et les armes de Nicole Saillet, leur mère (1). .
7e, 8, }. — Les Lambinet transmirent encore leur noblesse aux Petit-Colin, et par eux aux Waultrin et aux Grandpierre.
Ib. f 29. — Nicolas, Romain et Jean Grandpierre se rattachent aux Wandelaincourt par une descendance encore plus lointaine que les Saillet : il leur faut quatre reprises de noblesse utérine pour remonter jusqu’à eux. Leur père était roturier, leur mère, Barbe Waultrin, était elle-même fille d'un roturier et de Collette Petit- Colin, dont la mère, Marion Lambinet, était fille de Jean Lambinet, « extrait de la maison ancienne de « Wandelaincourt...…. Par la descente de ladicte Marion, « venue de maison noble, tous ses descendants pou- « voient prendre et estre ‘nobles. » Et le poursuivant d'armes ajoute : « Ne m'ont produict aucune armoirie « pour ce qu'ilz prétendent porter ceiles des Lambinete « qui sont les armoiries de Wandelaincourt, portées « par plusieurs particuliers. » Dom Pelletier (2) rap- porte la réhabilitation des Grandpierre, sous la date des 4 et 16 août 1556.
Bail. de Bar, [N° 50. — Didier Richier constate la noblesse de Jean, Bernard, François et Fremy Petit- Colin, qui, comme nous venons de le voir, la tenaient probablement des Lambinet dont ils portaient les armes.
IV. — 1° GaLLAVAULX, 2° GEOFFROY DIT DE SAINT REMY, de JACQUINEZ, 4° GABBEZ, 5° BERTINET, &° Mau- GissoN, ‘1° GiLLET, 8 LE MARESCHAL.
(1) Dom Pelletier, {. c., p. 815. (2) L. c., p. 324.
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A. 1b. f° 89. — Olry et Nicolas Gallavaulx « sortis et yssus de l’ancienne noblesse de Wandelaincourt ». Nicolas est cité dans l’Armorisme (1) et le Hérault d'Armes (2). |
Ib. f 40. — Jean Gallavaulx alias Baudin, beau-père de Jean Bertinet et grand-père de Jean Maugisson dont il sera parlé plus loin. « Il porte pour armoirie ainsy que les ci-devant Gallavaulx. » |
1b. f 44. — Jean alias Chrestophe Gallavaulx porte les armes de Wandelaincourt « pour en estre descendu ».
Ib. 59. — Jean Gallavaulx alias les Enffans « des- cendu de l’ancienne maison de Wandelaincourt, les- quelz sont estez tousiours tenuz et réputez nobles et gentilzhommes ».
Dom Pelletier (3) rapporte qu’un descendant de cette famille. Nicolas Gallavault, fut réhabilité, le 22 jan- vier 4721, comme issu au 5° degré de Jean Gallavault de Jandelaincourt (probablement Wandelaincourt) dont la noblesse avait été reconnue en 1581. E. Michel (4) fait également mention de cette famille.
Les Gallavaulx ont fait anoblir les Geoffroy de Saint- Remy, Jacquinez, Bertinet, Maugisson, Gillet et Le Mareschal.
2 Jb. fe 88 vo. — Nicolas Geoffroy dit de Saint-Remvy, est dit fils de Odin Geoffroy dit Gallavaulx, sans doute du nom de sa mère, dont il avait probablement relevé la noblesse, car Didier Richier ajoute : « Il porte pour armoiries comme elles sont cy dessoubs painctes, que
(1) Austrasie (année 1858), p. 558.
(2) Fe 449.
(3) L. c., p. 273.
(4) Biographie du Parlement de Metz, p. 185.
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sont les armoiries de Wandelaincourt » et nous venons de voir que les Gallavaulx portaient ces armes. L’Ar- morisme (1), ie Hérau!t d' Armes de Callot (2), le Ao- biliaire annoté de D. Pelletier (3), et les Principes dx Blason de Lionnois (4) font mention de Nicolas Geof- froy dit de Saint-Remy, dont parle également M. Dumont dans le Nobiliaire de Saint-Mihiel (5).
1b. f 85. — Jean Jdacquinez, Didier et Claude Jac- quinez sont les arrière-petits-fils d'un roturier qui avait épousé Jacquemette Gallavaulx dont ils ont pris les armes « qui sont les armoiries anciennes de Wan- delaincourt ». — Jean Jacquinez figure dans le Hérault d'Armes de Callot (6).
À leur tour, les Jacquinez ont anobli une branche de la famille des Gabbez.
4o Ib. f 51. — François Gabbez, fils de Didier Gabbez et d’Ysabeau Jacquinez, releva les armes de sa mère « que sont celles que ceulx de Wandelaincourt portent. » Une autre branche de la famille des Gabbez avait relevé les armes des Simonet et portait : D'azur au lion d'or armé el lampassé de gueules dressé contre un estoc d'or (7). En rapportant ces armoiries, le Président Jeantin transforme l’estoc en arbre (8).
0° Jb. fo 38. — Jean Bertinet est fils d’un roturier et de Mariette Gallavaulx « fille de feuz Michel Gallavaulx
(1) Austrasie, année 1858, p. 558. (2) Fo 449.
(3) Il, p. 114.
(4) P. 36.
(5) I, p. 37.
(6) Fe 449.
(7) Bail. de Clermont, fs 38.
(8) Manuel de la Meuse, 1, p. 695.
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noble homme venu et descendu de l’ancienne noblesse de Wandelaincourt ». Lui-même a épousé Bastienne Gallavaulx, fille de Jean Baudin dit Gallavaulx, et Didier Richier ajoute : « Ne ma montré aucune armoirie ». : — Jean Bertinet aurait dû, suivant la Coutume de Bar, prendre les armes de sa mère, c’est-à-dire celles de Wandelaincourt; cependant Dom Pelletier (1) dit, d’après le P. Hugo, que Charles III l’autorisa, le 19 oc- tobre 1583, à suivre la noblesse de sa mère et à porter ses armes: D'argent à l'aigle de sable éployée et’ cou- ronnée d'or. J'ai déjà signalé cette anomalie (2) sans trouver d'explication satisfaisante. M. Dumont signale Jean Bertinet dans dans son Nobiliaire de Saint- Mi- hiel (8) et E. Michel fait aussi mention de cette famille dans la Biographie dy Parlement de Metz (4).
6° 1b. fr 41. — Jean Maugisson est fils d’un roturier et de Barbe Gallavaulx. N figure dans .l'Armorisme (5) et dans le Hérault d’Armes (6).
io 1b. f 42. — Nicolas Gillet, fils d’un roturier et d'Ysabel Gallavaulx. Dom Pelletier (7) rapporte cette reprise, sous la date du 24 juin 1577.
8 1b. f° 48. — Jean et Pierre-François Le Mareschal dit des Gallavaulx, petits-fils d'un roturier et de Jeanne Gallavaulx' dont ils portent les armes « qui sont les armoiries anciennes de Wandelaincourt »:
(1) L. c., p. 51.
(2) Notice sur Souhesmes (Mém. de la Soc. d’Arch. lorr., année 1884, p. 75).
(3) II, p. 425.
(4) P. 26.
5) Austrasie, année 1858, p. 558.
(6) Fo 449 vo,
(7) L. c., p. 304, et Nob. annoté, II, fo 3 ve.
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V. — Janrin.
Bail. de Bar, n 49. — Martin, Jean et Claude Jantin portent de Wandelaincourt, sans autre explication.
VI. — GRanD-dpan.
1b. n° 51. — François et Remy (ou Fremy) Grand- Jean portent les mêmes armes. Le premier figure dans le Hérault d'Armes (1), et le second dans l’Armo- risme (2). Le Nobiliaire anncté de D. Pelletier (3) fait aussi mention de cette famille.
VII. — 1° Gon, 2 BuRLURAUx.
Le Nobiliaire annoté de D. Pelletier (4) signale ces deux familles comme écartelant leurs armes avec celles de Wandelaincourt.
Barbe God, fille d'un roturier et de Barbe de Wande- laincourt qui elle-même était fille de Didier de Wande- laincourt et d'Alix d'Issoncourt, portait Æcartelé au 1 et 4 de Wandelaincourt, au 2 et 3 d'argent à la croix de gueules (qui est d’Issoncourt). — Plus tard, un membre de cette famille se fit réhabiliter, en 1665, et les armes que D. Pelletier lui attribue (5) d’après un nobiliaire manuscrit, paraissent peu exactes.
2 Enfin, les Burluraux, à la suite du mariage de Didier (IT) Burluraux avec Barbe God, écartelèrent leurs armes : De Gueules semé de croisettes besantées au pied fiché d’or, à la tour d'or, d'Issoncourt au 2° quar- tier et de Wandelaincourt au 3°.
(1) fo 443 vo.
(2) Austrasie, année 1858, p. 538. (3) II, fo 153.
(4) I. fo 220.
(5) L. c., p. 310.
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—1440 —
CIIRONIQUE.
2 Es 5]
FONDEURS DE CLOCHES LORRAINS EN ALLEMAGNE.
A l'occasion de mon article bibliographique : Fon- ‘deurs de cloches lorrains en Allemagne, paru en juillet 1893 dans le Journal de la Société d'archéologie lor- raine, M. le D' Wolfram, Directeur des Archives de Metz, a eu l’obligeunce de m'adresser, par l'intermé- diaire de M. Léon Germain, les renseignements com- plémentaires ci-après, dus à M. de Wer Piexe l’auteur ce la notice analysée :
«a BrocarD. — A cette famille appartiennent aussi, « à Walbeck, dans le cercle de Gueldres : « Micolas « Brochard, Michel Brochard Mont. Fecit 1620.» « ainsi que « Brouckar Edmumdus el Ludovicus. », « qui figurent, en 1627, sur une :loche à Vorst, dans « le cercle de Kempen. Sur une deuxième cloche, du « même lieu et de la même année, se trouve, outre. le « nom de fondeur « Claudius Plumre », une estam- « pille avec l'inscription : « Brochard Aumond ».
« Rosier, Jean, se rencontre déjà en 1667, avec « Jean Arnold, à Amstetten, bailliage de Geislingen ; « Il fond aussi, en 1695, la cloche communale .de « Backnang.
« HEMONG, Pierre, se présente seul, en 1647, dans l’église paroissiale de Hüls, cercle de Kempen.
« Dusois, François. refondit en 1643 trois cloches à . « Armwalde, dans la Neumark. L'une d'’elles fut « refondue en 1852 ; les deux autres portent une mar-
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que de fondeur et les initiales ; ”},°
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« Lorrains, sans ‘indications plus précise de leur « pays d’origine, sont aussi les Bernar» dont l'un, por- « tant le prénom Pierre, fondit en 1698, de concert « avec Nicolas Arnold, trois cloches pour l'église « paroissiale de Donauwærth et trois autres à Stædlen, « dans le bailliage d'Ellvangen ; d'autre part on ren « contre Antoine en 1708 à Malmédy.
« Maizarn, (J.) et pe LA Paix (J.) paraissent aussi, «. en 4662, dans l’église succursale à Orlishausen, dans « le duché de Saxe- Weimar.
.€ JULLIEN, Joseph, exerce déjà en 1623 à Drevenack, « cercle de Rees, si toutefois il n'y a pas erreur de « lecture dans l’ouvrage de Clemen.
« Paris, Antoine, figure aussi en 1658 dans l’église « abbatiale de Werden-sur-la-Roër ».
Notre érudit confrère, M. Léon Germain, ayant l’in- tention de publier un travail d'ensemble sur les fon- deurs de cloches lorrains, je me borne aujourd’hui à traduire les renseignements qui précédent en expri- mant à MM. de Wernicke et Wolfram mes remer- ciements pour leur obligeante communication.
L. SCHAUDEL..
LE R. P. PATRICE DE SAINT-DIÉ, CAPUCIN.
Nous avons relevé le titre suivant dans le catalogue de vente d’une bibliothèque :
« La vie du Révérend P. Patrice de Saint-Dié, pré- dicateur capucin, lecteur en théologie (par René Gas- tineau). Blois, Jules Hotot, 1665, pet. in-8 relié en parch. »
— 112 —
UNE EXCURSION A LA MOTHE,
Quel est le Lorrain qui ne connait l'histoire de la Mothe, ce boulevard de notre pays au temps des gran- des guerres du xvu* siècle ? Qui ne sait, au moins sommairement, le terrible épisode de la dernière résis- tance et de la ruine, si simplement et si dignement raconté par du Boys de Riocour ? Et pourtant, combien peu sont allés visiter l'emplacement de la ville ruinée, accomplir un pieux pâlerinage à la montagne qui de- vrait être, pour nous, aussi sacrée que les Thermopyles pour les fils de Léonidas ? Si les visiteurs de la Mothe sont rares, ce n'est pas pourtant que le voyage soit bien difficile : la ligne du chemin de fer de Merrey à Neufchâteau passe tout auprès : que l’on descende à la station de Bourmont ou à celle de Goncourt, une courte promenade de quelques kilomètres conduit à Soulau- court ou à Outremécourt, deux villages situés au pied de la Mothe. |
On ne visite plus la Mothe, parce qu'on est persuadé qu'il n'y a plus rien à y voir. On nous a tant parlé d’une destruction complète, on a si souvent abusé de la formule : « etiam periere ruinæ » que personne ne se soucie plus d'un déplacement qui sérait sans com- pensation aucune. Eh bien, on se trompe : non seule- ment les amateurs de beaux paysages peuvent y appré- cier un horizon magnifique, un ensemble de collines boisées et de plaines riantes qui n’est point sans gran- deur ; mais la Mothe n’a pas été tellement ravagée que l'on ne retrouve rien de ses débris.
« En 1734, — nous dit une relation du siècle der-
— 113 —
nier (1) — on reconnaissait encore toute la ville ; on en suivait toutes les rues bien pavées, on distinguait les bâtiments publics et les maisons des particuliers, -dont plusieurs avaient encore leurs murs, hauts de dix, quinze et vingt pieds, parfaitement bien blanchis. Enfin, les fortifications existaient presque encore en leur “entier, et toutes les conirescarpes conservaient leurs formes, ainsi que les bastions.. ». Depuis, le temps a certainement fait son œuvre : les murs des maisons se sont écroulés tout à fait ; trop souvent les superbes fortifications ont servi de carrières, dans lesquelles ‘les villages voisins sont venus s'approvisionner de pierres de taille ; enfin le plateau, autrefois nu, a été ‘boisé, et une jeune forêt de pins ne permet plus d’em- brasser par une vue d'ensemble les débris de la vieille forteresse. Mais enfin ces débris existent encore, nom- breux, imposants, et méritent qu’on s'intéresse à leur conservation.
Le 8 mai dernier, quelques membres de la Société d'archéologie lorraine, sous la conduite de notre obli- geant confrère M. le comte de Landrian, ont eu le plai- sir de faire à la Mothe une excursion qui, nous l’espé- rons, ne sera point sans profit. Bientôt nos Mémoires vont reproduire un importanc travail de M. Marchal, ancien magistrat à Bourmont, sur la dernière délibé- ration de la communauté de la Mothe, avec une notice sur les familles des principaux signataires de cette délibération. Il était donc intéressant pour nous de revoir les lieux mentionnés dans ce travail ; nous étions
(1) Mentionnée par J. Simonnet, Relation des sièges et du blocus<de ba Mothe, etc. p. 311 (In-8° de 468 p. avec pl. : Chaumont, Cavaniol, 1861).
10
— 114 — de plus attirés par une découverte récente que nous faisait connaître M. le curé d'Outremécourt : en cher- chant de la pierre au flanc de la montagne, on avait mis à jour de longues galeries souterraines contempo- raines du siège, et dont il fallait apprécier la situation ainsi que le mode de construction.
Notre première étape a été pour Outremécourt ; ce petit village a recueilli les épaves de la forteresse ; là notamment le chanoine de Landrian, un aïeul de notre confrère, a édifié, avec les pierres de la collégiale de la Mothe, une église construite sur le modèle de l'édi- fice détruit, dans laquelle furent rapportées bon nombre de dalles funéraires avec d’autres souvenirs de la vieille cité (1). De là, en une demi-heure de montée assez douce, on atteint le plateau par le retranchement du nord, auquel se joignent les bastions de Danemark et de Vaudémont. On peut ensuite parcourir toute la ville, dont les rues sont très apparentes, bordées de chaque côté par une succession d'excavations qui ne sont autres que les caves des anciennes inaisons. On aboutit au sud à la deni-lune ou pointe d'Isches, ainsi nommée du gouverneur Antoine de Choiseul, seigneur d'Isches, qui y fut tué lors du siège de 1634.
C'est près de là, au pied de l’ancien bastion Saint- Nicolas, que se trouvent les excavations dont nous avons parlé: galeries assez basses aujourd’hui, à cause des débris qui les obstruent en partie, mais dans lesquelles on pouvait autrefois circuler debout, avec
(1) Voir à ce sujet la notice intitulée : Outremécourt ou l'héritage de la Mothe, in-8, p. 68 (Langres, 1883), par M. l'abbé Liébaut, curé d'Outremécourt, que nous. dr à remercier de sa cordiale hospitalité. : ‘ ke
— 115 —.
des retraits de loin en loin pour faciliter les rencontres en sens opposés. Elles sont voûtées, et bien que la. maçounerie ne soit point aussi soignée que celle du rempart lui-même, il est hors de doute cependant qu'elles ont été construites par les assiégés et qu'elles servaient à la défense, pour permettre de descendre dans le fossé et de s'opposer aux travaux de l’ennemi. Ces galeries sont donc curieuses au point de vue de la tactique militaire d'alors ; elles doivent être conservées, et leur déblaiement complet serait très désirable. Quant à ce qui subsiste de l’ancien bastion, c’est un mur qui apparaît encore sur plus de trois mètres de haut et vingt de long ; le surplus est engagé dans un amoncellement de terre et de blocailles datant de la destruction de la ville. Ces belles pierres, de grand appareil, étaient menacées d’un enlèvement prochain : grâce à notre intervention, chaudement appuyée par M. le curé de Soulaucourt, la municipalité de cette commune, sur le territoire de laquelle se trouve aujourd’hui la partie nord de l’ancienne ville, s’est empressée de donner des ordres pour qu'il ne soit plus touché désormais à ce dernier vestige des remparts de la Mothe. Nous voulons mieux encore; c’est là qu'il faut graver tout au moins une inscription commémo- rative des héroïques combats de 1634 et 1645; ce devoir piéux, la Société d'Archéologie saura le remplir, et nous sommes certains qu'elle ne rencontrera qu’aide et sympathie pour arriver à ce résultat.
, Quant au surplus de la vieille cité, il sera facile d’en indiquer sur place les rues, les portes, les principaux édifices, par une suite de jalonnements, que la section vosgienue du Club alpin français est prête à entre- prendre. | |
= 416:
Grâce à: ce travail peu coûteux, la visite: du:: plateau de la Mothe deviendra; même sans guide, intéressante et instructive ; nous pourrons espérer que non: seule- ment les Lorrains feront plus nombreux l'ascension de: la montagne, mais aussi que de toutes les villes d’eaux: voisines : Bourbonne, Vittel, Contrexéville;, Martigny, les touristes choisiront la. Mothe pour le but de leurs: excursions préférées. La Mothe étant ainsi mieux connu, la conservation de ses ruines sera désormais assu- rée (4). CH. GUYOT:
ARCHIVES DÉPARTEMENTALES.
Une décision de M. le Garde des sceaux, du 23 avril, transmise par M. le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts, vient d'autoriser le versement, aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, des documents conservés au greffe de la Cour d’appel de. Nancy et provenant des anciennes justices des duchés de Lorraine, à l'exception toutefois des arrêts de la Cour . souveraine, dont la Cour d'appel conserve le dépôt.
Nous nous félicitons de cette mesure, qui malgré la restriction qu’elle comporte donne satisfaction au. vœu depuis longtemps exprimé par tous ceux qui s'occupent de l’histoire lorraine. Il reste à souhaiter que le trans- fert ainsi autorisé puisse être bientôt réalisé : mais il
(1) En rendant compte de cette excursion à la Mothe dans le Bulletin de la Section Vosgienne du Club aipin français (p. 41-45, 1894), notre confrère M. A. de Metz-Noblat indique avec beaucoup de précision les itinéraires que doivent suivre: les excursionnistes pour gagner la Mothe, depuis Nancy, Epinal, Mirecourt, etc. Cette intéressante notice est suivie d'une bibliographie très complète, à laquelle nous ne pou- vons que renvoyer le lecteur.
ne sera possible que lorsque les travaux importants entrepris dans les bâtiments : de la Monnaie seront achevés, et eet achèvement pourra bien encore tarder jusqu’à l’année prochaine.
ADDITIONS AU CATALOGUE DES ACTES DE MATHIEU II.
Dans le Jahrbuch der Gesellschaft für lothringische: Geschichte und Alterthumskunde (Jahrgang V, 1,1893), M. le D° Wolfram, directeur des Archives départemen- tales à Metz, après avoir apprécié notre dernier volume de Documents et'exprimé le désir de voir notre Société continuer de semblables publications pour toute la série des ducs de Lorraine, mentionne deux actes de Mathieu II, non relevés par M. de Morière, et qu’il a trouvés à Metz, dans le fonds confié à sa garde; nous allons les reproduire en traduisant le texte allemand du Jahrbuch (p. T) :
Le duc Mathieu donne à Walther, abbé de Saint- Pierremont, le fief de Wiecourt, qu'Egidius dé Cumis avait possédé jusqu'alors. Témoins : Dominus Drogo: de Nancei, Theodoricus clericus de Walscherange, Arnulphus fraler ejus, Gerardus de Prenei, Hugo sca- binus Metensis, Hugo capellanus ducis.
Sans date. — B. 3:52, cop. ch. xvin siècle.
Le duc Mathieu IT et Catherine son épouse aban- donnentaux moines de Sierck la maison que ces moines habitent et les affranchissent d'un cens qu'ils devaient pour une vigne. Îls abandonnent pareillement aux moines le Cunisberg, pour le défricher et le mettre en culture.
1238, fôte de Saint Jean-Baptiste. — H. 3568, cop. ch. xvin* siècle.
— 118 —
BIBLIOGRAPHIE
MANUEL DE DIPLOMATIQUE, PAR A. GIRY.
Pendant longtemps nous n'avons eu sur la diploma- tique et la paléographie que des ouvrages vieillis, peu maniables et très coûteux. Enfin, en 1890, M. Pron publiait un Manuel de paléographie, un peu sommaire et superficiel peut-être, mais le très bienvenu tout de même (1). Voici maintenant que nous arrive le Manuel dé diplomalique de M. Giry (2), qu'attendaient avec impatience tous les médiévistes. Nous allons donner un abrégé de la table des matières : mieux que toutes les phrases, il fera comprendre l'importance dy travail de M. Giry. | |
. Livre I: Préliminaires de la diplomatique (objet et histoire). — Livre IT: Chronologie technique (dates d'années, commencements de l’année, dates de mois et de jour ; en appendice à ce livre se trouvent une table chronologique, une série de calendriers, un glossaire des dates, et une table alphabétique des principaux saints). — Livre II: Eléments critiques de la teneur. des chartes (titres et qualités des personnes, noms de. lieu, langue des documents diplomatique). — Livre IV:
(1) M. Pron donnera soit en 1895, soit en 1396, une troi- siôème édition entièrement refondue, et très augmentée, de son manuel.
(2) A. Giry, professeur à l'École des Chartes, directeur adjoint à l'Ecole pratique des Hautes-Etudes. — Manuel de diplomatique. Un fort vol. in-8° de XVI-948 pages. Paris, Hachette, 1894 (20 francs).
— 119 —
Parties constitutives des chartes (caractères extérieurs des chartes, division des documents diplomatiques : protocole et texte). — Livre V: Les chancelleries (chancellerie pontificale, chancellerie des souverains de la France, chancelleries étrangères, chartes ecclésias- tiques, chartes seigneuriales). — Livre VI: Les actes privés (les notaires publics, les juridictions, les princi- pales espèces d’actes privés). — Livre VIT: Les docu- ments faux (actes subreptices, actes récrits, actes faux). — Un index bibliographique et une table alphabétique détaillée terminent le volume.
Cet ouvrage fait le plus grand honneur à la science française et à M. Giry. Nous n’attendions pas moins du savant professeur qui enseigne la diplomatique avec tant de clarté et de méthode aux élèves de l'Ecole des Chartes et de l’Ecole pratique des Hautes-Etudes. Nul doute que ce livre ne reçoive de tous ceux qui étudient l’histoire du Moyen-Age l'accueil qu'il mérite. Mais c’est surtout aux travailleurs de la province qu'il rendra de grands services. Îls pourront faire ou compléter, à l'aide du manuel de M. Giry, leur instruction en ma- tière de diplomatique; au cours de leurs recherches ils y trouveront des renseignements utiles. Bref, ce livre
sera pour eux à la fois un éducateur et un guide. R. PARISOT.
A
SOUSCRIPTIONS AU TOME XVIII DES DOCUMENTS SUR L'HISTOIRE DE LORRAINE (AU 26 mar 1894).
Volumes à sept francs : Bibliothèque publique de Nancy. — M. Deprez, Paris. — D° Wolfram, Metz (2 ex.). — M. L. Wiener, Nancy. — M. l'abbé Frizon. Verdun. — M. L. Quintard, Nancy. — M. A. Jacob, Bar-le-Duc. — M. J. Marchal, Bourmont. — M. H.
— 190 —
Lefebvre, Nancy. — M. L. Germain, Nancy.— M. Bon- valot, Paris. — M. l'abbé Pierfitte, Portieux. — M. de Ravinel, Lunéville. — M. l'abbé Chapelier, Lamarche. — M. P. de Mont, Nancy. — M. Langlard, Nancy. — M. O. Cuvier, Nancy. — M. de Dumast, Nancy. — M. F. Seillière, Paris. — M. de Lambertye, Cons-la- Granville (2 ex.). — M. L. Laprevote, Nancy. — M. R. Baudouin, Toulouse. — M. A. Bourgeois, Epinal. (Total 25 exemplaires). |
Volumes à cinq francs : M. Favier, Nancy. — M. Deprez, Paris. — M. Bonnabelle, Bar-le-Duc. — M. Maxe-Verly, Paris. — M. Larguillon, Nancy. — M. Pfister, Nancy. — M. Ch. de Ravinel, Villé. — M. Ch. Guyot, Nancy. — M. Heitz, Vézelise. — M. l'abbé Jacques, Nancy. — M. F. des Robert, Nancy. — M. E. Duvernoy, Nancy. — M. l'abbé Vanat, Luné- ville. — M. Konarski, Bar-le-Duc. — M. l'abbé Beugnet, Nancy. — M. V. Riston, Malzéviile. — M. de Mitry, Paris. — M. Florange, Paris. — M. l'abbé Paulus, Puzieux. — M. de Riocour, Aulnoy-sur-Seille. — M. de Haldat, Nancy. — M. l'abbé Demange, Blénod- les-Toul. — M. A. Denis, Toul. —‘M. Durand. Amiens. —.M. A. de Barthélemy, Paris. — M. l’abbé Chatton, Velaine-sous-Amance. — M. l'abbé Didrit, Nancy. — Bibliothèque municipale de Bar-le-Duc. — M. L. Schaudel, Grand'Combe de Morteau. (Total 30 exem- plaires).
DON AU MUSÉE LORRAIN
Par M. NovianT, ancien négociant : Clé d’un coffre du xvu* siècle.
Pour. la commission de rédaction, le Président: Cu. GUYOT
NANCY.— IMPRIMERIE G. CRÉPIN-LEBLOND, PASSAGE DU CABINO.
JOURNAL
DE LA SOCIÉTÉ
D'ARCHÉOLOGIE LORRAINE
ET DU
MUSÉE HISTORIQUE LORRAIN.
44e ANNÉE. — 6 NUMÉRO. — JUIN 1894.
Procès-verbal de la séance du 11 Mai 1894. PRÉSIDENCE DE M. CH. GUYOT, PRÉSIDENT.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. Communications.
Le Président donne communication du programme du Congrès archéologique de France, dont la 61° session se tiendra à Saintes et La Rochelle, au mois de mai 1894.
La Société archéologique de Sens célèbrera ses Noces d'or, les 19, 20 et 21 juin prochain; elle invite les membres de la Société à prendre part à ces fêtes.
La Fédération archéologique et historique de Belgique
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tiendra son 9° congrè:, à Mons, du 5 au 8 août prochain; elle envoie le programme de cette réunion.
L'Académie de Stanislas invite les membres de la Société à sa séance publique annuelle qui aura lieu le 47 de ce mois. |
M. l’abbé Doyotte, curé-doyen de Haroué, commu- nique la pétition qu’il adresse à l’autorité municipale de Haroué pour obtenir que l’on donne aux rues de cette localité les noms des personnages célèbres qui y sont nés. |
Le Président informe la Société que, le Comité du Musée, sur la proposition de M. de Souhesmes, l'a chargé de demander à l’autorité municipale de veiller à la conservation de la Croix-Gagnée. — Il rend compte d’une excursion faite récemment par quelques membres de la Société à la Mothe, et des démarches qu'il va faire pour obtenir la conservation du bastion Saint- Nicolas et la pose d’une inscription commémorative. — Il entretient la Société de l’ouverture de la souscription au 18° volume des Documents.
Admissions et présentations.
Sont admis comme membres titulaires : M. Hun, rédacteur en chef du Vosgien à Epinal, et M. l'abbé Louis Jean, curé de Châteauvoué.
Sont présentés comme membres titulaires : M. Pierrel, professeur au collège de Lunéville, par MM. Denis, L. Germain et Beaumont ; le comte Antoine de Mahuet, rue Gambetta, à Nancy, par MM. de Souhesmes, Germain et Guyot; le comte de Lamirault, ancien conservateur des forêts, à Lay-Saint-Christophe, par MM. le comte de Landrian, de Mont et Bernard de Jandin.
— 123 — M. Gasquet adresse ses remerciements à l’occasion de son admission en qualité de membre titulaire.
Necrologie.
1l est donné avis du décès de M. Collin, membre titulaire. Ouvrages offerts à la Société.
Les Roches, l'Abbaye, le Sépulcre de Saint-Mihiel, sonnets par M. L. Laurens; Nancy, Vagner, 1894, in-8 de 22 p., À pl. |
Extrait du « Gesellschaft für lothringische Geschichle und Altertumskunde »> rendant compte de diverses publications de la Société, par M. le D' Wolfram, de Metz, s. 1. n. d., grand in-8° de 9 p.
Notice sur la « Celléide » de H. Joly, par A. Colli- gaon ; Nancy, Berger-Levrault, s. d., in-8& de 14 p.
Partage du comté de Salm en 1598, par le baron F. Seillière ; Saint-Dié, 1894, in-8° de 72 p.
The chronology of the cathedral churches of France, par Barr-Ferree ; New-York, 1894.
Les périodiques des Sociétés avec lesquelles nous sommes en échange de publication.
Lectures.
M. Ch. Guyot commence la lecture du travail de M. Watrinet intitulé: Notice sur Morhange. La Société vote l'impression de la première partie de ce travail dans ses Mémoires et nomme pour former la com- mission de révision MM. Germain, Lefebvre, Guyot.
Il donne lecture des travaux de Mgr Barbier de Montault: Une boîte à agnus du X VIF siècle, et de
doi Le
M. Schaudel: Bibliographie ; Decempagi-Tarquimpol, destinés au Journal.
MÉMOIRES
UNE CURIEUSE STATUE DE SAINTE ANNE.
M. Clairier est bien connu à Toul par son goût pour les antiquités. Sa maison est devenue un véritable petit musée, où, au milieu d'objets de toutes sortes, ont pris place quelques raretés, dignes d'attirer l'attention des archéologues.
Cet amateur possède en particulier une collection de plaques de foyer, l’une des plus importantes de ce genre qui existent en Lorraine. On y remarque une série de sujetsreligieux de l'Ancien et du Nouveau Tes- tament représentant : La tentation d’Adam et d'Eve, — Le jugement de Salomon, — Les noces de Cana, — Le baptême de Jésus-Christ, — La Samaritaine, — La crucifixion ; les taques armoriées des évêques de Toul Bégon et Drouas, et du comte de Carlinford, semblable à celle du Musée lorrain, qui a été publiée par la Société d'archéologie lorraine (1), etc...
La petite cour intérieure de la maison est ornée elle- même de statue et de débris de sculptures de prove- nances diverses. On y voit un Saint Mansuy, fort joli, quoique disproporäonné ; l'enfant du gouverneur avec la boule traditionnelle est représenté à sa gauche, tandis qu’un moine, à genoux, à sa droite, semble indi-
(1) Léon Germain, Plaque de foyer aux armes de Fran- çois Taafe, comte de Carlinford, extr. du Journal de la Soc. d’'archéol. lorr., 1882, p. 179.
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quer que la statue était primitivement destinée à un couvent. La plupart des statues recueillies par M. Clai- rier sont intéressantes ; quelques unes fourniraient des modèles à peu près irréprochables à nos statuaires, si ignorants des traditions et du symbolisme chrétien. Qu'on me permette de signaler encore un petit groupe mutilé, qui représente les apôtres autour du rocher de l’Ascension, et un magnifique monument gallo-romain, en parfait état de conservation (1).
Je laisse de côté les mille bibelots qui décorent lin- térieur des appartements de M. Clairier, pour arriver de suite à une très curieuge statue de sainte Anne, que l'infatigable chercheur a trouvée récemment, au fau- bourg Saint-Evre, près de Toul.
[a statue, en pierre, est peinte et mesure environ 1 m. 02 de hauteur. Sainte Anne estreprésentée debout, Ses traits ne trahissent pas un âge fort avancé ; sa guimpe et le voile qui recouvre sa tête, laissent à découvert un large front, mais cachent presque entiè- rement les cheveux, qui ne s’aperçoivent que vers les tempes. La sainte est vêtue d’une robe avec ceinture et d'un manteau assez court, qu’une cordelière retient sur la poitrine. Elle a un livre fermé dans sa main droite et, sur son bras gauche, elle porte la Sainte-Vierge, allaitant l’enfant Jésus. Marie est vêtue comme sa mère, mais son manteau est plus ample ; son visage, non em- prisonné dans une guimpe, est encadré par ses che- veux et le voile. On voit sur sa tête les traces d’une Couronne qui a été brisée. La Sainte-Vierge présente
(1) Il a été publié par M. G. Save dans la Lorraine-Artiste, 1893, p. 180 ; Mais, nous sommes tenus à des réserves sur l'interprétation qu’en donne l’auteur.
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le sein à son divin Enfant, assis sur ses genoux. Tel est, dans son ensemble, le curieux groupe, que j'ai pu examiner à loisir, chez M. Clairier. Je n'ai rien à dire de sa sculpture qui n’est pas mauvaise.
Cette découverte m’a paru d'autant plus intéressante qu’il y a trois ans. M. Charles Vincens, directeur de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille, en faisant connaître un monument analogue, trouvé à Pennes, en Provence, affirmait « que cette figuration de sainte Anne et ce la Vierge Marie était un docu-- ment nouveau el unique dans l'histoire de l'art chré- tien (1) ».
La statue de Toul est absolument identique à celle de Pennes ; la position de sainte Anne qui est debout, ne constitue pas de différence sensible et le livre ‘un des attributs de sainte Anne, complète très heureusement le symbolisme de la statue. Elle est aussi de la même époque, c’est-à-dire du xv° siècle, peut-être un peu plus récente, comme l’indiquent les caractères du style.
Du reste, cette naïve représentation de sainte Anne, pour marquer sa dignité de Mère de la Mère de Dieu, ne semble avoir eu de vogue qu’au xv° siècle et surtout au xvi* siècle (2). d’ai signalé déjà, dans mon travail
(1) De l’iconographie de sainte Anne et de la Vierge Marie à propos d'une statue du x\° siècle, par M. Charles Vincens, directeur de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille, membre correspondant de la Société des Etudes historiques de Paris, de la Société Philotechnique, etc... Paris, 1892.
(2) Parmi les plus anciens monuments iconographiques du culte de sainte Anne en Lorraine, rappelons la Taque des quatre saintes (Musée historique lorrain), publiée par
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sur les vitraux de l'église de Blènod-lês-Toul (1893), une scène analogue ; or, ces vitraux sont du commen- cement du xvi° siècle.
On en peut dire autant de la figuration de la Vierge allaitant l'Enfant Jésus, qui est beaucoup moins rare. Le musée de la cathédrale de Toul en possède un charmant spécimen peint sur bois. Pendant que la Vierge, assise, présente le sein à son divin Enfant, quatre anges, en aubes et dalmatiques, chantent les gloires du futur Rédempteur du monde. Une main indiscrèête a barbouillé, il est vrai, le sein de Marie, mais le tableau a néanmoins conservé toûte sa frai- cheur. C’est une exquise miniature, s’il est permis de donner ce nom à un panneau de plus d'un mètre carré, |
Je n’ai rien à ajouter à la savante étude de M. Vin- cens sur l'{conographie de Sainte Anne et de la Vierge Marie. Je ne fais que corroborer ses conclusions, en signalant la statue de la collection Clairiér.
Abbé M. DEMANGE.
UNE LETTRE DU CHANOINE DORVISY DE VERDUN SUR LE BATARD DE VAUDÉMONT.
Nicolas Dorvisy mourut le 16 janvier 1765, laissant, d'après Dom Cajot, des notes critiques sur le chapitre de la Madeleine dont il était membre. Il était amateur
M. Léon Ger.:.ain dans la Lorraine-Artiste, 1892, p. 291, et la tombe d'Isabelle de la Réauté, publiée par M. L, Maxe- Werly dans le Bull. archéol. du Comité des trav. hist., 1892. (Cf. Journal de la Soc. d’Archéol. lorr., 1898, p. 141).
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de livres, car on connait son ex libris avec ses armoi- ries et sa devise : Ambulemus in lumine Domini. Le bâtard de Vaudémont doit être un frère consan- guin du duc René IT (4) et il se distingua pour faire rentrer la Lorraine sous le sceptre de ce prince. Dom Calmet en parle souvent (2). En 1476, il est à l’escala- de du château de Vaudémont, à la prise de Bayon. Au premier siège de Nancy, ses troupes campaient près de la Commanderie de Saint-Jean. Il conduit à la repri- se d'Epinal près de cent cavaliers et René II au moment de partir pour chercher du secours près des Suisses, le charge de défendre Gondreville avec trois cents hommes. Il ne resta pas inactif, car sa garnison fit pendant la nuit une pointe sur Laxou, massacrant tous les Bourguignons qu'elle rencontrait ; mais ceux logés près l’église en sonnèrent les cloches, ce qui fit mettre sur pied toute l’armée qui croyait avoir le duc René à _ses trousses, La troupe lorraine gagna alors les bois avec un bon butin, poursuivie quelque temps par les ennemis munis de fallots. À la bataille de Nancy, le bâtard était à l’avant-garde, sous les ordres d'Oswald de Thierstein. Après le siège de Nancy, onn’entend plus parler du bâtard de Vaudémont qui se retira à Verdun (1) Jean était fils bâtard d'Antoine de Lorraine, comte de Vaudémont ; par conséquent, il était oncle du duc René II. Sur ce personnage, v. Léon Germain, Les seigneurs de Beaumesnil de la maison de Lorraine, (1458-1604) ; Bernay, 1884, p. 24-28. Depuis, il a été question de lui dans La guerre de Sedan, par Henri Lepage (Mém. de la Soc. d’arch. lorr., 1884). Sur ce dernier évènement, cf. P. Marichal, Le traité conclu en 1497 entre René II, duc de Lorraine et Robert II de la Murckh, seigneur de Sedan (mêmes Mém., 1892). — (N. D. L. R.). ‘ (2) Hist. de Lorr., 1® édit ,t. II, col., 1030, 1036, 1097, 1048, 1050 etc.
« ©
_ 4929 —
comme nous l’apprend la lettre suivante adressée à
Dom Calmet (1). A. BENOIT
A +. À copier. 27 avril 1749 (2).
Mon Révérend Père,
Je souhaiterais pouvoir vous témoigner les remerciements que méritent les savants ouvrages que vous donnez au public depuis si longtemps, mais pour ne pas abuser des moments que vous employez si utilement, trouvez bon que je vous présente ici quelques notes que j'espère devoir vous faire plaisir au sujet du Bastard de Vaudémont à l'occasion duquel vous marquez dans le premier tome de votre his- toire de Lorraine que vous faites réimprimer qu'il est sou- vent parlé de lui dans l’histoire ; mais qu'on n'y voit pas son nom, et qu’il était encore vivant le 26 février 1508.
Jean, Bastard de Vaudémont, a résidé à Verdun pendant plusieurs xnnées et la tradition de notre chapitre veut qu'il demeurait dans une maison du cloitre fort proche de l'église de la Madelaine. Le 22 juin 1488, Nicolas Bourailles, curé de Récicourt fut reçu et installé Doyen de l'Eglise Collé- gialle de Sainte Madelaine en vertu de lettres apostoliques et sur la recommandation de Monsieur Jehan Bastard de Vaudémont.
L'an 1491, l'Evêque de Verdun, Varin de Dommartin, obtint du même chapitre la première prébende qui vaquerait en faveur de Ferri fils naturel dudit Jean, Bastard de Vau- demont. Il ne fut cependant jamais reçu chanoine de la collégiale ; mais cela prouve l'estime que l’Evêque faisait dudit batard de Vaudémont et la considération qu'avait pour lui le chapitre qui a des lettres de Rome qui l’exemptait de recevoir aucun fils illégitime.
(1) Manuscrit de la Bibliothèque de Nancy, n° 150, Lettres à Dom Calmet, n° 100, 2 feuillets, in-4° original. (2) Ecriture de Dom Calmet.
== 190 =
Enfin le dit bâtard de Vaudémont fut enterré le 2 octobre 1509 en l’église de la Madelaine devant l’autel qui est à gaucha en entrant au chœur. Sur ea fosse, il a une épita- phe de cuivre large de trois pieds 8 pouces sur plus de 8 pieds de longueur. Il est représenté avec une cuirasse sur laquelle ses armes sont gravées scavoir : parti, 1 et #4 de Lorraine pur, et 2 et 3, fascé d'argent et de sinople, (suppo- sé que le graveur ait marqué juste) (1).
Au bas de la tombe est gravé un casque entouré de plu- sieurs plumes de pann avec cette devise écrite en caractères romains :
NVLLA HIC PERPETVA EST HOMINI CONCESSA VOLVPTAS.
En bas, est écrit en lettre gothiques ces quatre lignes :
Cy. giêt bonneste et reboute Geigneur Messire Jehan BPastard de .Vaudemont, jadis chevalier, Seigneur be dlorines, de Bed et be Dampoillers, qui a fonde daus l'eglise de ceans D anniversaires e8 Bigiles Mre Dame et mourut l’an be grace M N° et JE le premier jour
d'octobre BPriex pour lui.
Nous avons grande attention d'exécuter les dits V avni- versaires les jours qui précédent immédiatement les cinq principales Fêtes de la Sainte Vierge ou quelques jours auparavant en cas d'empêchemeut. Ces services étaient au- trefois annoncés pro Domino Bastardo ; mais depuis quel- ques années, on les annonce ro Jnanne de Vaudemont laïco.
Si vous êtes curieux d'avoir une copie figurée de la sus- dite tombe ; je me ferai un véritable plaisir d'aider à la
(1) Les armes des anciens comtes de Vaudémont étaient : burelé d'argent et de sable.
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déchiffer la personne que vous m’adresserez et de vous donner en cela une petite preuva du respect profond avec lequel j’ai l'honneur d’être très parfaitement Mon très Révérend Père, Votre très humble et très obéissant serviteur, Dorvisy, : chanoine de la Madelaine. A Verdun le 29 août 1749. Monsieur le Sueur, Imprimeur à Nancy pour faire rendre s’il lui plaît Àu très Révérend